Comment les Français ont voté : graphiques et cartes

Martin Goujon

Comment les Français ont voté : graphiques et cartes

C’est finalement le bloc de gauche français, et non le Rassemblement national d’extrême droite de Marine Len Pen, qui est sorti vainqueur.

Les électeurs français se sont rendus aux urnes dimanche, espérant que le Rassemblement national (RN) et ses alliés pourraient, pour la première fois, remporter le plus grand nombre de sièges au Parlement et même constituer une majorité.

Mais un puissant mouvement anti-Le Pen, mobilisé après le premier tour des élections françaises, s’est mobilisé pour empêcher les candidats du RN de prendre le pouvoir.

Lorsque les résultats sont tombés dimanche soir, le parti de Le Pen, désormais dirigé par Jordan Bardella, avait remporté 142 sièges, soit 50 de plus qu’en 2022, mais loin de la majorité absolue de 289.

Le Nouveau Front populaire, alliance de gauche avec 188 sièges, et le bloc Ensemble du président français Emmanuel Macron avec 161 sièges, restent les forces politiques les plus importantes à l’Assemblée nationale de Paris, mais aucun groupe ne dispose de la majorité nécessaire pour gouverner. (Ces chiffres sont susceptibles de changer lorsque les députés décideront avec quel groupe ils siégeront.)


Cliquez sur un parti pour former une majorité
Groupe Des places Changement Votes

Nouveau Front Populaire (NFP)

188
+57
26,3 %

Ensemble (ENS)

161
-76
24,7 %

Alliance du Rassemblement National (RN)

142
+53
37,1 %

Les Républicains (LR)

48
-13
6,2 %

Autre

38
-21
5,6 %

Groupe Des places Votes

Ensemble (ENS)

237 37,7 %

Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale

131 30,8 %

Rassemblement National (RN)

89 17,3 %

Les Républicains (LR)

61 7,0 %

Autre

59 7,2 %

Une comparaison avec les résultats des élections de 2022 montre comment le Rassemblement national s’est étendu à travers la France et ses territoires d’outre-mer — mais aussi que le Nouveau Front populaire de gauche a remporté davantage de circonscriptions.

L’Ensemble de Macron, bien que diminué, n’a pas disparu de la carte.

Les élections auraient pu se dérouler très différemment.

Lors du premier tour du 30 juin, les candidats liés au Rassemblement national ont souvent remporté le plus de voix dans leurs circonscriptions, sans pour autant parvenir à obtenir le siège.

Grâce à la forte participation électorale, trois, voire quatre candidats ont franchi le seuil des suffrages pour accéder au second tour dans plus de 300 circonscriptions.

Dans les jours qui ont suivi le premier tour, plus de 200 candidats se sont retirés de la course, souvent pour laisser la place à un candidat ayant de meilleures chances de vaincre le Rassemblement national.

Dimanche, Bardella a dénoncé ce qu’il a décrit comme une « alliance contre nature » entre Macron et la gauche « pour stopper par tous les moyens l’essor le plus important du Rassemblement national de son histoire ».

L’enjeu considérable de l’élection semble également avoir été ressenti par les électeurs.

La participation de dimanche a été la plus élevée depuis 20 ans, contrairement aux élections précédentes où la participation avait tendance à baisser après le premier tour.

Cependant, la victoire du bloc de gauche n’est pas aussi simple qu’elle pourrait le paraître.

L’alliance entre la France insoumise radicale, le Parti socialiste, les Verts et le Parti communiste a tenu bon lors du scrutin national, mais manque de cohérence et de leader clair.

Alors que La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon remporte davantage de sièges, le Parti socialiste renforce lui aussi sa présence.

Le tableau final est celui d’une fragmentation, aucun groupe ne parvenant à obtenir 200 sièges sur les 577 que compte le Parlement. Les trois principaux groupes – la gauche, les centristes de Maron et l’extrême droite – auront tous du mal à réunir une majorité stable, ce qui laisse présager une impasse et une paralysie à Paris.

Macron a peut-être empêché la victoire de Le Pen, mais personne n’a vraiment gagné.

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