L'augmentation des observations de dauphins et de baleines à Chypre entraîne un renforcement des mesures de protection

Milos Schmidt

L’augmentation des observations de dauphins et de baleines à Chypre entraîne un renforcement des mesures de protection

Ces dernières semaines, une présence accrue de dauphins et d’autres cétacés a été enregistrée dans les zones marines de Chypre.

Un nombre croissant de dauphins et d’autres cétacés ont été aperçus dans les eaux autour de Chypre ces dernières semaines, selon un communiqué du ministère de la Pêche et de la Recherche marine du pays.

Le phénomène est un signe positif pour la Méditerranée orientale, indiquant un écosystème marin en rétablissement, capable de soutenir la biodiversité.

Cela a conduit les autorités à rechercher de nouvelles façons de protéger les mammifères, qui sont protégés par la législation nationale et européenne.

Photo d'archives : Un homme tente d'aider un dauphin à nager vers la mer après s'être échoué sur la plage de Ladies' Mile, à 8 km à l'ouest de la station balnéaire de Limassol, au sud de Chypre, en mars 2008.

Photo d’archives : Un homme tente d’aider un dauphin à nager vers la mer après s’être échoué sur la plage de Ladies’ Mile, à 8 km à l’ouest de la station balnéaire de Limassol, au sud de Chypre, en mars 2008.


Les opérateurs de bateaux sont invités à faire particulièrement attention aux dauphins

Le ministère des Pêches et de la Recherche marine a exhorté les opérateurs de bateaux de plaisance, de pêche et autres embarcations à faire preuve d’une prudence particulière s’ils aperçoivent des mammifères marins à proximité. Les opérateurs du navire doivent immédiatement réduire leur vitesse, maintenir un cap constant et éviter les manœuvres brusques qui pourraient déranger les animaux.

Les autorités soulignent qu’il est interdit de poursuivre, d’encercler ou de gêner les dauphins et qu’il est recommandé de maintenir une distance de sécurité et d’éviter de rester à proximité d’eux pendant une période prolongée. Un accent particulier est également mis sur l’évitement des bruits forts, de la musique forte ou d’autres activités susceptibles de stresser les animaux.

Dans le cas où des dauphins s’approchent d’un navire par eux-mêmes, les opérateurs doivent continuer à basse vitesse sans tenter d’interagir avec les animaux.

Enfin, le Ministère souligne que le harcèlement, l’alimentation ou toute interférence affectant le comportement naturel des espèces protégées – comme le déplacement, la reproduction ou le repos – sont strictement interdits et peuvent entraîner des sanctions en vertu des lois applicables.

Les cétacés menacés par l’activité humaine en Méditerranée

La survie des huit espèces de cétacés répertoriées est en jeu en raison d’un certain nombre de menaces humaines mortelles.

La pollution sonore constitue l’un des plus grands dangers pour les mammifères marins de la Méditerranée orientale. L’usage intensif des sonars militaires moyennes fréquences lors des exercices navals, combiné aux relevés sismiques sous-marins pour localiser les hydrocarbures, s’avère fatal.

Ces bruits assourdissants détruisent le système sensible d’écholocation des animaux, provoquant des hémorragies internes et une désorientation extrême. Ce phénomène est aussi directement lié aux incidents répétés d’échouages ​​massifs de baleines à bec de Cuvier sur les côtes chypriotes.

L’activité de pêche constitue une autre menace, car la bataille quotidienne pour la nourriture met les cétacés en conflit direct avec les bateaux. L’enchevêtrement accidentel sous forme de prises accessoires dans les filets et sur les palangres peut conduire à la noyade, car les mammifères sont incapables de faire surface pour respirer.

La situation est exacerbée par le déclin dramatique des stocks de poissons dû à la surpêche, mais aussi par ce que l’on appelle les « engins fantômes » – des engins de pêche abandonnés qui deviennent un piège mortel sur le fond marin.

La forte augmentation du trafic maritime dans la ZEE chypriote a encore multiplié les accidents. Les navires commerciaux, les vedettes rapides et les embarcations de plaisance provoquent souvent des amputations mortelles et des blessures aux hélices. La situation a été jugée si grave que le ministère des Pêches et de la Recherche marine a été contraint d’émettre des recommandations urgentes aux affréteurs, leur demandant de réduire immédiatement leur vitesse et d’éviter de s’approcher des pods.

Outre les risques immédiats, les cétacés souffrent d’une dégradation chronique de leur environnement. L’ingestion de plastiques et de microplastiques provoque des blocages incurables dans leur système digestif, conduisant les animaux à une mort lente par faim. Dans le même temps, les métaux lourds et les déchets chimiques s’accumulent tout au long de la chaîne alimentaire dans leurs graisses, détruisant ainsi leurs systèmes immunitaire et reproducteur.