La Première ministre italienne Giorgia Meloni a condamné la libération du copropriétaire d’un bar suisse où un incendie le jour du Nouvel An a tué 40 personnes, dont six citoyens italiens.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a exprimé samedi son indignation après la libération de Jacques Moretti, copropriétaire d’un bar suisse où 40 personnes ont perdu la vie et 116 autres ont été blessées lors des célébrations du Nouvel An.
Dans un communiqué, Meloni et son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani ont déclaré avoir demandé à l’ambassadeur de Rome en Suisse de contacter la procureure régionale Beatrice Pilloud et de lui faire part de leur « forte indignation » face à la décision de libérer Jacques Moretti sous caution.
L’Italie a également rappelé son ambassadeur en Suisse pour « déterminer les mesures supplémentaires à prendre », indique le communiqué.
Ignazio Cassis, vice-président du Conseil fédéral suisse, a répondu sur le réseau social X que « nous comprenons la douleur, car c’est aussi notre douleur », ajoutant qu’il avait parlé à Tajani, et tous deux ont réaffirmé « la volonté de la Suisse et de l’Italie de se soutenir mutuellement dans cette tragédie commune ».
Le bar « Le Constellation », situé dans la station de ski de Crans-Montana et appartenant au bar du couple français Jacques et Jessica Moretti, a pris feu tôt le 1er janvier alors que les fêtards faisaient la fête. Six jeunes Italiens ont été tués et plus d’une douzaine figuraient parmi les 116 grièvement blessés.
Les Moretti font l’objet d’une enquête pénale et sont accusés d’homicide involontaire par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie criminel par négligence.
Jacques Moretti était détenu depuis le 9 janvier, tandis que Jessica restait en liberté sous certaines restrictions. Il a été libéré vendredi après qu’un de ses amis proches ait payé sa caution de 200 000 francs suisses (215 628 €).
Selon les motifs du tribunal, la décision a été prise à la suite d’une nouvelle évaluation du risque de fuite et après examen de l’origine des fonds et de la nature de la relation entre le prévenu et l’écope. Bien que le Ministère public valaisan ait demandé l’imposition d’un bracelet électronique, les juges ne l’ont pas jugé nécessaire, appliquant plutôt les mesures dites classiques.
Moretti sera obligé de se présenter quotidiennement à un commissariat de police, ne sera pas autorisé à quitter le territoire suisse et devra déposer tous les documents d’identité et de séjour auprès du ministère public.
La nouvelle de la libération de Moretti suscite de vives réactions de la part de Meloni
La nouvelle a provoqué une réaction significative à Rome, le Premier ministre Giorgia Meloni qualifiant cette évolution d’outrage à la mémoire des victimes et d’insulte à leurs familles. Le Premier ministre a également annoncé que le gouvernement italien demanderait officiellement des comptes aux autorités suisses sur cette décision.
La déclaration de Meloni souligne « l’extrême gravité du crime » dont Moretti est soupçonné, « les lourdes responsabilités qui pèsent sur lui, le risque permanent de fuite et le risque évident de falsification ultérieure des preuves ».
« Cette décision est un grave affront et une nouvelle blessure infligée aux familles des victimes de la tragédie de Crans-Montana et à celles qui sont encore hospitalisées », indique le communiqué.
« L’Italie entière réclame la vérité et la justice et exige qu’après cette catastrophe, des mesures respectueuses soient prises, qui tiennent pleinement compte de la souffrance et des attentes des familles. »


