Exclusif : l'UE s'accorde sur la procédure à suivre pour choisir le pays hôte de la future Autorité douanière européenne

Jean Delaunay

Exclusif : l’UE s’accorde sur la procédure à suivre pour choisir le pays hôte de la future Autorité douanière européenne

Le Parlement européen et les États membres ont élaboré une procédure pour sélectionner le pays hôte de la future autorité douanière européenne, qui devrait être formellement approuvée dans les prochains jours.

Les législateurs européens ont élaboré une procédure pour sélectionner le futur hôte de l’Autorité douanière européenne, une nouvelle agence décentralisée chargée de soutenir et de coordonner les administrations douanières nationales à travers le bloc.

L’agence devrait être créée en 2026 et opérationnelle en 2028. De nombreux pays de l’UE se sont proposés comme hôtes potentiels du nouvel organisme, notamment la Belgique, l’Espagne, la France, la Croatie, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal et la Roumanie.

Lors d’une réunion de commission en janvier, les neuf pays ont présenté leur candidature, l’Espagne, la France, la Pologne et les Pays-Bas recevant la majorité des questions des législateurs européens.

La nécessité d’établir une procédure de sélection dédiée découle du fait qu’il n’existe aucune méthode prédéfinie pour choisir le pays hôte. La localisation d’une agence européenne devenant souvent un sujet politiquement sensible entre les États membres, les institutions ont cherché à concevoir une procédure détaillée visant à garantir que la décision soit aussi impartiale et équilibrée que possible.

Et avec l’importance croissante de la gestion douanière et du commerce depuis que le président américain Donald Trump a imposé des tarifs douaniers à des pays du monde entier, le débat sur le pays qui accueillera la future Autorité douanière européenne est devenu particulièrement tendu.

Selon un projet de procédure vu par L’Observatoire de l’Europe, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne sélectionneront chacun indépendamment deux candidats préférés. Les deux institutions se retrouveront ensuite en séance commune pour dévoiler leurs sélections. Si au moins un candidat apparaît sur les deux listes restreintes, ce candidat qui se chevauche sera automatiquement déclaré gagnant.

S’il n’y a pas de chevauchement, deux ou quatre candidats passeront à trois tours de scrutin, tous selon des règles différentes.

Au premier tour, le candidat obtenant la majorité dans les deux institutions sera élu immédiatement. Mais si aucun candidat n’obtient la majorité dans l’un ou l’autre des organes, des scénarios supplémentaires s’appliqueront pour déterminer qui passera au second tour.

Plus précisément, si deux candidats sont à égalité sans qu’aucun d’entre eux n’obtienne la majorité, ils passeront tous deux au second tour. Dans un scénario avec quatre candidats, les deux obtenant le moins de voix seront éliminés. Toutefois, en cas de résultat très serré entre les candidats classés deuxième et troisième, trois candidats peuvent passer au second tour.

Au second tour aura lieu un vote commun des deux institutions. Un candidat doit obtenir une majorité des trois quarts pour être élu ; si aucun candidat n’atteint ce seuil, le processus passera au troisième tour.

S’il reste trois candidats, celui qui aura obtenu le moins de voix sera éliminé. Toutefois, en cas de résultat très serré entre les candidats classés deuxième et troisième, tous trois pourront accéder au troisième tour.

Au troisième et dernier tour, la même procédure de vote commun s’appliquera, mais le seuil requis est abaissé à une majorité des deux tiers. Ce vote peut être répété jusqu’à trois fois. Et si aucun candidat n’obtient la majorité requise à l’issue de ces tentatives, le seuil sera réduit à une majorité simple.

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