Les rapporteurs du Parlement européen sur le projet de loi sur l’accélérateur industriel ferment le marché européen aux investissements chinois dans les secteurs où Pékin est dominant, allant plus loin que ce que suggérait la Commission européenne.
Trois députés européens ont convenu dans un rapport qui sera publié mercredi de renforcer les exigences en matière d’investissements directs étrangers dans l’UE, restreignant ainsi l’accès au marché européen pour les investisseurs chinois, a appris L’Observatoire de l’Europe.
Le rapport émane des rapporteurs du Parlement européen sur le projet de loi sur l’accélérateur industriel, les députés européens Christophe Grudler (Renew), Pierre Jouvet (S&D) et Anna Cavazzini (Les Verts). L’acte a été présenté par la Commission européenne en mars dernier et crée une préférence européenne sur le marché de l’UE pour favoriser les produits fabriqués en Europe, dans le but de protéger les secteurs stratégiques de l’industrie européenne de la concurrence étrangère.
Cependant, la Chine a menacé à plusieurs reprises de riposter contre cette législation, toujours en discussion, plaçant l’accès au marché de l’UE en tête de l’ordre du jour de certaines négociations commerciales en cours. avec Bruxelles.
Les détails exclusifs du rapport obtenus par L’Observatoire de l’Europe montrent que dans les secteurs où la Chine est dominante, parmi lesquels les véhicules électriques, les panneaux solaires, les matières premières critiques et les batteries, les trois rapporteurs veulent imposer des exigences strictes aux investissements dépassant 50 millions d’euros, un seuil inférieur aux 100 millions d’euros initialement proposés par la Commission.
Pour de tels investissements, tout investisseur d’un pays détenant 40 % de la part de marché mondiale du secteur devra remplir six conditions : ne pas détenir plus de 49 % du capital social de la cible européenne ; réaliser l’investissement par le biais d’une coentreprise avec une entité de l’UE ; transférer des technologies aux Européens; veiller à ce qu’au moins 60 % de la main-d’œuvre soit composée de travailleurs de l’UE ; réinvestir au moins 1 % de ses revenus annuels dans la recherche et le développement au sein de l’UE ; et approvisionner au moins 30 % des intrants manufacturiers au sein du bloc.
Un signal pour Pékin
Les rapporteurs ont ajouté à la proposition de la Commission des investissements dans d’autres secteurs tels que l’énergie éolienne, les électrolyseurs et les pompes à chaleur, obligeant l’investisseur à remplir au moins trois des conditions ci-dessus.
Le rapport restreint également l’accès aux marchés publics et aux programmes de soutien public aux produits fabriqués dans les 27 États membres de l’UE dans des domaines tels que les technologies propres, l’automobile et les industries à forte intensité énergétique.
La Commission ne sera autorisée à étendre le champ d’application aux produits provenant de pays tiers que sous des conditions strictes, comme l’application de l’accès réciproque des Européens aux marchés publics étrangers.
Cela fait suite à un lobbying intense des partenaires étrangers de l’UE, qui souhaitent que leurs produits soient reconnus comme « fabriqués en Europe » pour accéder au marché de l’UE. Beaucoup, comme le Royaume-Uni, ont fait valoir que les chaînes de valeur de l’UE étaient trop liées à leur propre marché pour les exclure.
Le rapport des trois députés devra maintenant être adopté par les législateurs européens avant que les discussions ne commencent avec les États membres de l’UE sur cette future législation.
Cependant, cela envoie un signal à la Chine : les Européens n’abandonneront pas leur tentative de protéger le marché européen de la politique industrielle agressive de la Chine.


