Le Premier ministre français Attal emprunte au modèle de Macron lors d'un débat avec l'extrême droite Bardella

Martin Goujon

Le Premier ministre français Attal emprunte au modèle de Macron lors d’un débat avec l’extrême droite Bardella

PARIS — Le chef du Rassemblement national, Jordan Bardella, a parfois semblé inhabituellement tendu jeudi alors que le Premier ministre français Gabriel Attal faisait pression sur le politicien d’extrême droite sur des questions politiques lors d’un débat avant les élections européennes de juin.

Face à Bardella dans un affrontement très attendu entre deux des hommes politiques les plus populaires du pays, Attal a cherché à présenter le parti de son adversaire comme erratique et à voter pour lui comme un risque.

Le Premier ministre a cité les changements de politique du Rassemblement national (RN) au fil des ans sur des questions telles que la participation de la France à l’Union européenne. En 2017, Marine Le Pen, alors leader du RN, a fait campagne en faveur de la sortie de l’UE, une proposition que le parti a depuis mis au rebut – et des investissements dans l’énergie nucléaire, une technologie que Le Pen a un jour qualifiée de « dangereuse ».

Dans une stratégie similaire à celle utilisée par le président français Emmanuel Macron lors de ses deux débats précédents contre Le Pen, Attal a attaqué l’extrême droite pour son incohérence et sa capacité à gouverner avec compétence, faisant souvent pression sur Bardella pour qu’il fournisse des détails sur ses propositions politiques.

Les deux millennials sont très populaires en termes de popularité, mais un récent sondage montre que Bardella et le Rassemblement national devraient remporter deux fois plus de voix que le parti pro-Macron Renaissance d’Attal lors des élections européennes du 9 juin. Les agents de Renaissance espèrent que la performance d’Attal à la télévision aux heures de grande écoute contribuera à mobiliser les électeurs centristes.

EMBED (1) L’Événement sur X : « ⚔️Echange tendu entre @GabrielAttal et @J_Bardella sur le projet européen du RN . 👤#Levenement avec @Caroline_Roux https://t.co/AlWGlF4ruc” / X

Bardella a cependant riposté et a prononcé ses lignes les plus fermes sur l’immigration, le thème de campagne indémodable du RN, fustigeant la politique du gouvernement français qu’il jugeait trop souple.

Le principal candidat du RN aux élections européennes a accusé Attal de promouvoir un « projet extrémiste sur l’immigration » et a déclaré que l’agence européenne des frontières, Frontex, ne servait actuellement « pas de bureau de garde-frontières » mais plutôt de « service d’accueil pour les migrants ».

Pourtant, Bardella, un homme politique avisé des médias et qui a tendance à se défendre dans les débats, a parfois semblé mal à l’aise face à un Premier ministre français parlant sans notes et semblant avoir le contrôle.

Nommé plus tôt cette année, Attal est devenu le plus jeune Premier ministre de l’histoire de France. Bardella pourrait cependant dépasser cet objectif dans trois ans : Le Pen s’est engagée à nommer la jeune leader d’extrême droite chef du gouvernement si elle remporte l’élection présidentielle de 2027.

Le débat Bardella-Attal a suscité la colère d’autres têtes de liste des candidats européens. François-Xavier Bellamy, tête de liste des conservateurs Les Républicains, l’a qualifié de « symbole d’une profonde crise démocratique » et a déploré l’absence d’autres représentants politiques. Il s’est également demandé pourquoi Attal avait été invité à la place de la principale candidate de Renaissance aux élections européennes, Valérie Hayer.

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