Cinq arrestations alors que la police portugaise enquête sur des allégations de corruption au sein du Parti socialiste

Jean Delaunay

Cinq arrestations alors que la police portugaise enquête sur des allégations de corruption au sein du Parti socialiste

Les agents enquêtent sur d’éventuels délits de « malversations et de participation économique à des entreprises, impliquant l’attribution de divers contrats par les conseils municipaux et les conseils paroissiaux ».

La police judiciaire portugaise (PJ) a mené jeudi des perquisitions ciblant un « réseau » présumé de corruption travaillant au sein de la base de pouvoir du gouvernement local du Parti socialiste (PS).

Une source de la PJ a confirmé l’opération à L’Observatoire de l’Europe et a ensuite indiqué dans un communiqué que cinq arrestations avaient été effectuées et 37 personnes désignées comme suspects.

« La Police Judiciaire, à travers l’Unité Nationale Anti-Corruption, mène une opération policière pour exécuter 60 mandats de perquisition de résidences et 32 ​​mandats de perquisition de locaux non résidentiels dans les zones de Lisbonne, Mafra, Oeiras et Coimbra, enquêtant sur les délits de malversation et de participation économique aux entreprises, impliquant l’attribution de divers contrats par les conseils municipaux et les conseils paroissiaux », indique le communiqué de la PJ.

« Il s’agit de procédures d’attribution directe ou de processus de consultation préalable, en violation flagrante des normes juridiques applicables et avec un préjudice évident pour le trésor public », ajoute le texte.

Les personnes arrêtées doivent comparaître devant le tribunal central d’instruction criminelle de Lisbonne pour un premier interrogatoire.

La nouvelle a été rapportée pour la première fois par CNN Portugal, qui a indiqué que les perquisitions s’étendraient au siège du Parti socialiste à Lisbonne.

Le rapport indique que l’enquête porte sur « un réseau présumé construit autour du pouvoir de gouvernement local du PS » et sur « l’embauche de membres du parti et l’attribution de contrats à des entreprises appartenant à des socialistes par le biais de négociations directes, pour un montant total de plus de 800 000 euros entre 2016 et 2022 ».

Au centre de l’enquête se trouve le conseil paroissial de Santa Maria Maior, dirigé par Miguel Coelho, l’une des principales cibles de l’opération, a rapporté CNN Portugal.

Selon le rapport, l’ancien maire aurait recruté à Mafra « un réseau de neuf anciens candidats PS pour cette municipalité, dirigé par Sérgio Santos », ce réseau ayant engagé 19 entreprises liées à des militants socialistes.

L’épouse de Duarte Moral, ancien conseiller de l’ex-Premier ministre António Costa, est l’une des bénéficiaires de ces contrats directs, précise le rapport. Duarte Moral lui-même fait partie des personnes arrêtées, ajoute le communiqué.