Le capital mondial voit du potentiel en Europe mais appelle à une réglementation plus légère

Milos Schmidt

Le capital mondial voit du potentiel en Europe mais appelle à une réglementation plus légère

Les dirigeants politiques, économiques et les investisseurs présents au sommet de l’Institut FII à Rome appellent à une réglementation plus légère et à une plus grande flexibilité pour attirer les investissements mondiaux et stimuler la compétitivité de l’Europe.

L’Europe dispose actuellement d’une opportunité unique d’attirer les investissements et de renforcer son autonomie stratégique, mais elle devra réduire les formalités réglementaires et accélérer les réformes si elle veut rivaliser avec les États-Unis et l’Asie. C’est l’un des messages clés qui ont émergé du sommet du FII Institute (Future Investment Initiative Institute) à Rome, qui rassemble des dirigeants politiques, des personnalités du monde des affaires et des investisseurs du monde entier.

Alors que le G7 était dominé par la géopolitique, Rome a mis l’accent sur l’économie. Alors que les dirigeants des principales démocraties occidentales débattaient de la sécurité, du commerce et des conflits internationaux, le sommet FII Priority Europe a réuni des investisseurs, des chefs d’entreprise et des décideurs politiques pour examiner comment l’Europe peut retrouver sa dynamique économique et attirer les capitaux dont elle a besoin pour financer sa transformation industrielle et technologique.

Une plus grande flexibilité

Richard Attias, président du comité exécutif de l’Institut FII, a adressé un message direct aux décideurs politiques européens : le continent possède le talent, l’innovation et la capacité industrielle dont il a besoin pour diriger la prochaine phase de croissance mondiale, mais il doit créer un environnement plus favorable aux investissements.

« L’Europe reste l’un des marchés les plus attractifs au monde, mais les investisseurs recherchent de la clarté, de la prévisibilité et de la rapidité dans la prise de décision », a déclaré Attias dans son discours. Il a plaidé en faveur d’une plus grande flexibilité réglementaire et d’une simplification des procédures administratives afin de faciliter l’afflux de capitaux vers des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, l’énergie propre et la fabrication de pointe.

Richard Attias

Richard Attias


Attias a averti que, dans un environnement de concurrence croissante pour les investissements mondiaux, l’Europe est en concurrence non seulement avec les États-Unis mais aussi avec les économies émergentes qui accélèrent les réformes pour attirer les entreprises et les grands projets industriels. Selon lui, le défi n’est pas d’abandonner les normes européennes, mais de trouver un équilibre entre régulation, innovation et croissance.

« Le monde évolue à grande vitesse, tout comme le capital. L’Europe a une opportunité extraordinaire de mener la prochaine transformation économique, mais elle doit garantir que les conditions d’investissement soient aussi compétitives que dans d’autres régions », a-t-il souligné.

Les dirigeants du FII Institute ont placé ce défi dans le débat plus large sur l’autonomie stratégique européenne et ont souligné que la capacité du continent à financer sa transition énergétique, à développer des technologies locales et à renforcer ses chaînes d’approvisionnement dépendra largement de sa capacité à mobiliser des capitaux publics et privés à grande échelle.

L’Europe, un investissement à long terme

Le même message a été repris par Yasir O. Al Rumayyan, directeur du Fonds d’investissement public (PIF) d’Arabie saoudite et président d’Aramco. Selon lui, l’Europe se trouve à un moment décisif dans la définition de sa place dans la nouvelle économie mondiale, et il a souligné l’importance de créer les conditions adéquates pour canaliser les investissements vers des projets à long terme. « L’Europe dispose d’énormes opportunités dans des domaines tels que la transition énergétique, l’innovation technologique et les infrastructures stratégiques. »

Les propos d’Al Rumayyan ont un poids particulier sur les marchés internationaux : le PIF gère des actifs d’une valeur d’environ 1,15 billion de dollars, ce qui en fait l’un des plus grands fonds au monde, et Aramco, la plus grande compagnie pétrolière de la planète, a enregistré des bénéfices de 93,5 milliards de dollars l’année dernière.

Le choix de Rome comme lieu n’est pas une coïncidence : pour les organisateurs, la capitale italienne symbolise la capacité de l’Europe à combiner son héritage historique avec un programme de réformes tourné vers l’avenir, un message qui a résonné tout au long du sommet. Le continent continue de susciter un énorme attrait pour le capital mondial, mais il devra accélérer ses réformes et adapter son cadre réglementaire s’il veut transformer cet avantage potentiel en une croissance économique durable.