Mondial 2026 : où en France est appliqué le couvre-feu pour les moins de 16 ans ?

Jean Delaunay

Mondial 2026 : où en France est appliqué le couvre-feu pour les moins de 16 ans ?

Dans certaines communes, des mesures inédites ciblent désormais les adolescents non accompagnés, après des perturbations répétées lors de rassemblements festifs.

Quelle ville sera la prochaine à emboîter le pas ? Après plusieurs grandes agglomérations comme Toulouse et Clermont-Ferrand, la ville de Moulins (19 000 habitants) a à son tour introduit (source en français) Vendredi, un couvre-feu nocturne pour les moins de 16 ans pendant toute la durée de la Coupe du Monde de la FIFA.

Cette mesure fait suite à plusieurs épisodes de violences urbaines ces dernières semaines, notamment après la victoire du PSG en Ligue des champions.

Dans la Ville rose, les effets de ce couvre-feu se feront sentir pour la première fois samedi soir, coïncidant avec le choc très attendu entre le Brésil et le Maroc.

La municipalité dirigée par Jean-Luc Moudenc, indépendant de centre-droit, affirme (source en français) le but est de « garantir la sécurité des Toulousains et des mineurs ». Il précise que l’arrêté, qui impose un couvre-feu de 22 heures à 5 heures du matin sur une zone étendue du centre-ville, a été adopté. « en concertation avec la préfecture et la police nationale ».

La circulation des mineurs reste autorisée lorsqu’ils sont accompagnés d’un parent ou d’un tuteur légal, ou pour des raisons particulières comme une urgence médicale.

Mélange du bâton et de la carotte : à l’annonce du couvre-feu s’est ajoutée la promesse d’une fan zone pouvant accueillir jusqu’à 18 000 supporters, une revendication notamment poussée par l’opposition de gauche. Il sera installé sur l’île du Ramier pour accueillir les matches de la France en cas de qualification pour les quarts de finale, les demi-finales ou la finale.

L’ordre a été condamné (source en français) du député LFI François Piquemal, ancien rival de Jean-Luc Moudenc aux municipales, qui réclame la mesure « folie » et croit que « les jeunes seront particulièrement pénalisés » tout au long du tournoi.

Clermont-Ferrand adopte une ligne dure

La capitale historique de l’Auvergne pourrait devenir une destination pour ceux qui cherchent à échapper à l’ambiance de la Coupe du monde : le maire des Républicains (LR) Julien Bony a annoncé les mesures les plus dures jusqu’à présent pour encadrer l’événement.

Outre le couvre-feu de 23 heures à 7 heures, passible d’une amende de 150 euros en cas de non-respect, la ville n’hébergera aucune fan zone, « même si la France atteint la finale ».

Le maire de droite a également demandé aux bars diffusant les matches d’orienter leurs écrans vers l’intérieur de leurs locaux pour éviter les attroupements dans les rues.

Les autorités justifient ces restrictions par les incidents survenus après la finale de la Ligue des Champions, le 30 mai puis le 5 juin, « suite à des appels à l’émeute diffusés sur les réseaux sociaux ».

Les grandes villes montrent peu d’enthousiasme pour les fan zones

Si Marseille, dirigé par les socialistes, n’envisage pas d’organiser de fan zone, selon la presse locale, Paris n’a pas encore arrêté les modalités exactes. La mairie a simplement, par la voix de la première adjointe socialiste Lamia El Aaraje, exprimé son souhait d’en créer un.

À Lyon, la mairie dirigée par les Verts déclare à L’Observatoire de l’Europe que l’installation d’une fan zone est une solution. « possibilité », « en fonction de la distance » La France participe au tournoi. Pour le moment, il « invite les Lyonnais à suivre les matchs dans les différents bars, bistrots et restaurants qui les diffusent ».

Mais certains ont déjà décidé de jouer le jeu. Strasbourg diffusera les matchs de la France sur écran géant, ainsi que sur les terrasses des bars.

A Vénissieux, dans le Rhône, le maire LFI Idir Boumertit va encore plus loin en promettant à ses électeurs le X « un bel été populaire ». Au programme : projections de matchs dans différents lieux de la ville, « avec un bar et un espace barbecue ».

Selon le maire, la municipalité a voulu montrer « des matchs mettant en vedette des équipes de tous les continents et de toutes les régions du monde »tout en regrettant que de nombreuses rencontres soient programmées en pleine nuit en raison du décalage horaire.

La Coupe du monde 2026 se tient aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet.