Des milliers d’Européens ont été évacués du Moyen-Orient dans un contexte de conflit en cours. Comment les pays de l’UE coordonnent-ils ces opérations et quel rôle joue Bruxelles ?
Alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient, des milliers de vols dans la région ont été annulés.
Bien que le nombre total de ressortissants européens actuellement au Moyen-Orient ne soit pas connu, le Centre de coordination des réponses d’urgence (ERCC) de l’UE a soutenu environ 90 vols ramenant des citoyens vers 14 pays de l’UE, dont la France, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède.
L’ERCC propose deux régimes avec des couvertures de dépenses différentes. L’UE peut couvrir jusqu’à 75 % des frais de rapatriement des vols nationaux, à condition qu’au moins 30 % des sièges disponibles soient proposés à des citoyens d’autres pays de l’UE.
Toutefois, si aucun État membre ne peut apporter son aide, la Commission européenne peut également organiser des vols entièrement financés via le mécanisme rescEU.
Plus de 11 000 citoyens européens bloqués au Moyen-Orient ont été rapatriés sur des vols financés par l’UE, selon un communiqué de la Commission européenne du 16 mars.
La semaine dernière, le cinquième vol d’évacuation avec 134 citoyens européens a atterri à Bucarest, en Roumanie, à la suite d’une demande des autorités roumaines.
Le vol partait d’Oman et transportait 96 ressortissants roumains et 38 citoyens d’autres pays européens, bloqués aux Émirats arabes unis.
L’UE a également couvert jusqu’à 75 % des frais de transport routier engagés par les passagers pour atteindre Oman.
Les quatre autres vols de rapatriement financés par l’UE ont eu lieu au cours de la deuxième semaine de mars. Le premier a ramené 356 citoyens européens d’Oman vers la Roumanie.
Les deux vols suivants ont atterri à Varsovie, en Pologne, ramenant 303 citoyens européens, dont 277 ressortissants polonais et 76 citoyens d’autres pays européens.
Ces citoyens étaient bloqués au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Jusqu’à présent, 23 pays au total ont demandé l’aide de l’UE pour rapatrier leurs citoyens du Moyen-Orient.
« Nous continuerons à protéger nos citoyens où qu’ils se trouvent, en intervenant pour les aider lorsque les défis sont trop grands pour qu’un seul pays puisse y faire face », a déclaré Hadja Lahbib, commissaire chargée de l’égalité, de la préparation et de la gestion des crises, dans un communiqué.
Plans de rapatriement au niveau national
Dans toute l’UE, les gouvernements ont également procédé à des rapatriements et élaboré des plans pour ceux qui sont encore bloqués au Moyen-Orient.
En Grèce, le ministère des Affaires étrangères a annoncé le 20 mars que plus de 2 000 citoyens grecs étaient rentrés sains et saufs de la zone de guerre.
Cette opération a été menée par voie terrestre depuis Tel-Aviv, Jérusalem et Bethléem jusqu’en Égypte, ainsi que depuis le Koweït, Bahreïn et le Qatar jusqu’en Arabie Saoudite. Des vols supplémentaires ont été organisés pour ramener les citoyens d’Oman, des Émirats, du Qatar et de l’Arabie saoudite.
En Italie, environ 25 000 ressortissants italiens, venus dans la région pour le tourisme ou en tant qu’immigrés, sont rentrés dans leur pays d’origine.
Cependant, le ministère des Affaires étrangères estime qu’il y a environ 90 000 Italiens au Moyen-Orient et dans la région du Golfe, selon la dernière note du ministère.
En France, près de 20 000 ressortissants français ont été rapatriés du Moyen-Orient, selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, le 11 mars.
On estime qu’environ 400 000 Français vivent ou voyageaient dans la région au moment du déclenchement de la guerre.
L’Espagne a également procédé à l’évacuation de 8 000 Espagnols depuis le début de la guerre, selon un communiqué du 13 mars.



