La pop star et acteur français Patrick Bruel a été officiellement inculpé pour plusieurs allégations de violences sexuelles, notamment de viol et de harcèlement sexuel. L’homme de 67 ans, qui nie toutes ces allégations, a été libéré sous caution, ce qui lui interdit de se rendre dans les « salons de massage ».
Patrick Bruel, l’un des chanteurs et acteurs les plus populaires de France, a été inculpé pour plusieurs allégations de violences sexuelles contre des femmes. La mise en examen a été confirmée dans une déclaration à L’Observatoire de l’Europe par le procureur de Nanterre.
L’homme de 67 ans, qui a comparu mercredi devant quatre juges d’instruction, est mis en examen pour « viol », « tentative de viol », « agressions sexuelles » et « harcèlement sexuel », en lien avec des faits qui se seraient déroulés respectivement à Neuilly-sur-Seine (2008), Bruxelles (2010), Perpignan (2019) et Ajaccio (2019).
Il est également placé sous le statut de témoin assisté concernant les faits de « tentative de viol » à Neuilly-sur-Seine (entre 2010 et 2011), des « viols » à Dinard (2012) et à L’Isle-sur-la-Sorguee (2015), ainsi que du « harcèlement sexuel » à Nyon en Suisse (2019).
Les magistrats ont également rendu une ordonnance constatant le délai de prescription pour un acte de viol qui aurait été commis à Grenoble en 2000.
Bruel, qui nie toutes les accusations, s’est échappé de la détention provisoire et a été libéré contre une caution de 500 000 € sous contrôle judiciaire.
Selon le parquet, les conditions incluent notamment l’interdiction de quitter la France ou d’entrer en contact avec les victimes présumées. Bruel devra également « justifier des soins psychologiques » et il lui sera également interdit de _ »_fréquenter les salons de massage ».
Le parquet avait expressément demandé qu’il soit mis en examen et placé en détention provisoire.
Une affaire portée par un très grand nombre de plaintes
Au-delà des neuf victimes, le dossier contient un deuxième volet, particulièrement lourd. Les enquêteurs ont établi des procédures distinctes concernant 13 autres femmes. Ils dénoncent des comportements extrêmement graves, allant du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles jusqu’à des actes de viol et des tentatives de viol.
Ces récits portent sur des incidents qui se seraient produits sur une période bien plus longue, entre 1992 et 2008.
Même si, selon le premier bilan du parquet, ces accusations se heurtent désormais aux délais légaux et semblent prescrites, elles restent un élément clé dans cette affaire.
Les trois juges d’instruction affectés au dossier auront donc la lourde tâche de procéder à des contrôles approfondis pour déterminer si le délai de prescription est effectivement expiré, ou si des étapes procédurales antérieures ont pu interrompre le chronomètre.
Même si toutes les victimes présumées n’ont pas formellement porté plainte, pour des raisons diverses allant de la peur et du traumatisme subi au fait que les événements remontent parfois à plusieurs années, l’accumulation de témoignages et de récits aux similitudes frappantes contribue à constituer le dossier. Autant d’éléments que les juges d’instruction vont désormais devoir examiner avec attention afin d’établir d’éventuelles responsabilités dans cette affaire.


