Ouverture du procès d'un consultant de l'armée suédoise accusé de tentative d'espionnage pour le compte de la Russie

Jean Delaunay

Ouverture du procès d’un consultant de l’armée suédoise accusé de tentative d’espionnage pour le compte de la Russie

Le procès, qui doit durer trois jours, se déroule en grande partie à huis clos, compte tenu du caractère sensible des informations en cause.

Un ancien consultant de l’armée suédoise, âgé de 34 ans, a été jugé lundi, accusé d’avoir tenté de transmettre des informations classifiées aux services de renseignement russes.

L’homme est un citoyen suédois, né de parents iraniens, qui a travaillé comme consultant informatique pour l’armée de 2018 à 2022, selon des documents judiciaires et militaires.

Arrêté en janvier, il a été accusé de tentative d’espionnage.

Il est accusé d’avoir tenté, lors d’un voyage à Moscou entre novembre et décembre 2025, de divulguer des informations secrètes « notamment aux services russes du FSB et du GRU, en échange d’une protection ainsi que de l’acquisition future de la nationalité russe », a déclaré au tribunal le procureur Mats Ljungqvist.

Initialement soupçonné d’espionnage, il a finalement été inculpé de tentative d’espionnage.

Vêtu d’un pull vert et d’un T-shirt blanc, il semblait calme, assis à côté de son avocat, prenant des notes sur son ordinateur au début du procès, a rapporté un journaliste de l’agence de presse AFP.

Personnel militaire suédois participant à l'exercice Aurora 26 dans la zone d'entraînement militaire de Väddö à Stockholm, le 5 mai 2026.

Personnel militaire suédois participant à l’exercice Aurora 26 dans la zone d’entraînement militaire de Väddö à Stockholm, le 5 mai 2026.


Son père, le seul membre du public présent dans la salle d’audience en dehors de quelques représentants des médias, prenait également des notes sur de petits bouts de papier.

Hanna Lindblom, l’avocat de l’accusé, a souligné qu’il niait les accusations.

Le procès, qui doit durer trois jours, se déroule en grande partie à huis clos, compte tenu du caractère sensible des informations en cause.

Il s’agit d’une affaire « unique » en Suède, qui « impose des exigences particulières tant aux parties qu’au tribunal », a expliqué le procureur.

Les éléments de preuve comprennent des échanges écrits entre le suspect et les services de renseignement russes dans lesquels il met en avant son profil militaire.

Dans un extrait vidéo d’un reportage diffusé le 10 février 2026 sur la chaîne publique RT, diffusé lors du procès, un représentant du FSB interrogé anonymement déclare que les accusés leur avaient remis « une grande quantité de documents ».

Le porte-parole indique également que le suspect s’est montré « instable » lors de leur entretien et que le FSB s’est donc montré « sceptique quant aux informations qu’il a fournies ».

En 2024, l’homme a créé une société spécialisée dans la cybersécurité qui, selon les archives publiques, était censée se concentrer sur les « cyberopérations offensives ».