Des millions de personnes en Europe subissent une nouvelle vague de températures extrêmes

Jean Delaunay

Des millions de personnes en Europe subissent une nouvelle vague de températures extrêmes

Les vagues de chaleur et les sécheresses répétées ont alimenté un été historiquement chaud et marqué par des incendies de forêt et contribué à la mort de milliers de personnes.

Des millions de personnes à travers l’Europe, notamment en France, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni, ont été confrontées jeudi à une nouvelle vague de températures extrêmes alors que la dernière vague de chaleur sur le continent s’intensifiait.

Plus de 135 millions de personnes devraient faire face à des températures supérieures à 35 °C, certaines parties de la France dépassant les 42 °C et le Royaume-Uni enregistrant la journée la plus chaude de l’année.

L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement et, dans certaines régions, elle est mal équipée pour faire face aux températures chaudes.

Les scientifiques attribuent les vagues de chaleur de plus en plus chaudes et fréquentes au changement climatique d’origine humaine.

Les vagues de chaleur et les sécheresses répétées ont alimenté un été historiquement chaud et marqué par des incendies de forêt et contribué à la mort de milliers de personnes.

Les températures devraient dépasser les 30°C pour près de trois résidents européens sur cinq, soit environ 340 millions de personnes, selon une analyse de l’AFP basée sur les prévisions des services météorologiques allemands et les projections démographiques à l’horizon 2025 du Centre commun de recherche.

Les résultats concordent avec ceux de l’ONG autrichienne Klimadashboard.

Une enseigne de pharmacie affiche une température de 37°C à Bordeaux, le 13 août 2026

Une enseigne de pharmacie affiche une température de 37°C à Bordeaux, le 13 août 2026


Ressentir la chaleur

En France, les températures ont continué de grimper, le service météorologique Météo-France enregistrant 42,5°C dans le centre de Châteaumeillant, la valeur la plus élevée du pays jeudi.

Paris a atteint 38°C et une grande partie du pays était en alerte canicule.

En Italie, des températures similaires devraient toucher 29 millions de personnes, notamment le long de la côte ouest, dans la vallée du Pô, dans le sud et sur les îles italiennes.

De grandes parties de la péninsule ibérique ont également été touchées par la chaleur, avec environ 25 millions de personnes touchées en Espagne.

L’agence météorologique Aemet a enregistré jeudi des températures de 37 °C dans les régions centrales.

Une femme s'asperge le visage d'eau à une fontaine publique par une chaude journée à Bordeaux, le 13 août 2026.

Une femme s’asperge le visage d’eau à une fontaine publique par une chaude journée à Bordeaux, le 13 août 2026.


Au Royaume-Uni, les températures ont également atteint 36 °C ou plus dans 40 endroits du centre et du sud de l’Angleterre.

Le pays est en passe d’enregistrer son été le plus chaud jamais enregistré, a annoncé cette semaine le Met Office.

La canicule a attisé les incendies de forêt à travers l’Europe. Dans le nord de la Grèce, des centaines de touristes ont été évacués par bateau alors qu’un incendie de forêt s’abattait sur deux stations balnéaires populaires, tandis que des équipages dans la région des West Midlands, au centre de l’Angleterre, luttaient contre des incendies endommageant des maisons dans un contexte de sécheresse.

L’analyse de l’AFP calcule les chiffres en utilisant une méthode similaire à celle de Klimadashboard, en croisant la densité de population avec le modèle de prévision météorologique du Deutscher Wetterdienst (DWD), le service météorologique national allemand.

Les résidents sont comptés si le modèle prévoit des températures supérieures à 30 °C ou 35 °C à leur emplacement à tout moment de la journée.

Comme le modèle a une résolution d’environ 6,5 km, il ne capture pas pleinement les effets des îlots de chaleur urbains, lorsque les villes sont nettement plus chaudes que les zones rurales environnantes, a expliqué à l’AFP David Jablonski de l’ONG Klimadashboard.

Par conséquent, l’analyse « sous-estime probablement le nombre de personnes touchées dans les zones urbaines densément peuplées », note l’organisation sur son site European Heat Tracker.