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Les ministres des affaires étrangères blackboulés du Conseil européen  11/12/2009

Les ministres des Affaires étrangères ont découvert avec horreur que l’article 15 du Traité sur l’Union européenne (TUE) les privait de leur chaise autour de la table du Conseil européen. Pour la première fois depuis l’origine de ces sommets institutionnalisés en 1974 (du moins pour ses sessions formelles), ils ne sont donc pas conviés à Bruxelles… Carl Bildt, le chef de la diplomatie suédoise, s’est moqué aujourd’hui de ses partenaires mécontents devant la commission des affaires étrangères du Parlement : « Il se trouve que je suis persuadé que c’est très bien. Mais je ne peux pas dire que ce soit l’opinion de chaque ministre des Affaires étrangères, pour l’exprimer dans les termes les plus modérés possible ». « J’ai eu le sentiment qu’on attendait de moi que je sois le président d’un syndicat des ministres des Affaires étrangères ». Pierre Lellouche, le secrétaire d’État français aux affaires européennes, a raconté que certains ministres des affaires étrangères, vindicatifs, avaient expliqué qu’en leur absence, « le sommet ne pouvait pas se prononcer sur des questions d’affaires étrangères »…L’article 15 du Traité sur l’Union européenne (TUE), qui fait du Conseil une institution communautaire à part entière, prévoit, en effet que seuls les « chefs », les présidents du Conseil européen et de la Commission et le ministre européen des affaires étrangères sont membres de droit de ce cénacle qui voit ainsi le nombre des participants quasiment divisé par deux. Selon les sujets, le Conseil pourra cependant inviter les ministres spécialisés. Mine de rien, il s’agit d’une innovation fondamentale, les ministres des Affaires étrangères ayant joué un rôle majeur dans la construction communautaire : avant 1974, les chefs de gouvernement n’avaient qu’un droit de regard indirect sur ce qui se passait à Bruxelles et le Conseil des affaires générales, où ils siègent, reste l’instance la plus importante du Conseil des ministres. C’est ce rôle majeur qu’ils perdent avec Lisbonne : « les relations avec les autres pays de l’Union ne sont plus considérées comme des affaires étrangères » a justifié Carl Bildt (Jean Quatremer, lire la suite)

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