Le chef du commerce de l'UE se rend à Washington dans l'espoir de débloquer les négociations sur l'acier

Milos Schmidt

Le chef du commerce de l’UE se rend à Washington dans l’espoir de débloquer les négociations sur l’acier

Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, se rend à Washington pour la première fois depuis l’accord commercial UE-États-Unis de juillet 2025, dans le but de sortir de l’impasse concernant la suppression des droits de douane américains de 50 % sur l’acier et l’aluminium européens.

Le chef du commerce de l’UE, Maroš Šefčovič, se rendra aux États-Unis jeudi et vendredi pour tenter de débloquer les négociations sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium, toujours frappées par les droits de douane américains de 50 % imposés par le président américain Donald Trump peu après son retour au pouvoir l’année dernière.

La suppression de ces droits de douane faisait partie de l’accord commercial conclu entre l’UE et les États-Unis en juillet 2025, qui prévoyait des engagements à discuter des accords de quotas pour l’acier et l’aluminium afin de remplacer les droits de 50 %.

Cependant, la mise en œuvre de l’accord plus large – comprenant des réductions des droits de douane de l’UE sur les produits industriels américains – a été retardée par les députés européens, bloquant ainsi les négociations sur les métaux.

Faire le point

Le porte-parole adjoint de la Commission européenne, Olof Gill, a déclaré mardi que le voyage serait « une opportunité de faire le point sur l’ensemble des accords commerciaux et des relations d’investissement entre l’UE et les États-Unis ».

Il a ajouté que l’accent sera mis sur la « position » des deux parties quant à la mise en œuvre de leurs « engagements respectifs » dans le cadre de l’accord.

La résolution des problèmes liés au commerce de l’acier et de l’aluminium sera l’une des priorités de l’ordre du jour, a appris L’Observatoire de l’Europe.

L’accord a été conclu à l’été 2025 à Turnberry, en Écosse, par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et Trump après des semaines de tensions commerciales, au cours desquelles Šefčovič s’est rendu à plusieurs reprises à Washington pour désamorcer le différend et éviter des tarifs douaniers plus élevés.

La Commission a finalement accepté des droits de douane de 15 % sur les exportations européennes vers les États-Unis, un accord largement considéré comme déséquilibré en Europe. L’accord est actuellement en discussion entre les pays de l’UE et les députés européens avant sa mise en œuvre complète.

La visite de Šefčovič sera la première depuis les accords de Turnberry. L’accord a depuis été gelé à plusieurs reprises par les législateurs européens à la suite de nouvelles menaces tarifaires de Trump sur le Groenland.

Un arrêt de la Cour suprême américaine a également rebattu les cartes, estimant que la plupart des tarifs douaniers imposés par les États-Unis en 2025 étaient illégaux. Dans les jours qui ont suivi, la Maison Blanche a modifié les fondements juridiques pour maintenir les droits de douane dans le cadre de son programme commercial nationaliste « l’Amérique d’abord ». Toutefois, ces mesures expireront en juillet, après quoi elles devront être approuvées par le Congrès américain.

Points de pression

Dans les prochains jours, Šefčovič vise à garantir que les États-Unis respectent les tarifs douaniers convenus de 15 %. Son ordre du jour comprend des réunions avec le représentant américain au Commerce Jamieson Greer, le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick et le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. Il se rendra également au Capitole pour rencontrer des membres du Congrès américain.

Washington a également lié la suppression des droits de douane sur l’acier et l’aluminium aux mesures prises par l’UE pour assouplir les règles numériques qu’il considère comme ciblant les grandes entreprises technologiques américaines.

Alors que la Commission a toujours défendu son droit souverain de légiférer – en insistant sur le fait que les règles sont appliquées sans discrimination – des discussions sur la création d’un forum UE-États-Unis sur les questions numériques ont récemment fait surface.

Reste à savoir si cette concession encore vague sera suffisante pour garantir le mouvement des États-Unis dans le secteur des métaux.