Elle abandonne son rôle d’observatrice pour se rendre « utile » à son pays, dénonçant une France embourbée dans le « chaos », sur fond de crise de la dette, de troubles « tragiques » dans les lycées et d’une « absence totale de perspectives ».
La liste des candidats à l’élection présidentielle française de 2027 ne cesse de s’allonger.
S’exprimant mercredi sur la radio France Inter, Natacha Polony, journaliste et essayiste de 51 ans, a annoncé qu’elle se présenterait à la présidentielle, affirmant vouloir « bousculer le paysage politique ».
« La situation ne me laisse pas le choix »
Ancienne rédactrice en chef du magazine Marianne, Polony a dénoncé ce qu’elle qualifie de « perte totale de standing » de la France.
Elle prône la souveraineté économique, énergétique et alimentaire et appelle à une politique de réindustrialisation pour « relancer l’activité économique » et « faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat ».
Dans une vidéo publiée sur ses comptes de réseaux sociaux peu après son apparition à la radio, la candidate nouvellement annoncée a exposé sa vision d’une France plus souveraine.
« Une nation qui ne produit plus ce dont elle a besoin n’est plus vraiment libre de financer nos écoles et nos hôpitaux, de préserver notre modèle social, de créer des emplois qualifiés et de se préparer à l’intelligence artificielle », a déclaré Polony.
« Nous devons produire… Nous devons produire chez nous, selon nos propres conditions », a-t-elle insisté.
Une décision en préparation depuis des mois
Fin août, elle a lancé son mouvement « Nous sommes la France » destiné à « tous les orphelins de la politique », affirmant vouloir rassembler « ceux qui ne se sentent plus représentés par les options politiques actuelles ».
Sur France Inter, Natacha Polony a affirmé que son mouvement comptait 60 000 adhérents désireux de « lutter contre le déclin de la France ».
Souvent décrite comme une « souverainiste », elle rejette cette étiquette, la qualifiant d’« anathème préféré du système ».
Fin septembre, lors d’un débat télévisé houleux avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, Polony l’a accusé de considérer la France comme un « petit pays ».
Selon elle, sous Emmanuel Macron, Paris « fantasme » sur l’unité européenne et cherche « à tout prix » à être « l’élève vedette de l’Europe », quitte à sacrifier les intérêts « vitaux » du pays.
Elle pointe notamment l’annulation du projet d’avion de combat franco-allemand, ainsi que des décisions qu’elle juge préjudiciables aux intérêts français concernant la préférence européenne dans le secteur de la défense, alors que l’Allemagne continue de privilégier l’achat de systèmes d’armes américains.
Champ de candidats bondé
Outre Natacha Polony, près de 30 personnalités ont déjà annoncé leur candidature ou sont pressentis pour se présenter à la présidentielle de 2027.
Parmi les principaux prétendants figurent Marine Le Pen du Rassemblement national (RN), Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, et les anciens premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Au centre-gauche, Raphaël Glucksmann, vainqueur du premier tour de la primaire social-démocrate, espère se positionner comme une alternative à la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon.
Pendant ce temps, l’ancien président socialiste François Hollande, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre sous Jacques Chirac, et Bruno Le Maire, qui a été ministre de l’Économie de 2017 à 2024, n’ont pas encore révélé s’ils avaient l’intention de se présenter.
La liste reste provisoire : pour se présenter officiellement au premier tour de l’élection présidentielle, prévu le 18 avril 2027, les candidats doivent obtenir au moins 500 parrainages d’élus.


