Christine Lagarde, President of the ECB,  at the European Parliament in Strasbourg, France. Feb. 11, 2020.

Milos Schmidt

Le ralentissement de l’inflation en France et en Allemagne fait naître l’espoir de réductions de la BCE

Les deux plus grandes économies européennes semblent gagner la bataille contre la bête inflationniste, mais est-il encore trop tôt pour réduire les taux ?

La France et l’Allemagne ont publié leurs dernières données sur l’indice des prix à la consommation (IPC) et les résultats sont prometteurs.

L’IPC est une mesure de l’inflation qui mesure le montant que les consommateurs paient pour des biens et services particuliers au fil du temps.

La France a été la première à partager la nouvelle, l’agence nationale des statistiques INSEE faisant état d’une baisse des prix de 0,2 % d’un mois à l’autre et d’une hausse annuelle de 3,1 % de l’inflation pour janvier.

Il s’agit d’une baisse par rapport au bond de 3,7 % sur un an observé en décembre, ce qui signifie que même si les prix continuent de grimper, ils le font à un rythme plus lent.

Le ralentissement annuel peut s’expliquer par la baisse des coûts de l’alimentation, de l’énergie et des produits manufacturés, tandis que les variations mensuelles ont été fortement tirées par la baisse des coûts des produits manufacturés tels que l’habillement et les chaussures.

En ce qui concerne les données allemandes, l’IPC de janvier s’est établi à 2,9%, par rapport au même mois de l’année précédente.

Il s’agit du point le plus bas atteint par ce chiffre depuis juin 2021, une bonne nouvelle pour l’Allemagne, décrite par certains comme l’actuel « homme malade de l’Europe ».

Pour résumer, les prix de l’énergie en janvier ont chuté de 2,8 % sur un an, tandis que les prix des produits alimentaires ont augmenté de 3,8 % par rapport à la même période de l’année dernière.

Les deux pays ont également déclaré un indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui est une mesure ajustée de l’inflation qui peut être comparée entre les pays.

L’IPCH allemand a augmenté de 3,1 % sur un an et a enregistré une baisse mensuelle de 0,2 %.

Le chiffre harmonisé de la France montre une hausse annuelle de 3,4% et une baisse de 0,2% sur le mois.

Andrew Kenningham, économiste en chef chez Capital Economics, a déclaré qu’il n’y avait « pas de surprises majeures dans les données nationales publiées pour la France », mais a ajouté que les données allemandes avaient dépassé les attentes.

« Le taux d’inflation global de l’IPCH en Allemagne est passé de 3,8% en décembre à 3,1% en janvier, ce qui était bien inférieur au consensus et à nos propres prévisions (3,4% et 3,6% respectivement). »

Il a ajouté : « Il reste encore une publication sur l’inflation à prendre en compte avant la réunion de mars de la BCE, mais les chiffres de janvier nous rendent plus confiants dans notre prévision selon laquelle la première baisse des taux aura lieu en avril. »

Les récents commentaires des financiers européens incitent également les marchés à vouloir réduire les coûts d’emprunt.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré la semaine dernière que « le processus de désinflation est à l’œuvre », et le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a souligné mardi que la BCE avait « apprivoisé la bête avide » de l’inflation.

Ces commentaires interviennent alors que les données du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro ont été publiées mardi, montrant que la zone stagne sous des taux d’intérêt élevés.

Si la BCE décide de réduire les coûts d’emprunt, cela pourrait donner un coup de pouce indispensable aux pays de la zone euro, même si la crainte d’une réactivation des incendies inflationnistes plane sur les décideurs politiques.

La banque surveillera de près les données sur l’inflation dans la zone euro, qui doivent être publiées jeudi, alors que les analystes prévoient désormais des baisses de taux en avril.

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