Des messages viraux affirment à tort que le Parlement européen a demandé une enquête sur le président de la FIFA, Gianni Infantino.
« Le Parlement européen a demandé une enquête sur le président de la FIFA, Gianni Infantino », peut-on lire sur X, vu plus de 6 millions de fois.
Cependant, cette affirmation est trompeuse. Alors que 72 membres du Parlement européen (MPE) ont signé une lettre appelant la commission d’éthique de la FIFA à enquêter sur Infantino, le Parlement européen lui-même n’a pas officiellement adopté cette position.
Ce qui s’est passé?
La controverse découle de la décision de la FIFA de suspendre la suspension automatique d’un match de l’attaquant de l’équipe américaine de football, Folarin Balogun, après son expulsion lors de la victoire des États-Unis sur la Bosnie-Herzégovine en huitièmes de finale.
Le président américain Donald Trump a publiquement reconnu avoir demandé à la FIFA de réexaminer l’affaire, déclarant aux journalistes : « Tout ce que j’ai fait, c’est demander une révision parce que je ne pensais pas que ce soit une faute ».
Cette décision a suscité un tollé parmi les supporters belges ainsi que parmi les entraîneurs de football, la Fédération belge de football la qualifiant d' »étonnante » et demandant des explications à la FIFA.
Que dit la lettre ?
La lettre, datée du 8 juillet et signée par 72 députés européens, est adressée aux présidents des 27 associations nationales de football des États membres de l’UE.
Plutôt que de demander au Parlement européen d’enquêter, il exhorte les associations de football à demander à la commission d’éthique indépendante de la FIFA d’examiner si des pressions politiques ont influencé le processus disciplinaire et si Infantino a respecté les règles de la FIFA en matière de neutralité politique.
Les législateurs, dans une lettre consultée par L’Observatoire de l’Europe, soutiennent que les statuts et le code d’éthique de la FIFA exigent la neutralité politique et que les associations membres ont la responsabilité de garantir que les hauts responsables de la FIFA soient tenus responsables en cas de violation de ces règles.
Les législateurs soulignent que leurs préoccupations ne concernent pas Balogun lui-même, écrivant qu’ils ne sont « motivés par aucun désir de voir un quelconque joueur de football sanctionné » mais veulent plutôt « garantir que les règles sont appliquées de manière à protéger l’intégrité du jeu ».
En fin de compte, et contrairement à ce que suggère l’affirmation virale, la lettre ne constitue pas la position officielle du Parlement européen, mais une initiative de députés européens individuels.
Cela ne représente pas la position officielle du Parlement européen lui-même, qui n’a pas adopté de résolution appelant à une enquête, ni voté en faveur de la lettre.
La réponse de la FIFA
Ni la FIFA ni Infantino n’ont répondu publiquement à cette lettre.
Tous deux avaient précédemment rejeté les suggestions selon lesquelles le cas de Balogun était influencé par des considérations politiques, la FIFA affirmant que la décision de lever la suspension avait été prise par sa commission disciplinaire indépendante.
Infantino a confirmé que l’appel avec Trump avait eu lieu, mais a déclaré avoir expliqué au président américain qu’une procédure judiciaire était en cours impliquant les organes judiciaires de la FIFA et que « l’affaire serait tranchée en temps utile par les organes compétents », qui, selon lui, étaient indépendants.



