L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Privatisation de la sécurité dans les institutions européennes  30/03/2009

Aux abords du quartier européen, la Police s’appelle Group4, on entre dans les salles de sport « sur invitation » tandis que lobbies et parlementaires, de concert, veillent sur vous. Une société de gardiennage pour remplacer la police aux abords du « Caprice des dieux » de Schumann ? Le texte a été approuvé il y a deux semaines par les conseils communaux de Bruxelles-Ville et d’Ixelles non sans s’être fait pousser au cul par la fringante « eurocratie » parlementaire. L’on sait toute la cohérence à laquelle s’essaie ce monstre institutionnel qu’est l’Union européenne, calquant la mode des privatisations à la chaîne sur la gestion de sa « sécurité ». Ces quidams du privé, qui ont sur la rue autant de légitimité que des fèces canines sur un trottoir, auront bientôt comme devoir de pratiquer des contrôles dits « de surveillance » et de relever « les titres d’accès pour les véhicules ». Les jours de sommet - ou les jours de « menaces », c’est selon - des « mesures plus sévères seront prévues ». Quant aux dérives auxquelles ce système pourrait mener, le bourgmestre de Bruxelles se veut « rassurant ». Selon lui, les « contrôles d’identité ne sont pas autorisés », les piétons pourront toujours se promener dans les très romantiques allées du paquebot Léopold. On veut bien le croire. Mais la convention est loin d’être aussi précise. Il y est même stipulé que Group4 pourra effectuer des « contrôles de personnes sur la voie publique ». Même avec brio, cultiver le flou est dommageable. D’autant qu’il sera très facile pour Freddy Thielemans de se dédouaner d’éventuelles bavures pour lesquelles ses policiers ne seront dorénavant plus concernés. Privatisation de l’espace public d’une part, privatisation des loisirs de l’autre. Car pour devenir un eurocrate frais et bien portant, décider ou infléchir des lois impliquant pas moins de vingt-sept pays, il faut se faire gonfler les biceps dans un ghetto approprié. Passage Fitness, rue des arts, offre toutes les conditions requises : peu de risques de contamination avec l’ex-populo moyen ixellois - lequel se voit refuser son sport depuis l’ajout de la mention « business » sur le logo et 10€ de surtaxe mensuelle - et l’accueil chaleureux de Luca qui vous reçoit par votre prénom. Dur de résister ! Le cynique talent du « public relation » vous convaincra (presque) que l’expropriation des locaux va de pair avec de meilleurs services. L’évidence même d’un club qui, sous le joug massif d’immigrants en costumes trois pièces, a du s’adapter. En novlangue hayekienne, on dit « privatiser ». L’ingérence du privé s’inscrit aux endroits les plus insolites. Derrière le Parlement, une rangée d’escaliers se déverse sur un minuscule rond-point couronné d’une plaque commémorative rappelant que « c’est par les discours (…) que doivent se résoudre les grandes questions ». Nicole Fontaine, présidente de l’Union Européenne de l’époque, et Freddy Thielemans, pourvoyeur d’emploi à Group4, y apposent leur noble signature…à côté de celle de deux des 2600 lobbies européens qui passent leur temps à empoisonner les décisions parlementaires de l’Union. N’y voyez aucun conflit d’intérêts. (source : Le Pan)

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