L'action Société Générale en hausse après l'annonce de 1 800 suppressions de postes

Milos Schmidt

L’action Société Générale en hausse après l’annonce de 1 800 suppressions de postes

La Société Générale prévoit de supprimer 1.800 postes en France par « attrition naturelle », une mesure qui, selon les syndicats, a été présentée après le démantèlement des principales garanties de l’emploi.

Le groupe bancaire français Société Générale prévoit de supprimer 1.800 postes en France d’ici fin 2027 dans le cadre d’une vaste réorganisation, selon un communiqué du syndicat CGT, qui précise que le plan a été présenté aux représentants du personnel sans un plan de soutien dédié.

Jeudi après-midi en Europe, les actions de la Société Générale s’échangeaient en hausse de plus de 2 % suite à cette nouvelle, dans un contexte de reprise plus large des marchés à travers le continent.

Les réductions proposées interviennent quelques semaines seulement après la signature d’un nouvel accord de travail couvrant la période 2026-2028 et seraient réalisées par attrition naturelle plutôt que par des programmes de retraite anticipée ou de départ volontaire, a indiqué le syndicat.

La direction devrait soumettre officiellement le dossier de restructuration aux syndicats jeudi, parallèlement à une communication interne plus large.

Réaction des syndicats sur le calendrier

Dans un communiqué à l’issue d’une réunion avec de hauts dirigeants, dont le secrétaire général du groupe, Alexis Kohler, la CGT a déclaré que les syndicats étaient convoqués individuellement pour être présentés avec les plans de réorganisation, plutôt que consultés au préalable.

« L’approche n’est ni correcte, ni honnête, et certainement pas constructive », a déclaré le syndicat, ajoutant qu’il cherchait à discuter des réorganisations prévues depuis la mi-2025.

La CGT a également critiqué la direction pour n’avoir avancé qu’après avoir démantelé les garanties contenues dans le précédent accord de travail 2019-2025 et pour avoir simultanément renoncé à d’autres dispositions, notamment le télétravail.

« La direction a attendu d’avoir démonté les garanties et mécanismes du contrat de travail 2019-2025 avant de nous convoquer », précise le communiqué.

La direction plaide pour une « nouvelle phase »

Selon le compte rendu du syndicat sur la réunion, Kohler a déclaré aux représentants que la banque devait entrer dans une « nouvelle phase » suite à la réalisation des objectifs clés fixés lors de sa journée sur les marchés financiers.

La direction a encadré la réorganisation dans le cadre d’une transformation plus large visant à rendre le groupe « plus agile et opérationnel », notamment en réduisant les niveaux hiérarchiques et en réduisant l’étendue du contrôle des managers.

Le plan est également lié au nouvel accord de travail, qui privilégie la mobilité interne, la reconversion et un recrutement externe limité.

Sur plusieurs années, les changements entraîneraient une suppression nette de 1 800 postes sur un effectif français d’environ 40 000 personnes. La direction affirme qu’un taux d’attrition naturel d’environ 5 % par an signifie qu’il n’est pas nécessaire de recourir à des mesures de soutien supplémentaires telles que des programmes de départ volontaire.

Portée de la restructuration

Le plan concerne la plupart des activités françaises de vente au détail et de support de la Société Générale, même si certaines unités commerciales en sont exclues, ayant déjà fait l’objet d’une restructuration au cours des derniers mois.

Au sein de la Société Générale Réseau France (SGRF), 650 suppressions de postes sont prévues au niveau local et 340 autres au siège national. Le réseau serait réorganisé de 11 régions à neuf, avec une redéfinition des frontières régionales et une plus grande délégation des pouvoirs de décision.

« Tous les collègues auront un poste, en fonction de leurs compétences et au sein de leur bassin d’emploi local », a déclaré Valérie Migrenne, directrice des ressources humaines de la SGRF, selon le récit du syndicat. « Nous gérerons cela au fil du temps, en étroite collaboration et sur une base individuelle. »

La direction a également présenté des plans visant à centraliser certaines fonctions, à créer des plateformes nationales pour des domaines tels que la prévention de la fraude et à renforcer la collaboration entre les équipes numériques et celles liées aux données.

Les opérations de formation seraient regroupées au sein de SG University.

Contexte plus large

Les banques françaises sont sous pression pour réduire leurs coûts et simplifier leurs structures dans un contexte d’exigences de conformité croissantes, de numérisation et de croissance modérée de la banque de détail traditionnelle.

La Société Générale a déjà procédé à plusieurs vagues de restructurations ces dernières années, notamment des suppressions d’emplois dans la banque d’investissement et la gestion d’actifs.

Les syndicats ont toutefois averti à plusieurs reprises que le recours à l’attrition risquait d’alourdir la charge de travail et de nuire à la qualité des services, en particulier dans les réseaux régionaux.

« Pour la CGT, les dispositions du nouveau contrat de travail ne seront pas suffisantes », a déclaré le syndicat.

Le dossier de restructuration doit être formellement soumis aux syndicats le 22 janvier. Une expertise devrait être commandée d’ici une semaine, suivie de consultations avec les instances représentatives du personnel des entités concernées.

La direction vise une réunion plénière exceptionnelle d’ici fin avril.

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