La BCE maintient ses taux à 2,25 % alors que la reprise de la guerre en Iran maintient une deuxième hausse en jeu

Milos Schmidt

La BCE maintient ses taux à 2,25 % alors que la reprise de la guerre en Iran maintient une deuxième hausse en jeu

La Banque centrale européenne a laissé ses taux d’intérêt inchangés jeudi, faisant une pause après la première hausse de juin en trois ans, le ralentissement de l’inflation ayant fait gagner du temps aux décideurs politiques, tandis que la reprise des combats au Moyen-Orient a provoqué une nouvelle hausse des prix de l’énergie, gardant une nouvelle hausse sur la table pour l’automne.

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux d’intérêt inchangés jeudi, en attendant de voir dans quelle mesure le choc énergétique persistant provoqué par le conflit au Moyen-Orient se répercutera sur l’inflation de la zone euro.

Le conseil des gouverneurs de la BCE a maintenu le taux de la facilité de dépôt à 2,25 %, le taux de refinancement principal restant à 2,4 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %.

La politique monétaire de la zone euro est déterminée par ces trois taux d’intérêt directeurs, le taux de la facilité de dépôt servant de principale référence.

« Les perspectives concernant les prix de l’énergie, bien que très volatiles, sont actuellement proches de la ligne de base des projections de juin des services de l’Eurosystème et bien au-dessus des niveaux enregistrés avant le conflit au Moyen-Orient », indique le communiqué de la banque centrale.

« L’incertitude reste élevée et l’impact inflationniste du choc énergétique ne s’est pas encore pleinement manifesté. Le Conseil des gouverneurs surveille donc de près l’intensité et la durée du choc, ainsi que ses effets indirects et de second tour », ajoute-t-il.

Cette décision fait suite à la confirmation la semaine dernière que l’inflation dans la zone euro a ralenti à 2,8% en juin contre 3,2% en mai, la première baisse cette année, avec une croissance des prix de base ralentissant à 2,4%.

Cette pause intervient six semaines seulement après que la BCE a relevé ses taux pour la première fois en près de trois ans, en réponse à un choc énergétique provoqué par la guerre qui avait poussé l’inflation à son plus haut niveau depuis septembre 2023.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a pris soin de garder la porte ouverte.

Lors du forum de la banque centrale de Sintra, Lagarde a insisté sur le fait que la décision de juin n’était pas une « hausse des assurances » mais une réponse à un véritable problème d’inflation, les projections montrant un retour à l’objectif de 2 % seulement fin 2027, et seulement si la politique monétaire se resserre davantage.

Lagarde a également refusé de s’engager au préalable sur une voie, affirmant que « les orientations prospectives ne sont pas actuellement à l’ordre du jour ».

Juillet n’est pas une période de prévision et les économistes d’ING, par exemple, ont affirmé que la banque préférerait attendre les nouvelles projections de septembre, alors qu’elles considèrent une deuxième hausse comme le résultat le plus réaliste.

La complication est que le choc derrière la hausse de juin est de retour.

Le pétrole a frôlé les 120 dollars le baril en mars avant de glisser à environ 72 dollars après un accord de paix intérimaire fin juin, mais la trêve s’est gravement détériorée ce mois-ci, les États-Unis et l’Iran échangeant de nouvelles frappes, des attaques contre des pétroliers et de nouvelles sanctions poussant le Brent au-dessus de 90 dollars le baril.

Une hausse prolongée des prix de l’énergie se répercuterait sur les factures des ménages et sur l’inflation globale au second semestre, précisément les effets de second tour que craignent actuellement les banquiers centraux.

La BCE et ses pairs

Comme le montre le graphique, Francfort s’est resserrée alors qu’elle était auparavant bien en dessous de ses pairs.

La fourchette cible de la Réserve fédérale se situe entre 3,50% et 3,75% et celle de la Banque d’Angleterre entre 3,75%, tandis que la Banque nationale suisse est stationnée à zéro.

Les deux grands homologues de la BCE prendront à nouveau une décision la semaine prochaine.

La Fed l’annoncera mercredi prochain, les marchés à terme attribuant une probabilité d’environ 89 % à un maintien, selon l’outil FedWatch de CME, après la décision unanime de juin et les projections indiquant qu’il n’y aura aucune réduction cette année.

La Banque d’Angleterre suit le lendemain, le 30 juillet, avec de nouvelles prévisions et une écrasante majorité d’économistes s’attendent à un maintien à 3,75%, même si un sondage Reuters révèle que près de 40% d’entre eux envisagent au moins une hausse avant la fin de l’année, après que deux décideurs politiques ont voté pour une augmentation à 4% en juin.

Pour l’instant, la BCE est la seule grande banque centrale occidentale à avoir effectivement relevé ses taux au cours de ce cycle.