Le marché des médicaments anti-obésité en plein essor avec une nouvelle classe de médicaments à succès

Jean Delaunay

Le marché des médicaments anti-obésité en plein essor avec une nouvelle classe de médicaments à succès

Conçue pour traiter l’obésité, une nouvelle classe de médicaments constitue également une opportunité pour les investisseurs.

Une nouvelle génération de médicaments amaigrissants pourrait contribuer à lutter contre le problème de santé mondial qu’est l’obésité.

Les laboratoires pharmaceutiques et les investisseurs se précipitent pour développer de nouveaux médicaments et engrangent déjà des bénéfices substantiels.

L’obésité est une maladie chronique qui constitue un facteur de risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et de certains cancers. Ses causes ne sont pas uniquement liées au mode de vie, mais peuvent également être influencées par la génétique.

Il est également difficile à traiter et coûteux pour les systèmes de santé.

Si la prévention et le traitement médical ne s’améliorent pas, la Fédération mondiale de l’obésité prédit que d’ici 2035, la moitié de la population mondiale sera en surpoids ou obèse.

Selon ses calculs, l’impact économique mondial serait considérable et pourrait dépasser 4 000 milliards de dollars (3 600 milliards d’euros) par an.

Nouvelles options disponibles

Une nouvelle famille de médicaments anti-obésité entraîne une perte de poids plus importante que les médicaments disponibles jusqu’à présent, avec moins d’effets secondaires graves. Ils sont également efficaces contre le diabète et il a été démontré qu’ils réduisent potentiellement le risque de maladies cardiovasculaires.

Ces médicaments imitent une hormone sécrétée par les intestins (GLP-1) pour signaler au cerveau qu’une personne se sent rassasiée.

Le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly et le géant pharmaceutique danois Novo Nordisk ont ​​vu leurs ventes décoller au deuxième trimestre grâce à ces médicaments amaigrissants de plus en plus populaires.

Eli Lilly a fait une percée fin avril en confirmant que son médicament antidiabétique à succès, commercialisé sous le nom de Mounjaro (tirzépatide), aidait également les gens à perdre du poids.

Compte tenu de la taille du marché – environ 40 pour cent des adultes souffrent d’obésité aux Etats-Unis – un éventuel feu vert à Mounjaro pour l’obésité serait un succès commercial pour le groupe. Ses ventes de Mounjaro ont déjà rapporté près d’un milliard de dollars rien qu’au deuxième trimestre.

« Cette thérapie s’avérera probablement une alternative populaire à la chirurgie bariatrique, car il a été démontré que Mounjaro produit une perte de poids équivalente », a déclaré Akash Patel, analyste pharmaceutique chez GlobalData.

Des produits très demandés

L’avenir s’annonce tout aussi prometteur pour Novo Nordisk : une étude récente a montré que son traitement anti-obésité Wegovy (semaglutide) réduisait de 20 pour cent le risque d’accident cardiovasculaire chez les patients. Ses ventes ont plus que quadruplé au deuxième trimestre.

Mais est-ce suffisant pour convaincre les assureurs outre-Atlantique de prendre en charge ces traitements ?

« L’un des principaux obstacles à l’accès des patients aux médicaments GLP-1 est le coût », selon l’American Pharmacists Association, qui souligne également que l’obésité doit être surveillée sur le long terme.

Selon les experts, une façon de réduire le coût et de simplifier l’administration de ce médicament (actuellement administré par injection) serait de développer des pilules à avaler quotidiennement. Novo Nordisk est déjà en phase d’essais cliniques à ce sujet.

Eli Lilly et Pfizer cherchent également à développer ce type de pilule.

Selon Morgan Stanley, le marché mondial des traitements contre l’obésité pourrait représenter 49 milliards d’euros d’ici 2030.

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