Tiffany was bought in 2019 by Granola company LVMH

Jean Delaunay

GRANOLAS européens : comment se comportent-ils face aux Magnificent Seven américains ?

GRANOLAS est un acronyme inventé par Goldman Sachs lors du premier confinement européen en 2020, représentant les plus grandes entreprises européennes en termes de capitalisation boursière à cette époque.

Les actions à très grande capitalisation ont continué à afficher de solides performances en 2024 dans un contexte de tensions géopolitiques. L’Euro Stoxx 50 est en hausse de 9 %, tandis que les 100 principales valeurs américaines ont augmenté de 19 %. L’élite européenne GRANOLAS a enregistré un rendement moyen de 16,6 %, mais l’américain Magnificent Seven a doublé ce chiffre avec 38 %, tiré par le rallye de l’IA de Nvidia.

Après de solides performances en 2023, les actions des mégacapitalisations du monde entier ont continué à bien performer en 2024, offrant ainsi une valeur refuge aux investisseurs dans un contexte de tensions géopolitiques et d’incertitude économique persistantes.

L’indice Euro Stoxx 50, qui regroupe les 50 plus grandes entreprises européennes, a progressé de 9% depuis le début de l’année. A titre de comparaison, l’indice des 100 plus grandes valeurs américaines a bondi de 19%.

Il convient de noter que les deux indices ont surperformé leurs homologues plus larges, l’Euro Stoxx 600 et le S&P 500 ayant augmenté respectivement de 7 % et 14 %.

Mais que se passe-t-il au sommet de ces indices lorsqu’on examine les plus grandes actions des deux côtés de l’Atlantique ?

Une comparaison utile est celle entre les actions européennes d’élite, appelées GRANOLAS, et les géants américains de la technologie, connus sous le nom de Magnificent Seven.

Pour ceux qui ne connaissent pas ces noms, GRANOLAS est un acronyme inventé par Goldman Sachs lors du premier confinement européen en 2020, représentant les plus grandes entreprises européennes en termes de capitalisation boursière à cette époque : GSK, Roche, ASML Holding, Nestlé, Novartis, Novo Nordisk, L « Oréal, LVMH, AstraZeneca, SAP et Sanofi. Fin juin 2024, ces sociétés affichaient collectivement une capitalisation boursière de près de 3 000 milliards d’euros.

Les Etats Unis "Sept magnifiques" surpasser les Granolas européens
Les « Magnificent Seven » américains surpassent les granolas européens

Les Magnificent Seven, composés de titans de la technologie tels que Microsoft, Apple, Nvidia, Alphabet, Amazon, Meta Platforms et Tesla, ont une capitalisation boursière combinée de 15 800 milliards de dollars (14 800 milliards d’euros).

GRANOLAS vs. Magnificent Seven : comparaison des performances

Depuis le début de l’année, les GRANOLAS affichent un rendement moyen de 17%. Novo Nordisk, le fabricant danois de médicaments amaigrissants, est en tête du groupe avec un gain de 48 %. ASML Holding, la plus grande entreprise européenne de semi-conducteurs, a suivi de près avec un gain de 40 %, et SAP a enregistré une augmentation de 32 %.

La multinationale française de soins personnels L’Oréal est à la traîne, en baisse de 1,7 %.

En revanche, les Magnificent Seven ont enregistré un rendement moyen de 37 %, soit plus du double de celui de leurs homologues européens. Nvidia a mené la charge avec un gain extraordinaire de 150 %, suivi par Meta Platforms à 45 %. Tesla a été le seul à afficher un panneau rouge, perdant 22 % depuis le début de l’année.

Le rallye de l’IA et le secteur des semi-conducteurs

Cependant, en excluant Nvidia, les performances moyennes du Magnificent Seven tombent à 18,8 %, soit à peine plus que celles du GRANOLAS.

La surperformance substantielle du marché boursier américain peut être largement attribuée au rallye extraordinaire de Nvidia et d’autres titres de fabricants de puces. L’optimisme des investisseurs et des analystes quant à l’avenir de l’intelligence artificielle et à son potentiel à stimuler la productivité à long terme a généré des gains significatifs chez les principaux fabricants de puces d’IA. Outre Nvidia, les sociétés américaines de semi-conducteurs comme Micron Technology, Applied Materials et Broadcom ont enregistré des rendements robustes de 67 %, 45 % et 44 %, respectivement, depuis le début de l’année.

L’Europe, hormis ASML, manque d’une présence significative dans l’industrie de la fabrication de puces et est à la traîne des États-Unis dans le secteur de l’IA.

La valeur marchande combinée des entreprises américaines de semi-conducteurs s’élève à environ 6 000 milliards de dollars (5 600 milliards d’euros), Nvidia représentant à elle seule environ la moitié de cette valeur. En revanche, les 59 sociétés européennes de semi-conducteurs cotées en bourse ont une capitalisation boursière totale de 527 milliards d’euros, soit environ un dixième de celle de leurs homologues américaines.

Cette disparité souligne le rôle crucial des sociétés d’IA et de semi-conducteurs dans la performance boursière, en particulier aux États-Unis, et met en évidence les défis auxquels l’Europe est confrontée pour rivaliser dans ce secteur en évolution rapide.

Les perspectives toujours optimistes des investisseurs et des analystes quant au potentiel de l’intelligence artificielle pour améliorer la productivité à long terme ont déclenché une reprise substantielle chez les principaux fabricants de puces IA.

En résumé, même si les GRANOLAS européens ont affiché des performances louables en 2024, ils ont été largement devancés par les Magnificent Seven américains, principalement grâce à la croissance explosive du rallye piloté par l’IA de Nvidia.

Si les marchés financiers nous disent quelque chose sur l’économie, cela met en lumière un domaine critique dans lequel l’Europe doit renforcer ses capacités pour être plus compétitive sur la scène mondiale.

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