Athènes a abaissé de deux points la plupart des taux d’imposition sur le revenu et a mis en place des allègements supplémentaires liés aux enfants et aux jeunes travailleurs, notamment un impôt sur le revenu nul pour les moins de 25 ans gagnant jusqu’à 20 000 €.
L’année 2026 a marqué la Grèce avec une nouvelle série de réductions d’impôts – des mesures annoncées pour la première fois par le Premier ministre il y a trois mois à la Foire internationale de Thessalonique.
Cette décision intervient alors que le pays cherche à consolider les revenus des ménages après des années d’inflation et de forte hausse des prix. La Grèce assure également désormais la présidence tournante de l’Eurogroupe, le forum qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro pour coordonner la politique économique, après l’élection de Kyriakos Pierrakakis à sa tête.
Concrètement, la plupart des taux de base de l’impôt sur le revenu ont été abaissés de deux points de pourcentage ces derniers jours, la tranche la plus basse restant inchangée à 9 %.
Une fiscalité réduite pour lutter contre les problèmes démographiques
Les taux d’imposition diminueront en fonction du nombre d’enfants d’un ménage. Par exemple, dans la tranche de revenus de 10 000 à 20 000 €, le taux actuel de 22 % sera réduit à 18 % pour les contribuables ayant un enfant. Il tombera à 16 % pour celles qui ont deux enfants, à 9 % pour les familles de trois enfants et à zéro pour les familles de quatre.
Le ministère grec des Finances estime qu’un travailleur gagnant 20 000 euros par an économiserait 600 euros avec deux enfants, 1 300 euros avec trois enfants et 1 680 euros avec quatre enfants.
Pour une personne gagnant 30 000 € par an, la prestation annuelle projetée est de 400 € sans enfant, passant à 800 € si elle a un enfant, 1 200 € avec deux, 2 100 € avec trois et 4 100 € avec quatre.
Nouveaux taux d’imposition basés sur le revenu
Selon les nouvelles règles, les travailleurs âgés de moins de 25 ans gagnant jusqu’à 20 000 euros par an ne paieront aucun impôt sur le revenu. Pour les personnes âgées de 25 à 30 ans, le taux d’imposition passera à 9 %, contre 22 % auparavant.
En pratique, le ministère des Finances estime qu’un jeune de 24 ans gagnant 15 000 euros par an économiserait 1 283 euros, soit 2 480 euros avec un revenu de 20 000 euros. Pour un jeune de 28 ans avec le même salaire, la prestation annuelle estimée serait d’environ 1 300 €.
Pour un revenu de 40 000 € à 60 000 € le taux d’imposition intermédiaire est fixé à 39 % et en baisse de 44 %, le taux actif jusqu’à fin 2025.
Propriété et logement
En 2026, l’ENFIA – l’impôt foncier annuel grec sur l’immobilier – sera réduit de moitié pour ceux qui ont leur résidence principale dans des agglomérations de moins de 1 500 habitants, avant d’être entièrement supprimé en 2027.
Le Premier ministre a décrit cette mesure comme une incitation pour les familles à rester dans leur village d’origine, voire à y retourner.
À partir du 1er janvier, environ 161 587 propriétaires qui déclarent des revenus locatifs annuels supérieurs à 12 000 € bénéficieront d’une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 1 300 € en fonction du montant de leur loyer.
La réduction provient d’une nouvelle tranche d’imposition intermédiaire de 25 %, remplaçant le taux de 35 % qui s’appliquait l’an dernier aux revenus locatifs compris entre 12 000 € et 24 000 €.
Selon le barème révisé, les revenus locatifs jusqu’à 12 000 € seront toujours imposés à 15 %. Les revenus de 12 001 € à 24 000 € seront imposés à 25 %, passant à 35 % pour 24 001 € à 35 000 €.
Tout montant supérieur à 35 001 € sera imposé à 45 %.
Provision pour baux de courte durée
Les propriétaires qui louent des logements auparavant vacants – ou qui passent d’une location à court terme à une location à long terme – d’ici le 31 décembre 2026 bénéficieront d’une exonération totale de l’impôt sur le revenu sur ces revenus locatifs pendant trois ans.
L’exonération s’applique aux logements inoccupés depuis au moins trois ans, ainsi qu’aux propriétés précédemment utilisées pour une location à court terme, à condition que le logement mesure jusqu’à 120 mètres carrés.
Pour les locataires ayant plus de deux enfants, le plafond de taille augmente de 20 mètres carrés pour chaque enfant supplémentaire. Pour être admissible, le bail doit durer au moins trois ans.



