La Commission approuve huit plans d'investissement de défense SAFE supplémentaires d'une valeur de 74 milliards d'euros

Jean Delaunay

La Commission approuve huit plans d’investissement de défense SAFE supplémentaires d’une valeur de 74 milliards d’euros

SAFE est l’un des volets les plus importants du plan Readiness 2030 de l’UE, qui vise à injecter des centaines de milliards d’euros dans la défense avant la fin de la décennie – date à laquelle de nombreuses agences de renseignement estiment que la Russie pourrait attaquer un autre pays européen.

L’Estonie, la Grèce, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie et la Finlande ont vu lundi leurs plans d’investissement nationaux dans le cadre du nouveau programme de prêt de 150 milliards d’euros pour la défense approuvé par la Commission européenne.

Ces huit pays avaient demandé un financement total de 74 milliards d’euros – environ la moitié du montant total que la Commission envisage de lever sur le marché pour financer son programme Action de sécurité pour l’Europe (SAFE) – la Pologne représentant à elle seule 43,7 milliards d’euros.

Il s’agit de la deuxième série d’approbations après que huit autres pays – la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, l’Espagne, la Croatie, Chypre, le Portugal et la Roumanie – aient vu leurs plans d’une valeur totale de 38 milliards d’euros approuvés le 15 janvier.

« Avec ce deuxième lot d’investissements SAFE, l’Europe soutient enfin ses ambitions en matière de sécurité avec le poids financier nécessaire », a déclaré le commissaire à la Défense Andrius Kubilius dans un communiqué. « Nous ne nous contentons plus d’élaborer des stratégies ; nous construisons une réalité de puissance dure. »

« C’est un signal clair adressé à l’industrie européenne et à nos adversaires : l’Europe prend au sérieux sa force et sa souveraineté, nos armées ont besoin du meilleur et du meilleur, à temps. »

Se préparer au conflit

Au total, dix-neuf États membres ont déjà demandé à bénéficier de SAFE, avec des allocations de financement provisoirement convenues en septembre dernier. Les plans nationaux d’investissement de la Tchéquie, de la France et de la Hongrie sont toujours en attente.

SAFE, qui fait partie du plan Readiness 2030 de la Commission visant à consacrer jusqu’à 800 milliards d’euros à la défense avant la fin de la décennie, vise à stimuler l’achat de produits de défense prioritaires.

Il s’agit notamment des munitions et des missiles, des systèmes d’artillerie, des drones et des systèmes anti-drones ainsi que des systèmes de défense aérienne et antimissile, de la protection des infrastructures critiques, de la protection des actifs spatiaux, de la cybersécurité, de la technologie de l’IA et des systèmes de guerre électronique.

Un autre critère important du programme est que l’équipement acheté doit être de fabrication européenne, avec pas plus de 35 % des coûts des composants provenant de pays extérieurs à l’UE, à l’EEE-AELE ou à l’Ukraine. Le Canada, qui a conclu un accord bilatéral avec le bloc, pourra également participer au même niveau que ces pays.

Le système est avantageux pour les États membres dont la cote de crédit n’est pas aussi bonne que celle de la Commission, ce qui signifie qu’ils bénéficieront de meilleurs taux. L’Allemagne, par exemple, n’a demandé aucun financement SAFE.

Les ministres de l’UE disposent désormais de quatre semaines pour approuver les plans, les premiers paiements étant attendus en mars 2026.

Von der Leyen a déclaré à la fin de l’année dernière que la popularité du programme parmi les États membres – il a été sursouscrit, les 19 pays participants demandant initialement plus de 150 milliards d’euros – pourrait le voir s’étendre davantage.

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