Milos Schmidt

Le Parlement européen soutient de nouvelles règles pour les entreprises de taille moyenne dans un effort de simplification

Les législateurs européens ont adopté mercredi de nouvelles règles visant à simplifier le cadre législatif pour les sociétés dites « de taille moyenne », dans le cadre de leurs efforts généraux visant à réduire les formalités administratives pour les entreprises en Europe.

Le Parlement européen a approuvé une nouvelle catégorie d’entreprises, les petites entreprises de taille moyenne (PME), qui bénéficieront d’un cadre juridique plus simple, comprenant des exemptions qui n’étaient auparavant accessibles qu’aux petites et moyennes entreprises (PME).

Votée mercredi lors d’une séance conjointe de trois commissions parlementaires, cette décision fait bénéficier ces entreprises de règles simplifiées dans les domaines de la protection des données, de l’accès aux marchés des capitaux, des batteries et des infrastructures critiques.

Les PME représentent 99 % des entreprises en Europe et sont définies comme telles lorsqu’elles comptent moins de 250 salariés et un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 43 millions d’euros. Cette catégorie comprend à la fois les micro-entreprises (moins de 10 salariés) et les petites entreprises (moins de 50 salariés).

Les PME, selon la proposition du Parlement européen, sont définies comme des entreprises de moins de 1 000 salariés et avec un chiffre d’affaires allant jusqu’à 200 millions d’euros ou jusqu’à 172 millions d’euros d’actif total. La Commission a cependant proposé différents seuils : jusqu’à 750 salariés, 150 millions d’euros de chiffre d’affaires et/ou 129 millions d’euros de bilan total.

Le programme de simplification est une priorité clé du mandat actuel de la Commission européenne, qui a proposé plusieurs « omnibus » destinés à réviser et à rationaliser la législation européenne afin de réduire les formalités administratives dans un large éventail de secteurs.

L’objectif de la Commission est de garantir que l’UE constitue un environnement dans lequel les entreprises peuvent prospérer, générer de la prospérité et renforcer la position du bloc dans l’économie mondiale par rapport à d’autres grandes puissances, telles que la Chine et les États-Unis.

Pour y parvenir, la Commission vise à réduire les charges administratives pour les entreprises de 25 pour cent et de 35 pour cent pour les PME d’ici la fin de ce mandat. On estime que la réduction de 25 pour cent correspond à 37,5 milliards d’euros d’économies.

Ce programme est fortement soutenu par des États membres clés, comme l’Allemagne, dont la priorité accordée au programme « simplification et compétitivité » est constamment évoquée lors des événements politiques pertinents à Bruxelles.

La proposition

La proposition adoptée lors du vote de mercredi permettrait aux PME de bénéficier des mêmes exemptions de tenue de registres RGPD actuellement disponibles pour les PME, mais uniquement lors du traitement de données à faible risque. Ces exemptions ne couvrent pas les données sensibles, notamment la biométrie, l’origine ethnique, les opinions politiques, la religion, les informations sur la santé ou le casier judiciaire.

Il serait également plus facile pour les PME de lever des fonds sur les marchés de capitaux : elles pourraient accéder aux « marchés de croissance » des PME et profiter des règles simplifiées en matière de divulgation des prospectus.

Les marchés de croissance des PME sont des plateformes commerciales multilatérales spécialisées conçues pour aider les PME à accéder au financement public, avec des règles adaptées aux besoins des petites entreprises.

Concernant les batteries, la proposition permet aux PME de réviser, mettre à jour et publier leurs politiques de diligence raisonnable tous les cinq ans seulement, ou plus tôt si des changements importants se produisent, au lieu de tous les trois ans comme proposé initialement, les alignant ainsi plus étroitement sur les exemptions existantes pour les PME. Et pour les gaz fluorés (gaz F), l’enregistrement sur le portail des gaz F de l’UE ne serait requis que pour les importations et les exportations qui satisfont à certains seuils.

Le paquet aborde également les infrastructures critiques et le commerce. Les pays de l’UE aideraient les PSM à remplir leurs obligations en matière de résilience, et l’accès aux instruments de défense commerciale serait simplifié pour les PSM aux côtés des PME.

« Avec la nouvelle catégorie des petites et moyennes capitalisations, nous reconnaissons que de nombreuses entreprises en croissance ont dépassé la définition des PME mais sont toujours confrontées à des charges réglementaires disproportionnées », a écrit le coordinateur du Parti populaire européen pour les affaires économiques, Markus Ferber, dans un communiqué.

« En étendant des simplifications ciblées à ces entreprises, nous leur donnons plus de marge pour investir, innover et créer des emplois. »

Le Parlement européen votera l’approbation finale du paquet lors de sa réunion plénière en mars.

Ensuite, le Parlement devrait entamer des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil, où les pays de l’UE sont représentés, et la Commission européenne.

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