L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Libre forum des universitaires, journalistes, hauts fonctionnaires et citoyens pour l'Europe

Baisse du pouvoir d'achat : les Français blâment l'Euro  08/09/2006

Selon un sondage LH2 réalisé pour 20 minutes et RMC, publié dans Le Figaro du 8 septembre 2006, près de sept Français sur dix (69%) estiment que la baisse du pouvoir d'achat des dernières années est principalement due à la hausse des prix concomittante au passage à l'euro. Ce n'est pas un hasard si le Premier Ministre a promis une augmentation de la prime pour l'emploi et l'instauration d'un chèque transport.

Berlin et Paris promettent de s'asseoir sur le Non 'dès que possible'  04/09/2006

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré le 4 septembre que relancer le projet de constitution européenne sera l'une des priorités de l'Allemagne lorsqu'elle assumera la présidence tournante de l'UE à compter du 1er janvier. "Il nous faut une constitution dès que possible", a dit Steinmeier devant une réunion du corps diplomatique allemand. "Nous avons besoin de cette constitution afin de bénéficier d'une meilleure représentation en matière de politique étrangère et de sécurité. La constitution améliorera l'UE", a-t-il estimé. Son homologue français, l'UMP Philippe Douste-Blazy, si si, qui était présent à la réunion, a déclaré devant le parterre de diplomates et de fonctionnaires du ministère allemand des Affaires étrangères que la France elle aussi voulait voir le projet de constitution "relancé". De son côté, Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle de 2007, a confirmé cette intention (Figaro Magazine, 2 septembre 2006)  : "Il faut encore doter l'Europe d'une Constitution et d'institutions qui fonctionnent, avec un président élu pour deux ans et demi, et dont ce sera la seule tâche". Voilà, pour tous ceux qui s'apprêtent à voter Sarkozy, maintenant c'est clair : le vote de près de 16 millions de Français sera effacé.

L'Europe croule sous les chaussures chinoises et vietnamiennes  31/08/2006

En 2005, la Chine  a exporté un milliard 250 millions de paires de chaussures en Belgique et le Vietnam 265 millions de paires. Cette année l'Union a limité en imposant des taxes provisoires. Mais elles expirent dans un peu plus d'un mois. La commission européenne a proposé de les remplacer par de nouvelles taxes qui seraient imposées pendant les 5 prochaines années.   Mais sa proposition risque de diviser profondément les 25. (Source: Info-radio - 31 aoû 2006) Les pays nordiques et la Grande Bretagne, par exemple, sont contre toute mesure qu'ils jugent protectionniste. Les pays du Sud, comme l'Italie ou le Portugal en revanche, trouvent que la Commission ne frappe pas assez fort.
Pour la seule année 2005, la Chine a multiplié par 1.000 ses exportations vers l'Union. Et elle a raflé la moitié du marché. La commission soupçonne d'ailleurs ses producteurs de nous vendre leurs chaussures à perte et tout cela grâce aux aides d'Etat dont ils bénéficient.  Or, selon les calculs de la commission, le consommateur européen n'en profite guère. Ces chaussures, importées à 8,50 euros en moyenne la paire, se vendent dans le commerce à quelque 35 euros. En revanche, l'emploi européen paye la note cash. En cinq ans, ce sont 40.000 emplois qui sont passés à la trappe dans l'Union.  Les ministres ont un mois pour se mettre d'accord à la majorité simple, sans quoi, le marché de l'Union sera grand ouvert aux exportations chinoises et vietnamiennes. (RTBF) Et vive l'intégration ! 

La BCE trouve que la croissance est trop forte...  12/08/2006

Pour Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne : « Si la reprise économique se poursuit, il sera nécessaire de réduire progressivement le caractère accommodant de la politique monétaire [i.e. augmenter les taux d'intérêt, NDLR]. » Il fallait oser le dire, la BCE l'a fait ! Oui, vous avez bien compris, d'après la Banque centrale européenne, la zone euro risquerait l'« overdose » de croissance !... Il faut donc s'attendre très prochainement à une nouvelle hausse des taux d'intérêt européens, après les hausses de décembre 2005, mars et juin derniers. Rappelons simplement les évidences : une hausse des taux d'intérêt vise à casser la croissance quand celle-ci s'emballe et risque de dégénérer en forte inflation. Or nous sommes (malheureusement !) très loin de cette situation dans la zone euro ! Elle demeure en effet la région la moins dynamique du monde et son inflation ne progresse pas. Les économistes d'ailleurs ne comprennent pas cet empressement de la BCE à augmenter ses taux. Dès lors, comment ne pas voir une nouvelle manifestation idéologique derrière cette déclaration et la politique qui va avec ? Alors qu'elle est de plus en plus critiquée, la BCE veut à tout prix montrer son indépendance dogmatique face aux hommes politiques élus en les prenant à rebrousse-poils, quitte à casser la croissance. Agissons contre cette idéologie dévastatrice, la même qui est à l'origine de la monnaie unique, comme l'a si bien analysé l'économiste Jacques Sapir. Source : http://sortirdeleuro.over-blog.com 

L’UMP promet aux séparatistes la ratification de la Charte des langues 'minoritaires'  31/07/2006

Claude Guillemain, militant fédéraliste breton installé à Bruxelles, a interrogé l'UMP pour connaître la position du parti — et de son président Nicolas Sarkozy — concernant la charte européenne des langues régionales et minoritaires, que la France a signée et dont les régionalistes espèrent la ratification depuis des années. On a ici rappelé (Les élus français persistent dans le communautarisme ) l'importante décision par laquelle le Conseil Constitutionnel a estimé que la Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires était contraire à la constitution (n°99-412 DC), puisqu'"aux termes du quatrième alinéa de son préambule, la Charte reconnaît à chaque personne "un droit imprescriptible" de "pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique". Le Conseil a rappelé que cette Charte "confère des droits spécifiques à des "groupes" de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l'intérieur de "territoires" dans lesquels ces langues sont pratiquées, [La Charte] porte atteinte aux principes constitutionnels d'indivisibilité de la République, d'égalité devant la loi et d'unicité du peuple français" Voici donc la réponse qui a été faite officiellement par l'UMP au leader régionaliste breton (et que nos amis de la Revue républicaine ont pu se procurer) : Monsieur Guillemain, Nous sommes alors d'accord sur les positions à adopter en faveur de l'ensemble des langues régionales et sur la nécessité de faire ratifier la Charte des Langues Minoritaires qui est une nécessité pour la préservation de nos traditions et de notre patrimoine culturel. C'est d'ailleurs tout à fait la position de l'UMP qui y travaille et je ferai donc en sorte que votre message soit transmis à Nicolas Sarkozy afin qu'il réalise que ses déclarations d'hier ont sucité une attente de l'ensemble de nos compatriotes tant domiens que bretons ou basques. Merci encore de nous avoir écrit. Très cordialement, signé Yann Martin-Chauffier, Relations publiques de l'UMP, Siège national." On se souvient que, après l'échec du plan Jospin-Rossi-Talamoni pour l'autonomie de la Corse, c'est le même Ministre Nicolas Sarozy et sa majorité UMP qui, cédant aux sirènes séparatistes, avait retenté de donner son autonomie à la Corse, projet qui se heurtera au "non" de l'immense majorité des Corses lors du référendum. En tous cas, le projet régionaliste (et inconstitutionnel...) de l'UMP n'est pas un fantasme : ses électeurs ne pourront pas dire qu'on les a trompés sur la marchandise.

Ronald réprime ses ouvriers chinois  29/07/2006

Pendant que l'Europe ferme ses usines, un nouveau scandale Mac Do en Chine. Les jouets qui sont donnés "gratuitement" avec les menus enfants ("Happy meals") dans les fast-food McDonald's sont en effet fabriqués en Chine par la société Merton, dans les conditions qu'une organisation américaine, China Labor Watch, vient de révéler. Environ 1.000 ouvriers travaillent 11 heures par jour, 6 jours par semaine et accumulent jusqu'à 70 heures supplémentaires par mois. Soit un total d'environ 350 heures de travail par mois, plus de 2 fois plus que le nombre légal d'heures de travail en France (151,67 heures de travail mensuel). Le tout pour un salaire mensuel de 75 à 100 dollars, c'est-à-dire de 60 à 80 euros par mois. Cela signifie que les ouvriers qui fabriquent les gadgets de nos bambins (ils produisent aussi les jouets de Disney, Mattel, Warner, etc. que l'on trouve en vente chez Toys'R Us et autres grandes surfaces au moment de Noël) gagnent environ 17 à 23 centimes d'euros de l'heure. Rappelons que le SMIC horaire en France est fixé à 8,27 euros brut depuis le 30 juin dernier (Journal Officiel du 30.06.06). Cela signifie donc, en gros, que les ouvriers chinois de cette usine gagnent entre 25 et 45 fois moins que des ouvriers français. Les ouvriers chinois en question ont eu l'audace de se révolter dans l'usine de Hengli, près de Canton. La troupe est intervenue, il y a eu de nombreux blessés et une dizaine d'arrestations. C'est Zola et Germinal, en somme. Ainsi, plus de 90% des jouets vendus en Europe et aux États-Unis proviennent de Chine et sont fabriqués dans ces conditions, qui se retrouvent dans le textile-habillement, les chaussures, le petit électroménager, etc, non seulement en Chine mais aussi en Inde, au Bangladesh, au Vietnam, au Pakistan... Et pendant ce temps-là les usines ferment les unes après les autres aux États-Unis et en Europe. Qui, en effet, peut concurrencer de telles conditions ? Quand il y a un rapport de 1 à 40 entre les salaires des ouvriers français et celui des ouvriers chinois, aucun CPE, aucun CNE, aucune "flexibilité du travail", aucune "stratégie de niche commerciale" ne peut durablement tenir. Comme l'a dit judicieusement Raymond Lévy, ex PDG de Renault, il y a quelques mois, "la mondialisation, ça consiste à donner le salaire des patrons américains aux patrons français et le salaire des ouvriers chinois aux ouvriers français."   

Politique industrielle : Berlin tance Paris  12/07/2006

Au moment où Paris tente de protéger le marché français contre les OPA d'entreprises étrangères, Thomas de Maizière, un des plus proches conseillers d'Angela Merkel, a dénoncé sur la BBC "une vieille tradition française de faire, disons, une politique industrielle spéciale, mais c'est contraire au droit européen et cela ne durera pas longtemps". Selon lui, "les lois, le marché et la réalité" mettront fin à cette spécificité. M. de Maizière ne lui voit aucun avenir : "La solution française peut toujours servir jusqu'aux prochaines élections en France mais ce n'est pas une stratégie de long terme pour les années qui viennent."

La BCE plombe l'économie européenne  12/07/2006

Une Banque Centrale qui relève ses taux d'intérêts directeurs le fait en général pour éviter une surchauffe de l'économie et un regain d'inflation. C'est pourtant ce que vient de faire la Banque Centrale Européenne alors que le chômage remonte en France et en Allemagne, que l'Italie vient de connaître une croissance 0 en 2004 et que la Commission vient de recalculer à la baisse la croissance de la zone euro pour 2005 à 1,3%. Peut être la BCE croit-elle gérer la Chine dont la croissance économique atteint les 10%, les Etats-Unis dont la croissance est de près de 4%, ou bien même des pays membres de l'Union européenne qui ne font pas partie de l'euro et dont la croissance s'établit de 2,5 à 4% par an ? En attendant ce sont les Européens piégés dans l'Euro qui vont payer l'addition.


Du rififi au PPE  12/07/2006

L'appartenance de l'UMP au Parti Populaire Européen lui donne droit à quelques postes de direction au sein de la principale centrale fédéraliste européenne. Jusqu'à présent ce type de poste était abandonné à des seconds couteaux. Mais l'appétit venant en mangeant, Nicolas Sarkozy a bien l'intention de récupérer ce genre de prébendes pour les redistribuer à ses proches et  nouveaux ralliés. Ainsi, il a récemment fait savoir qu'il souhaitait démettre Pierre Lequiller, député des Yvelines et Président de la Délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne,  de ses fonctions de vice président du PPE pour le remplacer par Michel Barnier, ancien commissaire européen. Avec élégance, dans l'entourage de Nicolas Sarkozy on souligne que M. Lequiller n'a pas "la surface nécessaire" pour représenter l'UMP dans les instances européennes.


Il a osé le dire  12/07/2006

Le 9 mai dernier, le Parlement estonien a célébré l'Europe en ratifiant le Traité Constitutionnel a l'unanimité moins une voix. Le seul député qui a voté contre a souligné que selon plusieurs sondages,  plus de 80% de ses concitoyens sont opposés au texte. De plus, la presse estonienne rapporte que trois parlementaires sur quatre ont affirmé avoir simplement parcouru le texte. Le Premier Ministre estonien commentait ces chiffres en affirmant, parlant de la déclaration Schuman de 1950 "la proposition Schuman aurait été rejetée si elle avait été soumise à référendum".


Lobbyiste  12/07/2006

Pour illustrer à quel point nos ministres ont été rabaissés au rang de lobbyistes de la France auprès de Bruxelles, M. Dominique Bussereau, Ministre français de l'agriculture, a dû téléphoner au commissaire européen à l'agriculture, Mme Fischer Boël  pour lui exprimer "son dépit" quant à sa décision de refuser aux producteurs français une opération de distillation de vin qui était pourtant, selon le Ministre, "essentielle pour la viticulture française".

Tolérance batave  12/07/2006

Le Commissaire européen néerlandais, Neelie Kroes, a selon le quotidien Néerlandais De Volkskrant, conservé ses liens avec le promoteur douteux Jan-Dirk Paarlberg alors qu'elle a indiqué avoir cessé toute relation d'affaires avec ce dernier. Selon la justice de son pays, M. Paarlberg est impliqué dans une organisation spécialisée dans l'extorsion de fonds, les faux et blanchiments d'argent sale.


Pantouflage  12/07/2006

Lorsque l'ancien chancelier Allemand SPD Gerhardt Schröder a quitté ses fonctions après sa défaite aux élections de 2005, son recrutement par le géant russe de l'énergie Gazprom a fait couler beaucoup d'encre. Aujourd'hui, l'ancien partenaire de M. Chirac dans le duo franco-allemand défend avec vigueur les intérêts de son nouvel employeur. Participant le 19 juin à Moscou à la conférence annuelle des investisseurs, l'ancien chancelier allemand a estimé que « le partenariat énergétique entre la Russie et l'Europe bénéficiera aux deux parties. L'interdépendance peut créer la confiance politique », a-t-il poursuivi, invitant les Européens à « tenir compte de l'orgueil russe ». « Les compagnies russes doivent avoir les mêmes possibilités (d'expansion) sur le marché européen que les compagnies européennes en Russie », a insisté M. Schröder en faisant référence aux difficultés rencontrées par le gazier russe Gazprom pour acquérir des actifs dans les réseaux de distribution de gaz dans l'Union. Rappelons également que M. Schröder a défendu la position de Moscou lors du conflit gazier qui l'a opposée à Kiev au début de cette année. Si un grand groupe sidérurgique anglo-indien recrutait (après 2007) un chargé de relations publiques expérimenté, espérons qu'aucun candidat français ne se présenterait.

Dublin renonce à ratifier le traité constitutionnel  12/07/2006

Tout en rappelant qu'elle ne considère pas que la Constitution européenne soit morte, l'Irlande annonce qu'elle ne prendra aucune initiative visant à ratifier le traité constitutionnel aussi longtemps que les Etats membres n'auront pas pris une décision finale sur le sort du projet de texte rejeté par les Français et Néerlandais en 2005. Le Premier Ministre de la République d'Irlande précise qu'il souhaite reprendre le dossier « au plus tard au second semestre 2008 » et ajoute que  « Dans l'intervalle, nous n'organiserons pas de référendum en Irlande. Comment le gouvernement pourrait-il demander au peuple de voter sur un traité européen dont la forme et le contenu définitifs restent ouverts ? »


L'euro profite (surtout) à ceux qui n'en sont pas membres  12/07/2006

Richard Baldwin, professeur à l'Institut des Hautes Etudes Internationales (HEI) de Genève et directeur du Center for Economic and Policy Reasearch a dressé un bilan de l'euro. Pour cela sil s'est concentré sur les avantages qu'aurait apporté l'euro en terme d'échanges entre pays membres. Alors que la théorie classique voudrait qu'une monnaie commune puisse augmenter les échanges entre deux pays par trois, Richard Baldwin relève que l'euro aurait permis tout au plus une augmentation moyenne de 9% des échanges. Encore faut il relativiser ce gain, car les pays européens ayant conservé leurs monnaies nationales n'ont pas du tout pâti de ce renforcement des relations commerciales au sein de la zone euro. Bien au contraire, leur commerce avec la zone euro a augmenté de 7%, leurs exportations étant facilitées par la monnaie unique.


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