La Russie aurait constitué une flottille de vieux pétroliers aux propriétaires opaques pour contourner les sanctions imposées par l’Union européenne suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou en 2022.
La France et ses alliés ont arrêté ce week-end un pétrolier russe sanctionné dans l’Atlantique, a déclaré lundi le président Emmanuel Macron.
Selon un procureur, le capitaine russe du pétrolier saisi a refusé d’obtempérer aux ordres de la marine française et « la prise de contrôle du navire s’est avérée nécessaire ».
Le parquet de Brest a indiqué qu’une enquête pénale avait été ouverte pour défaut de justification de la nationalité d’un navire, absence de pavillon et refus d’obtempérer.
Le Tagor a été arrêté dimanche matin dans les eaux internationales avec l’aide du Royaume-Uni et d’autres partenaires, a-t-il déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux.
« Il est inacceptable que des navires contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que la Russie mène contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans », a-t-il déclaré.
En réponse, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a contesté la saisie par la France et d’autres marines, la qualifiant d’« illégale » et comparant cette décision à de la « piraterie ».
Depuis septembre, la France a arraisonné trois autres navires qui appartiendraient à la flotte dite fantôme russe.
En octobre de l’année dernière, les forces françaises ont saisi le pétrolier Boracay battant pavillon béninois au large de la côte atlantique, et Macron a déclaré plus tard qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer si le navire avait été utilisé comme rampe de lancement pour une incursion de drone dans l’espace aérien danois, ce qui a forcé la fermeture de ses aéroports.
Le 1er mars dernier, des hélicoptères de la Marine nationale française soutenant les forces armées belges ont arraisonné le pétrolier Ethera en mer du Nord. Ce navire battait pavillon guinéen.
Le 20 mars, la marine française a intercepté et arraisonné un autre pétrolier présumé de la flotte fantôme, le Deyna, en mer Méditerranée. Selon les autorités maritimes françaises, le navire était soupçonné d’opérer sous un faux pavillon. Il battait pavillon du Mozambique.
La Russie aurait constitué une flottille de vieux pétroliers aux propriétaires opaques pour contourner les sanctions imposées par l’Union européenne, ainsi que par les États-Unis et le groupe des pays du G7, suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou en 2022.
Les navires de la flotte fantôme changent fréquemment de pavillon, une pratique connue sous le nom de flag-hopping, ou utilisent des enregistrements invalides pour tenter d’échapper au suivi.
Ils sont souvent mal entretenus et manquent d’assurance vérifiable. Certains navires transportent également des céréales volées en Ukraine.
L’utilisation de ces navires par la Russie a également suscité des inquiétudes environnementales concernant les accidents, compte tenu de leur âge et de leur couverture d’assurance incertaine.
Près de 600 navires soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme russe font l’objet de sanctions de l’UE.



