Christine Lagarde, right, President of the European Central Bank (ECB)

Milos Schmidt

La BCE signale une baisse de taux « plausible » en juin alors que les actions européennes atteignent des niveaux records

Le dernier procès-verbal de la réunion de la Banque centrale européenne indique qu’il y a de plus en plus de chances d’assouplir la politique monétaire en juin. Même si une majorité soutient le maintien des taux actuels, quelques membres ont déjà plaidé en faveur de réductions immédiates en avril.

Les comptes de politique monétaire de la dernière réunion de la Banque centrale européenne en avril ont indiqué que le Conseil des gouverneurs juge « plausible » de commencer à assouplir les restrictions de politique monétaire lors de la prochaine réunion de juin.

Le procès-verbal de la réunion d’avril a souligné que les marchés avaient bien digéré les communications de la BCE, avec une préparation générale à une éventuelle baisse des taux en juin, si les données entrantes confirmaient les projections économiques actuelles.

Un large consensus parmi les membres a souligné la prudence d’attendre la prochaine réunion de politique monétaire. Cela permettrait au Conseil d’évaluer des éléments de preuve supplémentaires et de renforcer la confiance dans un retour rapide et durable de l’inflation à ses niveaux cibles.

Les tendances des votes ont révélé une forte majorité en faveur de la recommandation de l’économiste en chef Philip Lane de maintenir inchangés les trois principaux taux d’intérêt de la BCE. Cette majorité a exprimé une confiance croissante dans les prévisions économiques, renforçant sa conviction que la tendance désinflationniste se poursuivait.

Cependant, une minorité de membres était prête à approuver une réduction des taux même lors de la réunion en cours, alors que l’ampleur du resserrement politique s’est encore accrue en raison de la baisse de l’inflation attendue.

Ils ont fait valoir que les risques de ne pas atteindre l’objectif d’inflation – pouvant nécessiter ultérieurement de fortes mesures correctives – étaient désormais aussi importants que les risques associés à un assouplissement prématuré de la politique.

Malgré ce point de vue minoritaire, le sentiment dominant au sein du Conseil des gouverneurs a souligné les avantages de reporter tout ajustement des taux jusqu’en juin. Cette approche permettrait de prendre une décision plus éclairée, fondée sur de nouvelles preuves ou sur tout risque émergent, y compris ceux découlant d’une éventuelle escalade des tensions géopolitiques.

Les récentes communications de la BCE ont renforcé les attentes du marché concernant le calendrier de la première baisse des taux. Néanmoins, les incertitudes quant aux orientations politiques futures restent importantes.

Le vice-président du conseil de surveillance de la BCE, Frank Elderson, a déclaré vendredi qu’une réduction des taux en juin était probable, à condition que les perspectives économiques restent stables. Il a également souligné l’absence de tout engagement ferme concernant les ajustements tarifaires ultérieurs au-delà de juin.

Réactions des marchés aux comptes de politique monétaire de la BCE

L’euro était globalement à 1,0780 par rapport au dollar américain, alors que les acteurs du marché digéraient les dernières minutes de la Banque centrale européenne.

Sur les marchés obligataires, les rendements des obligations souveraines des principaux pays de la zone euro sont restés inchangés. Le rendement du Schatz allemand à 2 ans est resté stable à 2,95% et celui du Bund à 10 ans est resté constant à 2,49%.

Les marchés actions européens ont connu une hausse notable, poursuivant leur trajectoire ascendante. Les indices paneuropéens Euro Stoxx 50 et Euro Stoxx 600 ont grimpé respectivement de 0,8% et 0,9%, marquant leur sixième journée consécutive de hausse. L’Euro Stoxx 600 a notamment atteint de nouveaux plus hauts historiques.

L’indice DAX allemand a également connu des mouvements importants, augmentant de 0,7 % et atteignant de nouveaux sommets historiques. Du côté des entreprises, Fresenius Medical Care et Zalando ont mené la charge, avec des cours boursiers en hausse de 4,3 % et 3,2 %, respectivement.

L’indice français CAC 40 a progressé de 0,6%, atteignant également un plus haut historique à 8 240, porté par sa sixième séance consécutive de gains. Les principales performances incluent Legrand, Teleperformance SE et Société Générale, avec des hausses respectives de 3 %, 2,8 % et 2,4 %.

En Italie, l’indice FTSE Mib 100 s’est envolé de 1,2% pour atteindre un plus haut sur cinq semaines à 34 720. Les valeurs industrielles ont affiché de solides performances, Leonardo SpA et Iveco Group étant en tête avec des gains de 4,3% et 4%.

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