A Great Blue Heron takes flight at the University of Ghent botanical garden in Ghent, 27 April 2024

Jean Delaunay

Eurovues. L’UE et les dirigeants nationaux doivent agir de toute urgence pour protéger la nature européenne

Nous savons par expérience que les règles européennes conduisent à l’action. La loi sur la restauration de la nature est une législation qui profite à tous ceux qui vivent en Europe, écrit l’adjointe au maire de Gand, Tine Heyse.

La loi sur la restauration de la nature revêt une grande importance pour Gand et les autres grandes villes européennes.

Il siège désormais devant le Conseil européen après d’intenses négociations qui ont abouti à une version de la loi sur laquelle tous les partis politiques et les institutions européennes pourraient parvenir à un consensus.

Si le Conseil échouait à ce stade à légiférer sur une question aussi urgente, ce serait une profonde déception pour les villes et un coup dur pour le processus démocratique européen.

Les dirigeants nationaux européens doivent gagner le courage de nos dirigeants locaux et donner suite aux engagements que nous avons collectivement pris envers la nature.

C’est plus qu’un « bon extra »

À Gand, la restauration de la nature n’est pas un « plus » : elle fait partie intégrante de l’adaptation aux effets du changement climatique et du bien-être de la population locale, ainsi que de la stimulation de l’économie et de l’agriculture.

Ma ville est de plus en plus confrontée à de longues périodes de sécheresse alternant avec des pluies violentes qui entraînent des inondations. Pour nous, la restauration de la nature est un moyen de garantir que nous pouvons retenir l’excès d’eau en période d’abondance et garder la ville fraîche lorsque le soleil prend le dessus.

Nous travaillons à transformer la ville en une éponge géante en descellant le sol et en plantant des arbres – un mouvement qui fait son chemin dans des villes européennes comme Copenhague, Hambourg et Groningen – en recouvrant les trottoirs des places, des parcs, des jardins et des rues afin que l’excès d’eau de pluie puisse s’imprégner. dans la ville plutôt que de créer des inondations.

Nous savons par expérience que les règles européennes conduisent à l’action. Sans les réglementations et directives européennes, nous n’aurions jamais vu le niveau actuel de progrès en matière de qualité de l’air et d’eau douce en Europe.

Un garçon s'exerce à son équilibre sur une sangle placée entre deux arbres dans un parc de Gand, juin 2020
Un garçon s’exerce à son équilibre sur une sangle placée entre deux arbres dans un parc de Gand, juin 2020

Nos cinq « pôles verts », couvrant chacun au moins 200 hectares, sont développés en collaboration avec des groupes de protection de la nature, les communes voisines et le gouvernement flamand afin de garantir que les habitants disposent d’espaces pour se rafraîchir, jouer, faire de l’exercice et profiter du plein air. Ils sont reliés au centre-ville par des voies navigables aux larges berges vertes.

La loi sur la restauration de la nature constitue un cadre inestimable pour soutenir ces objectifs locaux. Prenons, par exemple, les ambitions claires fixées par la loi en matière de couverture arborée minimale.

Les arbres sont essentiels pour que nos villes restent vivable à l’avenir, car ils assurent la fraîcheur pendant les vagues de chaleur, offrent de l’ombre et améliorent le bien-être des gens. Protéger et planter des arbres dans les villes est une mesure simple aux impacts importants, que la loi sur la restauration de la nature permettrait de dynamiser partout en Europe.

Il est clair que les gens sont à bord

Nous savons par expérience que les règles européennes conduisent à l’action. Sans les réglementations et directives européennes, nous n’aurions jamais vu le niveau actuel de progrès en matière de qualité de l’air et d’eau douce en Europe.

Là où l’UE ne parvient pas à légiférer, comme dans le cas de la stratégie européenne 2020 pour la biodiversité – encore loin d’être mise en œuvre nulle part en Europe – les dirigeants nationaux ont tendance à différer l’action.

La Loi de Restauration de la Nature… est un moyen de protéger l’écosystème de plus en plus fragile dont dépend notre survie. C’est une manière d’enrichir les lieux où nous vivons. C’est un moyen de rassembler les communautés, la société civile et les entreprises autour de valeurs communes.

Un panneau au néon indique « Paradise » lors d'une installation aux Floralies de Gand, en avril 2022.
Un panneau au néon indique « Paradise » lors d’une installation aux Floralies de Gand, en avril 2022.

Malgré nos grandes ambitions, les dirigeants locaux ont souvent besoin du soutien des objectifs européens pour obtenir les ressources nécessaires à la réalisation de nos objectifs communs.

Il est clair que les gens adhèrent au verdissement urbain. Notre initiative de « jardins de façades » a reçu des milliers de candidatures de la part de personnes qui voient l’importance d’embellir nos rues, de rafraîchir et de soutenir la biodiversité. Les toits verts sont également de plus en plus appréciés des habitants.

La menace posée par la perte de biodiversité est tout aussi redoutable que la menace associée du changement climatique, car une ville riche en biodiversité est vitale pour les températures habitables, l’approvisionnement alimentaire, l’eau potable et la protection contre les inondations. Cela signifie qu’il ne suffit pas d’avoir des espaces verts : ils doivent être gérés d’une manière « respectueuse des créatures ».

Pas de freins – appuyez plutôt sur l’accélérateur

Nous ne sommes pas les seuls à reconnaître le rôle central de la nature et de la biodiversité dans l’atténuation et l’adaptation aux impacts du changement climatique, ainsi que l’importance de la loi sur la restauration de la nature pour restaurer nos écosystèmes et atteindre les objectifs climatiques de l’UE.

En tant que président du Forum Eurocities Environnement, nous sommes en contact avec de nombreuses grandes villes européennes qui ont exactement les mêmes préoccupations et travaillent au quotidien pour protéger et valoriser la nature localement. Nous avons besoin de réglementations européennes pour soutenir nos efforts.

Il est également vital dans ce contexte d’attirer l’attention sur la fausse opposition qui se fabrique entre les intérêts des communautés urbaines et agricoles. Notre stratégie alimentaire durable « Gand en Garde » n’est qu’un exemple de la manière dont les objectifs climatiques et environnementaux des villes stimulent la prospérité des agriculteurs belges.

A travers elle, nous soutenons des initiatives comme une plateforme de circuits courts alimentaires qui met en relation directe les commerces et restaurants avec les producteurs de notre région. De cette façon, le marché pour ces producteurs s’élargit et les acheteurs entretiennent des relations plus étroites avec les producteurs et les produits.

Cela comprend de nombreuses autres actions qui s’attaquent au prétendu fossé entre les citadins et les producteurs de denrées alimentaires. Sur plus de 40 sites à Gand, les habitants peuvent cueillir des fruits dans les espaces publics, et nous avons consacré plus de 10 hectares de terres municipales à une agriculture durable, favorisant ainsi une production alimentaire locale à la fois respectueuse de l’environnement et favorable à la biodiversité.

La loi sur la restauration de la nature est une législation qui profite à toute personne vivant en Europe.

C’est une manière de protéger l’écosystème de plus en plus fragile dont dépend notre survie. C’est une manière d’enrichir les lieux où nous vivons. C’est un moyen de rassembler les communautés, la société civile et les entreprises autour de valeurs communes.

En tant que ville, la dernière chose que nous souhaitons est d’appuyer sur le bouton pause pour la loi sur la restauration de la nature. Au contraire, nous avons besoin que l’Union européenne accélère ce processus.

Tine Heyse est adjointe au maire chargé de l’environnement, du climat et du logement de Gand et présidente du Forum Eurocities pour l’environnement..

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