The icon for the instant messaging Telegram app is seen on a smartphone.

Jean Delaunay

La Belgique va surveiller Telegram pour se conformer à la nouvelle loi européenne sur la modération du contenu

Les nouvelles réglementations européennes exigent par exemple que les plateformes en ligne soient transparentes quant à leurs décisions concernant la suppression de contenus illégaux.

Les autorités belges seront chargées de surveiller Telegram et de répondre à toutes les plaintes européennes concernant l’application de messagerie.

Telegram est basé à Dubaï mais a choisi une représentation légale en Belgique, a confirmé à L’Observatoire de l’Europe Next un porte-parole de l’Institut belge des postes et télécommunications (IBPT).

La loi européenne sur les services numériques (DSA), entrée en vigueur en février, oblige les entreprises situées en dehors de l’Union européenne à avoir une représentation légale dans l’un des États membres.

Les pays de l’UE doivent également désigner une autorité indépendante pour superviser le respect des nouvelles règles par les entreprises. Cela débutera officiellement lorsque la Belgique désignera l’IBPT comme coordinateur des services numériques.

Fondé en 2013 par le Russe Pavel Durov, Telegram compte environ 41 millions d’utilisateurs mensuels dans l’UE, un chiffre légèrement inférieur au seuil requis pour être soumis à des obligations plus spécifiques en vertu du DSA.

Alors que ces plus grandes plateformes sont surveillées par la Commission européenne, les autorités nationales de l’UE réglementent les autres plateformes numériques.

L’application de médias sociaux la plus utilisée par les Ukrainiens pour s’informer

Durov a déclaré dans une interview le mois dernier qu’il s’attend à ce que Telegram atteigne un milliard d’utilisateurs dans le monde en 2024. L’application prétend actuellement avoir dépassé les 900 millions d’utilisateurs mensuels actifs.

Bien que présentée comme une application de messagerie sécurisée, elle a également été utilisée pour diffuser la propagande russe sur la guerre en Ukraine.

Un rapport français a découvert un réseau de désinformation russe qui utilise Telegram pour un partage automatisé massif de contenu.

Cependant, un sondage publié en novembre 2023 a révélé que les Ukrainiens utilisaient Telegram le plus souvent parmi les autres applications de médias sociaux pour consulter des informations, avec 72 % des personnes l’utilisant.

Plus tôt cette année, une commission parlementaire ukrainienne a parlé de Telegram comme d’une possible menace à la sécurité nationale et a discuté de la possibilité d’interdire ses activités en Ukraine. D’autres ont également appelé le gouvernement ukrainien à cesser de l’utiliser.

Le journal belge De Standaard a été le premier à rapporter que le régulateur belge serait chargé de surveiller Telegram.

Jimmy Smedts, porte-parole de l’IBPT, a déclaré mardi à L’Observatoire de l’Europe Next que le régulateur veillera principalement à ce que Telegram respecte ses « obligations de diligence raisonnable ».

Cela inclut de permettre aux utilisateurs de signaler la présence de contenus illégaux et d’informer les parties intéressées de la suppression du contenu.

Le rôle de l’IBPT « n’est pas de modérer les contenus illégaux en ligne », a déclaré Smedts, « mais plutôt de faire respecter les obligations de transparence imposées aux plateformes dans ce domaine ».

Laisser un commentaire

treize − 1 =