Achetez un abonnement à une application aujourd’hui et il y a de fortes chances qu’Apple ou Google en prennent une part. La CMA souhaite que les développeurs soient libres d’orienter les clients vers d’autres destinations et demande aux géants de la technologie de justifier les frais qu’ils facturent pour bénéficier de ce privilège.
Le régulateur britannique de la concurrence a ouvert une consultation qui pourrait forcer Apple et Google à relâcher leur emprise sur la manière dont les clients britanniques paient pour leurs applications.
Cette décision vise à faire baisser les prix et à stimuler l’innovation dans le secteur technologique du pays.
L’Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) a annoncé mardi qu’elle menait des consultations sur de nouvelles exigences de conduite pour les deux sociétés dans le cadre du régime britannique de concurrence sur les marchés numériques, ciblant les restrictions qui empêchent actuellement les développeurs d’applications d’orienter les clients vers des options de paiement moins chères en dehors des propres plateformes d’Apple et de Google.
La CMA a désigné les plates-formes mobiles d’Apple et de Google comme constituant un « duopole effectif » en octobre dernier, citant le fait que 90 à 100 % des appareils mobiles britanniques fonctionnent sur leurs plates-formes.
Qu’est-ce que le « pilotage » ?
Cette pratique, connue sous le nom de pilotage, consiste essentiellement à laisser les développeurs indiquer aux clients qu’il existe un moyen de paiement moins cher, qui évite les frais obligatoires intégrés à l’App Store d’Apple ou au Play Store de Google.
À l’heure actuelle, Apple l’interdit purement et simplement au Royaume-Uni, tandis que Google ne l’autorise que de manière limitée.
Supprimez ces restrictions, a déclaré la CMA, et les développeurs seraient enfin libres d’orienter les utilisateurs vers d’autres endroits pour payer.
Mais Apple et Google pourraient toujours facturer cette autorisation, c’est pourquoi le régulateur élabore également des principes pour garantir que tous les nouveaux frais de pilotage soient équitables.
Dans le cadre du cadre proposé, la CMA a déclaré qu’elle s’attendrait à ce que ces frais soient inférieurs aux frais existants des magasins d’applications, les économies étant soit versées dans les poches des clients, soit réinvesties dans les activités des développeurs.
Google modifie ses conditions
La consultation intervient quelques jours après que Google a annoncé de nouvelles conditions mondiales pour son Play Store, qui permettent notamment aux développeurs d’orienter les utilisateurs vers la réalisation de transactions en dehors du magasin, sous certaines conditions.
Google a également modifié les frais facturés aux développeurs, y compris ceux qui utilisent le pilotage. La CMA a déclaré qu’elle évaluerait l’impact de ces changements lors de la prochaine phase de ses travaux sur les plateformes mobiles.
En vertu de la Loi sur les marchés numériques, la concurrence et la consommation, la CMA doit consulter avant d’imposer toute nouvelle exigence de conduite.
Les conditions de l’App Store, y compris les pratiques de pilotage, restent soumises à un examen réglementaire dans plusieurs autres juridictions, notamment l’UE, les États-Unis et le Japon.


