Soldiers of the Swiss army wear protective face masks during a rifle shooting exercise in the military compound of Chamblon near Yverdon-les-Bains, Switzerland, on April 2020.

Jean Delaunay

La Suisse va augmenter radicalement ses dépenses de défense face à l’augmentation des menaces sécuritaires

D’autres pays européens ont augmenté leurs dépenses militaires à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Le gouvernement suisse prévoit d’augmenter ses dépenses de défense jusqu’à 19 % au cours des quatre prochaines années, a déclaré le chef de la défense du pays, alors que l’Europe est confrontée à une détérioration rapide de la situation sécuritaire.

Présentant des projections à moyen et long terme pour les dépenses militaires, la ministre de la Défense Viola Amherd, qui assure également la présidence tournante de la Suisse cette année, a déclaré qu’en raison des mesures de réduction des coûts prises au cours des 30 dernières années, « l’armée a été affaiblie ». », et il faudrait du temps pour rattraper le terrain perdu.

Pour expliquer ces projets, Amherd a cité une montée de l’instabilité mondiale, notamment les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, et les écarts créés lorsque les autorités suisses ont profité des dividendes de la paix issus de la chute du mur de Berlin il y a plusieurs décennies.

«Pour la première fois, nous indiquons comment l’armée doit évoluer au cours des 12 prochaines années», a-t-elle déclaré mercredi à la presse, déclarant que l’affaiblissement de la défense suisse n’était «pas une accusation, mais un fait, qui remonte au chute du mur de Berlin. »

L’armée suisse prévoit de relever le plafond des dépenses de défense à 25,8 milliards de francs suisses (27 milliards d’euros) entre 2025 et 2028, contre 21,7 milliards de francs au cours des quatre années précédentes.

Le gouvernement suisse prévoit d’utiliser ces fonds supplémentaires pour développer et moderniser, entre autres, les systèmes radar, la défense antimissile à courte portée, sa flotte de chars, les missiles utilisés par les forces terrestres et les capacités de défense contre les cyberattaques.

L’annonce de l’augmentation prévue est intervenue alors que le gouvernement a annoncé un déficit budgétaire important pour 2023 et une réduction généralisée des dépenses de 1,4 % dans tous les ministères, à l’exception de la défense, au cours des trois prochaines années.

Ces dernières années, les autorités suisses ont tiré la sonnette d’alarme face aux menaces croissantes dans le cyberespace et aux activités d’espionnage au sein même du pays.

De nombreux États membres de l’UE et de l’OTAN, deux blocs auxquels la Suisse n’a jamais adhéré, ont augmenté leurs dépenses militaires depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

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