Le commissaire s’engage à mettre fin à la pauvreté d’ici 25 ans alors que l’UE dévoile sa première grande stratégie

Milos Schmidt

Le commissaire s’engage à mettre fin à la pauvreté d’ici 25 ans alors que l’UE dévoile sa première grande stratégie

« Nous voulons éradiquer la pauvreté dans l’UE d’ici 25 ans », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne Roxana Mînzatu dans une interview à L’Observatoire de l’Europe. Cependant, la stratégie de lutte contre la pauvreté ne dispose pas d’un budget dédié et repose principalement sur des recommandations plutôt que sur une législation contraignante.

La vice-présidente de la Commission européenne, Roxana Mînzatu, a déclaré mercredi dans une interview à L’Observatoire de l’Europe qu’elle s’engageait à éliminer la pauvreté dans l’UE d’ici 25 ans.

Ses commentaires font suite à la présentation par la Commission de sa toute première stratégie de lutte contre la pauvreté, qui vise à éradiquer l’extrême pauvreté et l’exclusion sociale d’ici 2050 au moyen de recommandations non contraignantes et de lignes directrices de bonnes pratiques pour les États membres.

Cette stratégie intervient au milieu de statistiques alarmantes : environ 92,7 millions de personnes sont aujourd’hui menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale dans les 27 pays de l’UE, soit près d’un Européen sur cinq.

Mînzatu a reconnu que l’objectif de la stratégie est très ambitieux, notant que l’UE reste loin d’atteindre son objectif de 2030 consistant à sortir au moins 15 millions de personnes de la pauvreté. « Nous n’avons réussi à aider qu’environ 3,7 millions d’Européens », a-t-elle déclaré.

La crise énergétique due au conflit au Moyen-Orient devrait également alourdir le fardeau économique des ménages, avec un impact significatif sur les factures et le coût de la vie. « Ce chiffre de 93 millions (de personnes menacées de pauvreté) pourrait augmenter dans quelques mois ou dans un laps de temps très court », a déclaré Mînzatu.

La stratégie de lutte contre la pauvreté de l’UE se concentre sur plusieurs aspects, allant de l’aide aux enfants issus de familles défavorisées au développement de logements sociaux et abordables.

Cependant, le plan n’est pas assorti d’un budget dédié à sa mise en œuvre. La Commission considère que l’UE fournit déjà un financement important pour lutter contre la pauvreté, comme 50,2 milliards d’euros du Fonds social européen Plus pour lutter contre l’inclusion sociale et le dénuement matériel, ainsi que 100 milliards d’euros pour les politiques sociales prévus dans le prochain budget pluriannuel.

Renforcer le programme européen destiné à aider les ménages, aider les chômeurs à trouver un emploi et améliorer le soutien aux personnes âgées grâce à des retraites adéquates figurent parmi les objectifs clés de la stratégie.

Par exemple, la Commission testera la « carte de garantie pour enfants » dans certains pays, un outil numérique permettant aux gouvernements de suivre les enfants dans le besoin et de leur offrir des services gratuits.

« Si un enfant en situation précaire a besoin de soins médicaux, d’assistance dentaire par exemple, nous devons le savoir et faire tout le nécessaire pour qu’il obtienne ce soutien », a déclaré Mînzatu.

La lutte contre le sans-abrisme est une autre des priorités clés énoncées dans la stratégie. « Nous recommandons aux États membres (…) de prévenir l’exclusion liée au logement, par exemple par des systèmes d’alerte précoce et des conseils en matière d’endettement afin d’éviter les situations d’expulsion », a déclaré Mînzatu, soulignant également la nécessité de rendre les locations à long terme plus attractives que les locations à court terme pour les propriétaires.

Cependant, selon des ONG comme Caritas Europa, l’absence de propositions législatives concrètes dans la stratégie risque de laisser ses objectifs les plus ambitieux sans les outils nécessaires pour les atteindre.

Le réseau d’organisations promouvant la justice sociale a salué le plan de lutte contre la pauvreté de l’UE, mais l’a critiqué pour ne pas inclure de mesures telles qu’une proposition visant à protéger les citoyens « mobiles », qui sont exclus de la protection sociale tant dans leur pays d’origine que dans leur pays de résidence.

Mercredi, la Commission a également présenté une révision de sa stratégie visant à favoriser l’inclusion des personnes handicapées, qui représentent environ 90 millions de personnes dans l’UE.

Il englobe le déploiement complet et la numérisation de certaines initiatives telles que la carte européenne des personnes handicapées et la carte européenne de stationnement, destinées à permettre aux personnes de bénéficier des mêmes droits dans les 27 pays.