La Commission européenne a demandé des éclaircissements supplémentaires à la Fondation de la Biennale de Venise sur la participation de la Russie, affirmant que les problèmes soulevés précédemment restaient non résolus et lui donnant 30 jours pour répondre.
La Commission européenne a envoyé une troisième lettre à la Fondation de la Biennale de Venise, dont l’édition actuelle se déroule jusqu’au 22 novembre, demandant des éclaircissements supplémentaires sur la participation controversée de la Russie à l’événement.
L’exécutif européen a envoyé une deuxième lettre demandant des réponses quelques jours après l’ouverture de la 61e Exposition internationale d’art, lancée le 9 mai, selon Henna Virkkunen, la commissaire européenne chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, qui l’a annoncé lors d’une séance de questions-réponses à Bruxelles avec des journalistes.
Cette nouvelle a été suivie d’une réponse de l’ambassadeur de Russie en Italie, Alexeï Paramonov, qui a noté qu' »il est profondément regrettable que les dirigeants italiens, ainsi que la direction de la Biennale, soient devenus la cible de diktats et de pressions inacceptables et brutaux de la part de l’UE ».
Selon des sources européennes, la dernière lettre soulève à nouveau des questions déjà abordées dans les deux précédentes, faisant pression sur la Fondation Biennale pour qu’elle fournisse des réponses plus détaillées sur les points en suspens non abordés dans ses réponses précédentes.
Contenu de la deuxième lettre
Dans la deuxième lettre, Virkkunen a réitéré que le bloc « condamne fermement » la décision de la Biennale de réadmettre les artistes russes, dans un contexte d’invasion continue de l’Ukraine par leur pays, bien dans sa cinquième année.
Elle a également prévenu que la Commission européenne n’hésiterait pas à « suspendre ou retirer » le financement européen de 2 millions d’euros alloué à l’événement pour la période 2025-2028, soulignant que l’argent des contribuables européens ne sera pas utilisé pour récompenser les agresseurs.
Bruxelles a souligné une possible violation de l’article 5n du règlement du Conseil de l’UE, concernant « la fourniture de certains services » au gouvernement russe.
La lettre ajoute également que les organisateurs de l’événement ont violé l’article 5t, qui stipule qu' »il est interdit d’accepter des dons, des avantages économiques ou un soutien, y compris un financement et une aide financière, directement ou indirectement » du Kremlin.
La réponse de la Biennale
La Biennale a déclaré qu’elle présenterait ses contre-arguments dans les délais prescrits, mais a souligné qu’elle s’était conformée à toutes les règles et réglementations nationales et internationales.
La fondation a également affirmé avoir fourni toutes les explications et précisions nécessaires aux inspecteurs du ministère de la Culture.
Les porte-parole de la Biennale ont ajouté qu’ils n’avaient aucune autorité pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie.
La responsable du Pavillon russe, Anastasia Karneeva, a remercié la Biennale d’avoir soutenu la participation de tous les pays, ajoutant que l’art devait rester indépendant.
Bruxelles indique que plusieurs questions soulevées dans les communications précédentes restent en suspens et a donné à la Fondation 30 jours pour répondre.


