Eurovues. Le racisme n'est pas une rivalité. C'est un délit

Jean Delaunay

Eurovues. Le racisme n’est pas une rivalité. C’est un délit

Il y a des lignes qui ne peuvent pas être floues. Le racisme en fait partie. Aucun contexte ne peut l’atténuer, aucune passion du club ne peut l’excuser, aucune victoire ne peut la relativiser. Nous ne pouvons tolérer l’intolérance, écrit Bruno Batista dans un article d’opinion pour L’Observatoire de l’Europe.

Le racisme est un crime. Arrêt complet. Il doit être traité comme tel, à l’intérieur comme à l’extérieur des stades.

Lorsqu’il s’agit de supporters, de joueurs, d’entraîneurs ou de dirigeants, la réponse doit être ferme, claire et exemplaire.

La main lourde de la loi n’est pas excessive. C’est nécessaire. L’impunité est le véritable scandale.

Le football n’est pas qu’un jeu. C’est un phénomène social de masse, un miroir grossissant de la société, un espace où les valeurs se reproduisent et se légitiment.

Ce qui se passe dans un stade ne reste pas dans un stade. Cela résonne dans les écoles, sur les réseaux sociaux et dans les conversations dans les cafés.

C’est précisément pour cette raison que le football a une obligation morale supplémentaire. Pour donner l’exemple. Pour élever. Ne pas normaliser l’inacceptable.

Dans l’épisode d’hier au Estádio da Luz, il y a des faits que nous ignorons encore. Nous ne savons pas ce qui a été dit. Nous savons cependant ce qui a été fait.

Le geste de se couvrir la bouche avec une chemise est courant. Cela suggère l’intention de dire quelque chose que l’on ne veut pas voir reproduit ni par le son ni par la lecture labiale.

En soi, cela ne constitue pas une preuve de racisme. Mais c’est une raison suffisante pour éveiller les soupçons. Et le simple soupçon d’un acte raciste mérite qu’on enquête. Par souci de décence dans le sport. Pour la dignité de tous ceux qui participent à ce spectacle.

Enquêter n’est pas condamner. Clarifier n’est pas attaquer. Au contraire. C’est protéger. Que ce soit pour prouver ou pour acquitter. Le joueur de Benfica devrait répéter les mots qu’il a adressés à Vinicius, afin que l’on comprenne clairement ce qui a provoqué une telle confusion.

Et ici, il est important d’être clair. Le comportement individuel est une chose. L’institution en est une tout autre.

Notre symbole ? Eusébio

Sport Lisboa e Benfica est un club avec une histoire, une dimension mondiale et une marque construite sur des valeurs qui traversent les générations. Inclusion, universalité, respect, mérite et responsabilité sociale.

Depuis des décennies, Benfica est un foyer de diversité et d’intégration. Une marque mondiale de valeurs et de valeur. Il suffit de rappeler que son symbole le plus grand et le plus aimé s’appelle Eusébio da Silva Ferreira.

C’est précisément pour cette raison que, dans ce cas précis, Benfica devrait être le premier à s’intéresser au rétablissement de la clarté. En vérifiant les faits. En agissant s’il y a des raisons de le faire.

Non pas à cause d’une pression externe, mais par souci de cohérence interne. Affirmer l’intégrité qu’il a toujours défendue et l’identité d’un club respecté et respectable.

Le racisme n’est pas une provocation. Le racisme n’est pas le point chaud du jeu. Le racisme n’est pas une rivalité. Le racisme est un crime. La rivalité est une passion. Le racisme est l’exclusion. La rivalité construit des récits. Le racisme détruit les gens.

Vinícius a peut-être été provocateur dans sa célébration du but. Il a peut-être enflammé les tribunes. Cela fait partie du jeu. Vous vous battez avec le football, le talent, les résultats et le fair-play. Jamais avec des insultes, de la déshumanisation et de la haine.

Martin Luther King nous a rappelé que ce qui était le plus inquiétant n’était pas les cris des méchants, mais le silence des bons. Dans le football, ce silence est complice.

Chaque fois que vous sifflez sur le côté, vous perdez un peu du match. Chaque fois que vous relativisez le racisme, vous appauvrissez le sport.

En tant que fan, je veux savoir

Je suis un fan de Benfica. Et c’est précisément pourquoi je veux savoir ce qui s’est passé. L’amour pour un club ne se mesure pas à l’aveuglement moral, mais plutôt à la capacité à exiger plus quand il s’agit de l’essentiel.

Le football sans valeurs n’est qu’une bande de mammifères courant après un ballon. Et je refuse d’accepter cela comme un destin.

Le football peut et doit être meilleur. Le racisme n’a pas sa place dans le jeu. Pas dans les tribunes. Pas sur le terrain. Pas n’importe où.

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