The ECB is expected to announce a rate cut later this week

Milos Schmidt

La BCE devrait réduire ses taux d’intérêt cette semaine : ce que vous devez savoir

La Banque centrale européenne devrait réduire ses taux d’intérêt de 25 points de base lors de sa réunion du 6 juin, ramenant le taux de refinancement principal à 4,25 %, le taux du prêt marginal à 4,50 % et le taux de dépôt à 3,75 %.

La Banque centrale européenne devrait réduire ses taux d’intérêt lors de sa réunion du 6 juin, comme l’ont largement signalé ses décideurs politiques ces dernières semaines.

Les taux d’intérêt sur les principales opérations de refinancement, la facilité de prêt marginal et la facilité de dépôt devraient baisser de 25 points de base à 4,25 %, 4,50 % et 3,75 %, respectivement.

Il s’agira de la première baisse depuis mars 2016 tant du taux des opérations principales de refinancement que du taux du prêt marginal, tandis que pour le taux des dépôts, ce sera la première réduction depuis septembre 2019.

Pourquoi la BCE réduit-elle les taux d’intérêt ?

L’augmentation globale de 450 points de base mise en œuvre par Francfort entre juillet 2022 et septembre 2023 a contribué à faire baisser le taux d’inflation global dans la zone euro d’un pic de 10,6 % en octobre 2022 à 2,6 % en mai 2024.

La présidente Christine Lagarde a indiqué en mars que davantage de clarté et des données suffisantes seraient disponibles d’ici juin. Il semble que ce moment soit arrivé.

Même si l’inflation n’a pas encore complètement atteint l’objectif de 2 %, sa baisse substantielle signale une tendance à la baisse qui devrait persister dans les mois à venir.

Selon les dernières projections de la BCE de mars 2024, le taux d’inflation moyen devrait diminuer à 2% en 2025 et à 1,9% en 2026. Quant à l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie et des produits alimentaires, les projections la voient à 2,1% pour 2025 et 2,0% pour 2026.

La réduction de 25 points de base permettrait également de maintenir les taux d’intérêt réels positifs, dans la mesure où les taux nominaux resteraient supérieurs au taux d’inflation actuel. Cela indiquera donc une réduction du degré de restriction de la politique monétaire, plutôt qu’une normalisation plus large.

La hausse et la hausse des coûts d’emprunt ont entraîné un ralentissement de la croissance économique du bloc, limitant la demande afin de freiner les pressions sur les prix.

Alors que l’économie de la zone euro a progressé de 0,3 % au premier trimestre 2024, les deux trimestres précédents ont tous deux été marqués par des contractions de 0,1 %. Le deuxième trimestre de 2023 a connu une légère croissance de 0,1 %, tandis que le premier trimestre de 2023 et le dernier de 2022 ont connu une stagnation.

La BCE va-t-elle continuer à baisser ses taux après juin ?

Malgré la baisse des taux largement attendue en juin, les récentes remarques des responsables de la BCE suggèrent qu’il n’y aura aucun engagement préalable sur de futures réductions par la suite.

Cela signifie qu’une nouvelle baisse des taux en juillet reste incertaine, la BCE souhaitant conserver une certaine flexibilité dans ses décisions et continuer à surveiller les données économiques.

L’inflation de la zone euro a légèrement augmenté en mai, atteignant 2,6%, au-dessus des 2,5% attendus, tandis que l’inflation sous-jacente a augmenté à 2,9% contre 2,7% en avril.

Nous nous attendons à ce que la présidente Lagarde signale une fois de plus que davantage d’informations seront disponibles en juillet pour orienter la prochaine décision, avec encore plus de clarté attendue d’ici septembre.

Les nouvelles projections économiques de juin pourraient suggérer un léger ajustement à la hausse de la croissance économique et de l’inflation pour 2024, tout en maintenant inchangée la prévision d’inflation de 2 % pour 2025.

Les marchés monétaires intègrent actuellement 43 points de base de réductions de la BCE d’ici septembre et environ 60 points de base d’ici la fin de l’année. Ainsi, les attentes du marché sont prises entre deux ou trois baisses de taux de la BCE en 2024.

Quels sont les risques d’une baisse trop ou pas assez importante des taux ?

La BCE est confrontée au défi de trouver un équilibre entre les risques d’une trop forte réduction des taux et ceux d’une trop faible réduction.

Si Francfort assouplissait sa politique monétaire trop rapidement et de manière significative, cela stimulerait probablement la demande des consommateurs et les investissements. Toutefois, cela pourrait également risquer de raviver les pressions inflationnistes avant que l’objectif de 2 % ne soit pleinement atteint.

La BCE s’exposerait aux incertitudes liées aux prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques avec des réserves réduites, ce qui pourrait entraîner des effets indésirables sur la dynamique des prix.

Par ailleurs, alors que la présidente Christine Lagarde a souligné que la BCE est « dépendante des données et non de la Fed », les divergences entre les politiques des deux principales banques centrales du monde pourraient avoir des impacts financiers significatifs, notamment sur les taux de change.

Des baisses de taux agressives de la part de la BCE alors que la Fed maintiendrait des taux d’intérêt plus élevés pendant plus longtemps exerceraient une forte pression à la baisse sur l’euro par rapport au dollar, risquant d’entraîner une nouvelle pression à la hausse sur les prix des biens et services importés.

À l’inverse, si Francfort maintient trop longtemps une politique monétaire restrictive et abaisse les taux moins que ce que le marché anticipe actuellement, cela risque d’étouffer la croissance économique de la zone euro et de creuser l’écart avec les États-Unis.

Il est donc fort probable que la BCE opte pour une solution intermédiaire, en annonçant une baisse des taux en juin et en maintenant une approche dépendante des données et réunion par réunion pour les ajustements ultérieurs.

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