La moitié de la Belgique considère les États-Unis comme un adversaire plus important que la Chine

Milos Schmidt

La moitié de la Belgique considère les États-Unis comme un adversaire plus important que la Chine

Selon un récent sondage, plus de 50 pour cent des Belges considèrent les États-Unis comme un adversaire. Pendant ce temps, seuls 40 à 44 % des sondés perçoivent la Chine comme un rival.

Une nouvelle enquête commandée par les chaînes belges VRT et RTBF et le journal De Standaard suggère que la confiance du public belge dans les États-Unis a fortement chuté. Le sondage révèle qu’environ la moitié des personnes interrogées considèrent désormais les États-Unis comme un adversaire, tandis que seulement 10 % les considèrent encore comme un allié.

Les résultats proviennent de De Stemming, une enquête annuelle menée par des chercheurs de l’Université d’Anvers et de l’Université Libre de Bruxelles. L’étude, réalisée en mars, a examiné le point de vue des Belges sur la sécurité internationale et les puissances mondiales.

Selon les chercheurs, les résultats sont particulièrement frappants car c’est la première fois que la sécurité internationale occupe une place aussi importante dans l’enquête. Le sondage a été réalisé peu après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. À l’époque, les inquiétudes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial et la hausse des prix faisaient l’objet d’une attention médiatique importante. Les chercheurs ont déclaré que ces développements pourraient avoir influencé l’opinion publique.

Le rôle de la Chine

Le sondage révèle également que la Chine est perçue de manière moins négative que les États-Unis. Entre 40 et 44 % des personnes interrogées décrivent la Chine comme un adversaire. Toutefois, très peu de Belges considèrent la Chine comme une alliée, de nombreux répondants choisissant l’option « ni allié ni adversaire ».

Malgré cela, les inquiétudes concernant Pékin demeurent. Près de 60 % des personnes interrogées pensent qu’une attaque militaire chinoise contre Taiwan est probable dans un avenir proche, reflétant un malaise persistant face à l’influence militaire croissante de la Chine.

L’enquête suggère également que les Belges se sentent généralement en sécurité dans leur propre pays. Seule une petite minorité pense que la Belgique elle-même pourrait faire face à une attaque militaire directe : 12 % des personnes interrogées en Flandre et 21 % en Wallonie expriment cette inquiétude.

Dans le même temps, les personnes interrogées sont favorables à une plus grande indépendance européenne en matière de politique de défense et de politique économique. Plus de 80 % des sondés ont déclaré que l’Europe devrait devenir militairement autosuffisante, tandis qu’une majorité a soutenu des réponses européennes plus fermes aux mesures commerciales et aux tarifs douaniers américains.

Le sondage révèle également un fort soutien en faveur d’une limitation de l’influence étrangère dans les affaires belges. Près de 90 % des personnes interrogées ont déclaré que la Belgique ne devrait pas permettre aux États-Unis de s’immiscer dans ses affaires intérieures, ce qui reflète la récente controverse entourant les propos tenus par l’ambassadeur américain en Belgique.

Malgré un scepticisme croissant à l’égard de Washington, les Belges restent largement favorables aux institutions occidentales. Environ 80 % estiment que la Belgique devrait rester membre de l’OTAN en toutes circonstances. De nombreux répondants considèrent l’alliance comme un bouclier de sécurité collectif européen plutôt que comme un instrument d’influence américaine.