Canicule française : un enfant de trois ans retrouvé mort dans une voiture

Jean Delaunay

Canicule française : un enfant de trois ans retrouvé mort dans une voiture

Le garçon est monté dans la voiture non verrouillée alors qu’il était hors de la vue de ses parents ; sa mère a été hospitalisée sous le choc. Deux autres enfants sont décédés lundi à Carpentras.

Un garçon de trois ans est décédé après s’être retrouvé coincé dans une voiture familiale à Saint-Gratien, dans le département du Val-d’Oise au nord de Paris, alors que la France étouffe sous une chaleur record – le troisième décès de ce type cette semaine, a annoncé jeudi le procureur de Pontoise.

L’enfant était monté dans la voiture alors que son père croyait qu’il faisait une sieste. Il n’a pas pu sortir car la sécurité enfants était activée, a confirmé le parquet, corroborant les informations de la police et des secours.

Le procureur de la République, Guirec Le Bras, a déclaré que les parents du garçon et les pompiers avaient tenté de le réanimer, sans succès.

Sa mère dormait avec le deuxième enfant du couple, âgé de 18 mois, tandis que le père travaillait dans un abri de jardin, a ajouté Le Bras, citant les premières conclusions de l’enquête. Le père avait dit à son fils de faire une sieste, mais le garçon est resté hors de la vue de ses parents pendant au moins 45 minutes avant de monter dans la voiture non verrouillée, dont la sécurité enfants était néanmoins activée.

« Il s’est apparemment enfermé et est resté coincé dans le véhicule avant d’être retrouvé inconscient par ses parents », a indiqué le magistrat.

La mère du garçon a été transportée à l’hôpital en état de choc.

Il s’agit du dernier d’une série de décès d’enfants liés à des véhicules soumis à une chaleur extrême. Lundi, les corps de deux enfants âgés de deux et quatre ans ont été découverts dans une voiture familiale sur un parking résidentiel à Carpentras, dans le sud de la France. On pense que les deux hommes ont échappé à la surveillance de leur mère et se sont retrouvés piégés à l’intérieur.

Mercredi a été la journée la plus chaude en France depuis le début des relevés en 1947, avec une température moyenne nationale de 30°C. À Paris, le mercure a atteint 40,3°C – c’est la quatrième fois en 150 ans que la capitale dépasse ce seuil.

La canicule exceptionnelle s’est poursuivie jeudi, avec 72 départements en alerte rouge et 17 en alerte orange. Environ 63 millions de personnes devraient faire face à des températures supérieures à 30°C, selon les estimations de l’AFP, après que la France ait enregistré sa nuit la plus chaude jamais enregistrée. Les services météorologiques ont averti que la canicule – qui a débuté la semaine dernière – pourrait rivaliser avec l’épisode catastrophique de 2003, qui a causé près de 15 000 morts dans tout le pays.

Le nombre total de décès liés à la chaleur depuis la semaine dernière reste incertain.

Plus tôt jeudi, le premier adjoint à la maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a fait état d’une hausse de la mortalité dans la capitale, sans fournir de chiffres précis. « J’appelle solennellement les gens à faire attention dans leur propre bien », a-t-il déclaré, exhortant les habitants à ne pas s’exposer au soleil et à éviter de sortir dehors pendant les moments les plus chauds de la journée.

Les températures extrêmes font qu’il est de plus en plus difficile pour des millions de personnes de garder leur maison fraîche. Le gouvernement estime qu’un foyer français sur trois est inadapté à la chaleur extrême, ce qui fait parler d’une fracture entre « une France des ventilateurs et une France des climatiseurs ». Des milliers d’écoles primaires à travers le pays ont été contraintes de fermer, de réduire leurs horaires ou d’adapter les examens de fin d’année.