Craintes concernant les prêts d'art français au Louvre Abu Dhabi alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient

Jean Delaunay

Craintes concernant les prêts d’art français au Louvre Abu Dhabi alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient

Le musée, ouvert aux Émirats arabes unis en 2017, a jusqu’à présent échappé aux dommages causés par près de 1 800 frappes de drones et de missiles iraniens depuis le début du conflit le mois dernier.

L’escalade du conflit au Moyen-Orient a suscité des inquiétudes quant à la sécurité des chefs-d’œuvre prêtés par la France au Louvre Abu Dhabi, soulevant des questions sur la sécurité de la seule succursale étrangère du célèbre musée.

Le musée, ouvert aux Émirats arabes unis en 2017, a jusqu’à présent échappé aux dommages causés par près de 1 800 frappes de drones et de missiles iraniens depuis le début du conflit le 28 février.

Le Louvre Abu Dhabi, qui reste ouvert, a déclaré que « la sécurité de nos visiteurs, de notre personnel et de nos collections (en interne et en prêt) reste notre priorité absolue ».

Mais les inquiétudes grandissent en France.

« Les travaux doivent être sécurisés », a déclaré Didier Selles, qui a participé à la négociation de l’accord initial entre la France et les Émirats arabes unis.

Il a déclaré au magazine Télérama que ces objets étaient menacés suite au déclenchement de la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran.

Le journal français La Tribune de l’Art s’est fait l’écho de cette préoccupation : « Les œuvres du Louvre à Abu Dhabi doivent être conservées en sécurité ! »

Le ministère français de la Culture a voulu rassurer les critiques, affirmant à l’AFP que les autorités françaises étaient « en contact étroit et régulier avec les autorités des Émirats arabes unis pour assurer la protection des œuvres prêtées par la France au Louvre Abu Dhabi ».

Risque de rapatriement

DOSSIER : Des personnes visitent le musée du Louvre, lors de la journée d'ouverture au public, à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, le samedi 11 novembre 2017.

DOSSIER : Des personnes visitent le musée du Louvre, lors de la journée d’ouverture au public, à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, le samedi 11 novembre 2017.


Aux termes de l’accord signé avec les Émirats arabes unis, la France s’est engagée à apporter son expertise, à prêter des œuvres d’art et à organiser des expositions, en échange d’un milliard d’euros (1,1 milliard de dollars), dont 400 millions d’euros pour la licence d’utilisation du seul nom « Louvre ».

Cet accord historique a été prolongé en 2021 pour dix ans supplémentaires, jusqu’en 2047, pour un montant supplémentaire de 165 millions d’euros.

France Musées, le cabinet international chargé du développement du Louvre Abu Dhabi, a indiqué qu’outre les 600 œuvres de la collection permanente du musée, quelque 250 œuvres sont prêtées par la France, sans fournir plus de précisions.

Un grand secret entoure les œuvres des collections publiques françaises temporairement exposées dans cet écrin de 24 000 m2.

Aucune des institutions françaises contactées, dont le Louvre, Versailles, Beaubourg et Orsay, n’a précisé quelles peintures ou sculptures sont prêtées à Abou Dhabi dans le cadre d’un partenariat de 190 millions d’euros sur dix ans, selon la Cour des comptes (hors expositions temporaires).

Ils font tous référence à France Muséums, l’organisme privé qui soutient le développement du Louvre Abu Dhabi, qui possède une collection permanente de quelque 600 œuvres. Cette agence s’engage à indiquer que 250 œuvres sont actuellement en prêt, mais refuse de donner des détails.

Lors de l’ouverture du Louvre en 2017, 300 œuvres étaient prêtées par la France, dont des peintures de Vinci, Monet, Van Gogh et Warhol et une statue de Ramsès II. Sur son site Internet, le Louvre indique confier chaque année « 100 chefs-d’œuvre de ses collections » à Abou Dhabi.

Une source proche du dossier, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP, a déclaré qu’il n’y avait pas de danger imminent, soulignant que le musée est conçu pour protéger ses collections des menaces sécuritaires et des catastrophes naturelles.

Le rapatriement comporterait ses propres risques, a ajouté la source.

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