"Je suis gendarme, je vote Bardella" — L'extrême droite française critiquée pour sa campagne publicitaire ciblant l'armée

Martin Goujon

« Je suis gendarme, je vote Bardella » — L’extrême droite française critiquée pour sa campagne publicitaire ciblant l’armée

PARIS — Le parti d’extrême droite français, le Rassemblement national (RN), aime se vanter de son fort soutien parmi les forces de l’ordre. Mais une tentative directe de courtiser les Français gendarmes s’est retourné contre le RN, entraînant une réprimande publique de la part d’un haut responsable militaire.

Samedi, le parti a partagé une publicité de campagne sur X (anciennement Twitter) montrant un gendarme — Des militaires français chargés de missions de maintien de l’ordre — avec le message « Je suis un gendarme… Je vote (Jordanie) Bardella », tête de liste du mouvement aux élections européennes.

Bien que le gendarme sur la photo, dos à la caméra et méconnaissable, le directeur national de l’armée a accusé l’extrême droite de violer la neutralité légalement imposée à tous les militaires.

« Vous semblez ignorer que le statut militaire interdit ce genre de message », a écrit Christian Rodriguez sur X. « Et le moins que l’on puisse attendre, c’est que vous respectiez le gendarme et son statut. »

Bardella a immédiatement répondu au chef militaire, l’accusant d’avoir enfreint ce même principe de neutralité en critiquant ouvertement une publicité de campagne politique.

Gendarmes « ne sont pas des citoyens de seconde zone : ils votent, pour beaucoup, pour le RN, ce qui semble vous contrarier », écrit Bardella.

Les sondages lors de l’élection présidentielle de 2022 ont montré que l’extrême droite était nettement surreprésentée parmi les forces policières et militaires. Au second tour, 81 pour cent des gendarmes Les personnes interrogées ont déclaré qu’elles préféraient la candidate RN Marine Le Pen au président français Emmanuel Macron.

Pour consolider encore davantage ce soutien, le RN a inscrit sur sa liste européenne un ancien syndicaliste policier et personnalité médiatique, Mathieu Valet.

A moins d’une semaine de l’ouverture des élections en France le 9 juin, l’échange de Bardella avec un chef militaire a été condamné par des personnalités politiques de gauche et de droite ainsi que par des responsables gouvernementaux.

« Si vous aviez un quelconque respect pour l’Etat et ses fonctionnaires, vous ne vous comporteriez pas ainsi, comme un homme politique insultant », a écrit le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur X. « Qu’avez-vous fait dans votre vie pour manquer autant de respect à un l’homme qui a passé 30 ans à servir son pays, au péril de sa vie avec ses soldats ? »

Le Premier ministre Gabriel Attal a également utilisé une ligne d’attaque similaire contre le leader du RN, 28 ans, dans une interview à la radio lundi : « Le général Rodiguez a consacré sa vie à protéger les Français… Il a fait ses débuts quand Bardella et moi étions Je ne suis même pas né… Comment celui qui parle constamment de respect de l’autorité peut-il mépriser le la gendarmerie chef? »

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