Le Qatar poursuit l’expansion de son projet gazier North Field après avoir remporté un contrat clé, alors même que les tensions régionales continuent de perturber la production et les exportations de GNL.
Le Qatar poursuit une expansion majeure de son projet gazier North Field, alors même que les perturbations de la production et des exportations de GNL mettent en évidence l’impact croissant des tensions régionales sur l’approvisionnement énergétique mondial.
La société américaine Baker Hughes a obtenu un contrat « majeur » auprès de QatarEnergy pour le projet North Field West (NFW), selon ses résultats du premier trimestre 2026.
Le prix couvre des équipements critiques pour deux « mégatrains » de GNL, dont six turbines à gaz, 12 compresseurs centrifuges et des systèmes électriques intégrés, qui sont essentiels à la liquéfaction du gaz.
L’accord met en évidence la poursuite des investissements dans les infrastructures de GNL à grande échelle malgré les perturbations à court terme.
Plans d’expansion
Le projet North Field West fait partie de la stratégie plus large du Qatar visant à augmenter la capacité de production de GNL de 77 millions de tonnes par an à 142 millions de tonnes par an une fois toutes les phases d’expansion terminées.
La phase NFW à elle seule devrait ajouter environ 16 millions de tonnes par an grâce à deux nouvelles lignes de production.
QatarEnergy a déjà attribué des contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) pour le projet à un consortium international, dont les premiers résultats étaient attendus vers la fin de la décennie.
Le contrat de Baker Hughes comprend également des équipements pour une installation de captage et de transport du carbone capable de traiter jusqu’à 4,1 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an, reflétant les efforts visant à intégrer des technologies de réduction des émissions dans les nouvelles infrastructures énergétiques.
Des perturbations et des tensions
Cette poussée d’expansion intervient alors que la production et les exportations de gaz du Qatar sont confrontées à des perturbations liées à l’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz.
Les données et les estimations de l’industrie font état d’une baisse de la production et d’une forte baisse des exportations de GNL au cours des derniers mois, affectant une partie de la capacité d’exportation du pays.
La reprise prendra probablement du temps en raison de la complexité des réparations et des longs délais de livraison des équipements spécialisés.
Les perturbations ont suscité des inquiétudes quant aux flux d’approvisionnement en provenance du Golfe, une source clé de GNL mondial.
Stratégie à long terme
Malgré ces défis, le Qatar maintient sa stratégie d’expansion à long terme du GNL alors que la demande mondiale de gaz reste forte et que les préoccupations en matière de sécurité énergétique s’intensifient.
Baker Hughes a enregistré des commandes totales de 8,2 milliards de dollars (7 milliards d’euros) au premier trimestre, tirées en partie par une forte demande de GNL et d’infrastructures gazières, reflétant la dynamique continue des investissements dans le secteur.
Le champ Nord, le plus grand champ gazier non associé au monde, reste au cœur des ambitions du Qatar visant à consolider sa position de premier exportateur mondial de GNL.



