La France frappée par une dégradation de sa note malgré une campagne de réduction des dépenses

Martin Goujon

La France frappée par une dégradation de sa note malgré une campagne de réduction des dépenses

PARIS — L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé vendredi la note de crédit de la France, glaçant ainsi les efforts du gouvernement français pour remettre de l’ordre dans ses finances publiques.

L’agence a abaissé la note de crédit de la France de AA à AA−, citant des déficits plus importants que prévu et la fragmentation politique comme raisons de cet abaissement. Les perspectives sont stables.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, n’a pas tardé à souligner que l’abaissement de la note était le prix à payer pour soutenir l’économie française avec le soutien public pendant la pandémie et la crise inflationniste.

« Je dois vous dire qu’en réalité la principale raison de cette dégradation est que nous avons sauvé l’économie française », a déclaré Le Maire dans une interview au Parisien publiée juste après l’annonce de la décision de notation. Le déclassement « n’aura aucun impact sur la vie quotidienne des Français », a-t-il précisé.

« Ces dépenses essentielles ont évidemment augmenté notre dette, mais nous ont aussi permis de sauver nos entreprises et nos emplois », a ajouté Le Maire.

Tout en saluant les réformes du marché du travail françaises entreprises sous le président français Emmanuel Macron, l’agence de notation a exprimé des doutes sur la capacité du gouvernement à poursuivre les réformes sans une majorité absolue au Parlement.

« Nous pensons que la fragmentation politique ajoute à l’incertitude quant à la capacité du gouvernement à continuer de mettre en œuvre des politiques qui augmentent le potentiel de croissance économique et résolvent les déséquilibres budgétaires », écrit S&P.

La décision de notation est intervenue un jour après que Le Maire a célébré jeudi son mandat record de sept ans au ministère de l’Économie en partageant de la charcuterie et du vin avec ses plus proches alliés.

Après des années de dépenses massives pour faire face aux crises économiques provoquées par la pandémie, les prix élevés de l’énergie et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la France se serre désormais la ceinture. Le ministère de Le Maire a annoncé en avril des réductions de dépenses de 10 milliards d’euros pour la deuxième fois cette année.

Ces réductions n’ont pas été suffisantes pour atteindre l’objectif de réduction du déficit du gouvernement pour cette année. Paris a dû le réviser d’un objectif initial de 4,4 pour cent du PIB du pays à un objectif plus réaliste de 5,1 pour cent.

En outre, le gouvernement prévoit au moins 20 milliards d’euros de coupes supplémentaires pour l’année prochaine, en ciblant les dépenses sociales comme les allocations de chômage et les dépenses de santé. Dans cette optique, le Premier ministre Gabriel Attal a proposé en début de semaine de réduire la période pendant laquelle les chômeurs peuvent percevoir des allocations de chômage.

Mais tous ces efforts n’ont pas suffi à convaincre l’agence de notation américaine, qui a maintenu en décembre une perspective « négative » sur la note de crédit de la France.

En avril, les agences de notation Moody’s et Fitch ont toutes deux maintenu leur note sur la France inchangée, avec une perspective stable, après que Fitch a abaissé la note de crédit du pays l’année dernière.

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