La victoire de l'extrême droite laisse un goût doux-amer aux partisans de la gauche française

Martin Goujon

La victoire de l’extrême droite laisse un goût doux-amer aux partisans de la gauche française

PARIS — Des milliers de manifestants de gauche se sont rassemblés dimanche soir à Paris après le premier tour d’élections anticipées qui ont permis au Rassemblement national (RN), d’extrême droite, de remporter 33 pour cent des voix, selon les premières estimations.

Il y avait un mélange d’émotions dans la foule.

« Je suis très inquiet de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir », a déclaré Alban, un étudiant de 23 ans qui a demandé à être identifié par son prénom. Il a ajouté, entre deux gorgées de bière, qu’il gardait espoir : « Il nous reste encore une semaine, donc nous allons continuer à nous battre. »

Comme prévu dans les sondages préélectoraux, le premier tour des élections législatives françaises a confirmé le Nouveau Front populaire, une alliance des principaux partis de gauche, comme la deuxième force politique du pays.

Formée à la hâte au lendemain de la décision surprise du président français Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale, l’alliance se compose du parti La France insoumise, des socialistes, des Verts et des communistes.

L’alliance de gauche a fait de bons résultats, avec environ 28 pour cent des voix, mais il est peu probable qu’elle obtienne suffisamment de sièges au second tour pour former une majorité au Parlement.

Cela n’a pas empêché Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de La France insoumise, de se présenter comme le principal obstacle à l’extrême droite. Il a appelé les électeurs à donner « une majorité absolue au Nouveau Front populaire ».

Les émotions étaient diverses dans la foule. | Dimitar Dilkoff/Getty Images

« Le pays devra choisir », a déclaré Mélenchon depuis la centrale électorale de son parti. Les options pour le second tour de dimanche sont « soit le Nouveau Front populaire, soit le Rassemblement national », a-t-il soutenu.

Mélenchon a appelé les candidats de l’alliance de gauche à se retirer dans les circonscriptions dans lesquelles ils ont terminé troisièmes et l’extrême droite première. Cette décision stratégique, conçue pour aider les partis traditionnels à obtenir la majorité des voix au second tour, a été bien accueillie par ses partisans.

« Il a pris ses responsabilités politiques, et c’est une réponse à ceux qui essayaient de nous mettre au coude à coude avec le RN », estime Charbel Chaaya, un étudiant en droit de 23 ans qui estime que la gauche peut encore gagner l’élection.

Mais les vieilles divisions de la gauche ne sont jamais loin.

Lili Lorton, étudiante en sciences sociales de 23 ans, dit soutenir la gauche mais se sentir plus proche des Verts. Sa famille est également de gauche, mais ses parents soutiennent Raphaël Gluckmann, figure de centre-gauche qui a mené la campagne des socialistes aux élections européennes. Lorton les a convaincus de voter pour les Verts, principalement pour des « raisons écologiques ».

« Sur les questions d’identité, notamment raciales, nous nous disputons beaucoup », a-t-elle admis.

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