Plus de 3 000 personnes défilent en France en l'honneur d'un militant d'extrême droite

Milos Schmidt

Plus de 3 000 personnes défilent en France en l’honneur d’un militant d’extrême droite

Samedi, Macron a appelé au calme avant une manifestation en hommage à Quentin Deranque, dont le meurtre a provoqué une onde de choc dans tout le pays.

Environ 3 200 personnes ont participé samedi à une manifestation menée par des groupes d’extrême droite, à la suite de la mort d’un militant nationaliste battu à Lyon, en France.

Le président français Emmanuel Macron a appelé au calme avant l’hommage à Quentin Deranque, 23 ans, décédé des suites de lésions cérébrales dans un hôpital la semaine dernière. Les manifestations se sont déroulées sous une surveillance policière étroite, et aucun incident majeur n’a été signalé.

La maire du quartier du 7e arrondissement, Fanny Dubot, a déclaré à L’Observatoire de l’Europe que la sécurité avait été renforcée dans des lieux potentiellement menacés, comme un bar LGBT et une mosquée.

« C’est un moment de souvenir et de respect pour ce jeune compatriote tué, pour sa famille et ses proches. Cela doit venir en premier. Et puis c’est un moment de fermeté et de responsabilité », a déclaré Macron.

Sept personnes ont fait l’objet d’accusations préliminaires. Le parquet de Lyon a requis que chacun d’entre eux soit mis en examen pour homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs. Six des accusés ont été inculpés des trois chefs d’accusation. Le septième a été inculpé de complicité d’homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs.

Deranque a été attaqué lors d’une bagarre qui a éclaté entre des partisans d’extrême gauche et d’extrême droite en marge d’une réunion étudiante où une députée d’extrême gauche, Rima Hassan, était l’oratrice principale.

Macron a déclaré qu’il tiendrait une réunion avec les ministres la semaine prochaine pour procéder à un examen complet de tous les groupes d’activistes violents ayant des liens avec des partis politiques. Il a laissé entendre que certains groupes pourraient être démantelés.

« Dans la république, aucune violence n’est légitime », a-t-il déclaré. « Il n’y a pas de place pour les milices, d’où qu’elles viennent. Nous devons être absolument intransigeants. »

Lyon apparaît comme un champ de bataille

Le principal hommage à Deranque a eu lieu à Lyon, où les affrontements entre militants d’extrême droite et groupes d’extrême gauche sont devenus fréquents. Leurs combats prennent souvent la forme de combats de rue organisés dans la ville, impliquant parfois des groupes de plusieurs dizaines de personnes.

Les groupes militants d’extrême gauche lyonnais sont plus récents et ont été créés en réaction aux nombreux groupes d’extrême droite présents depuis plusieurs décennies. La ville est considérée par les services de renseignement comme le berceau du militantisme d’extrême droite en France.

Les parents de Deranque ont également appelé au calme et n’ont pas participé à l’hommage, qui n’a pas été interdit par les autorités françaises.

La mort de Deranque a déclenché une tempête de récriminations, accusant principalement le parti d’extrême gauche France Insoumise et son chef, Jean-Luc Mélenchon. Parmi les suspects figure l’assistant parlementaire d’un député de France Insoumise qui a créé le groupe antifasciste La Jeune Garde.

Une minute de silence a été observée avant le début de la marche. Certains manifestants brandissaient des tulipes blanches et arboraient des autocollants portant le slogan : « Quentin, tué par les milices de Mélenchon ».

De nombreux hommes vêtus de noir, certains le visage partiellement couvert, ont rejoint la marche. La police enquête sur des individus soupçonnés d’avoir fait des saluts nazis, scandé des insultes racistes et homophobes pendant la manifestation, des incidents qui ont été capturés dans des vidéos circulant en ligne, ont indiqué les autorités locales.

Christian Petiteau, 70 ans, venu de l’Isère voisine, a déclaré que Deranque avait été « lâchement assassiné » et qu’il était venu honorer sa mémoire.

L’extrême gauche au centre de l’attention

Les opposants de France Insoumise l’accusent de fomenter la violence et les tensions avec sa politique combative d’extrême gauche. Mélenchon a condamné les violences et a insisté sur le fait que son parti n’était pas responsable de cette tragédie.

Mélenchon s’est présenté à la présidence en 2012, 2017 et 2022, mais n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour décisif. Il se prépare à une autre candidature attendue l’année prochaine, à la fin du deuxième et dernier mandat de Macron.

La France organise des élections municipales le mois prochain et les forces politiques de droite ont utilisé cet incident pour diaboliser la France insoumise. Le leader d’extrême droite du Rassemblement national, Jordan Bardella, a appelé à un front commun contre le parti de Mélenchon.

Les critiques sont également venues de personnalités de gauche, dont l’ancien président français François Hollande. Il a déclaré que la gauche dominante, y compris son Parti socialiste, ne devait pas s’associer à nouveau au parti de Mélenchon pour les prochaines élections, comme ils l’ont fait dans le passé.

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