Le Rwanda affirme que « l’intransigeance » du Royaume-Uni l’a contraint à poursuivre en justice le financement d’un accord abandonné sur les migrants

Jean Delaunay

Le Rwanda affirme que « l’intransigeance » du Royaume-Uni l’a contraint à poursuivre en justice le financement d’un accord abandonné sur les migrants

L’accord de réinstallation a fait l’objet d’une série de contestations juridiques, qui ont abouti à une décision rendue en novembre 2023 par la Cour suprême du Royaume-Uni, selon laquelle il était illégal au regard du droit international.

Le Rwanda a intenté une action en justice contre le gouvernement britannique pour son refus de verser des paiements au titre d’un accord controversé sur l’accueil des migrants expulsés, un accord que Westminster a abandonné il y a deux ans, a déclaré mardi un responsable rwandais.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annulé l’accord, négocié par l’ancien Premier ministre Boris Johnson en 2022, lors de son entrée en fonction en juillet 2024, le déclarant « mort et enterré ».

Londres avait déjà versé à Kigali 240 millions de livres sterling (276 millions d’euros) avant l’abandon de l’accord, et 50 millions de livres sterling supplémentaires (57 millions d’euros) devaient être versés en avril.

« Le Rwanda regrette qu’il ait été nécessaire de poursuivre ces réclamations en arbitrage mais face à l’intransigeance du Royaume-Uni sur ces questions, il n’a pas eu d’autre choix », a déclaré Michael Butera, conseiller technique en chef auprès du ministre de la Justice, à l’agence de presse AFP.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer lors d'une réunion du Cabinet à Downing Street à Londres, le 27 janvier 2026.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer lors d’une réunion du Cabinet à Downing Street à Londres, le 27 janvier 2026.


Butera a ajouté que Kigali avait recherché un engagement diplomatique avant de recourir à une action en justice.

Un porte-parole de Starmer a déclaré : « Nous défendrons vigoureusement notre position pour protéger les contribuables britanniques. »

L’accord de réinstallation a fait l’objet d’une série de contestations juridiques, qui ont abouti à une décision rendue en novembre 2023 par la Cour suprême du Royaume-Uni, selon laquelle il était illégal au regard du droit international.

Aucun des vols réguliers transportant des demandeurs d’asile vers le Rwanda n’a quitté le Royaume-Uni et seules quatre personnes se sont rendues dans ce pays africain pour s’y réinstaller, toutes volontairement.

L’immigration est une question politique de plus en plus centrale depuis que la Grande-Bretagne a quitté l’Union européenne en 2020, en grande partie sur la promesse de « reprendre le contrôle » des frontières du pays.

Le Rwanda, qui abrite 13 millions d’habitants dans la région africaine des Grands Lacs, prétend être l’un des pays les plus stables du continent et s’est attiré des éloges pour ses infrastructures modernes.

Mais les groupes de défense des droits accusent le président Paul Kagame de gouverner dans un climat de peur, étouffant la dissidence et la liberté d’expression.

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