L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Libre forum des universitaires, journalistes, fonctionnaires et citoyens pour l'Europe

Les pères de l’Europe, ceux qu’on nous cache (2)  10/10/2006

Bien avant le discours du Reichstag de Jacques Chirac et sa "fédération d'Etats-nation" oxymorique, un autre grand démocrate du XXème siècle écrivait: “La république fédérale d’Europe, les États-Unis d’Europe – voilà ce qui doit être. La souveraineté nationale n’est plus suffisante. L’évolution économique demande l’abolition des frontières nationales. Si l’Europe demeure séparée en groupes nationaux, alors l’impérialisme recommencera son œuvre. Seule un république fédérée d’Europe peut donner la paix à l’Europe” Léon Trotsky (1879-1940), Conversation, 30 Oct.1917 à Petrograd, repris par John Reed dans "Ten Days That Shook the World," ch. 3 (1926).


Le terrible aveu du père de l'Euro  10/10/2006

Le nouveau Ministre de l'économie et des finances italien, venu de la BCE, M. Tommaso Padoa-Schioppa, est un personnage d'une lucidité qui fait froid dans le dos des democrates. Dans la revue "Commentaire" n° 87, alors qu'il était directeur des relations internationales de la Banque Centrale Européenne, chargé des systèmes de paiements et de la supervision bancaire, il a dressé un bilan politique limpide et franc de la construction européenne. Il s'agit bien entendu de considérations personnelles mais elles sont signées de l'inventeur de la monnaie unique : "L'aventure européenne a également fait émerger, tout en montrant leur efficacité, des modes d'action politique bien différents de ceux qui caractérisent les démocraties contemporaines, fondées sur les partis, les élections, des procédures et structures préétablies, le cadre national et la professionnalisation de la politique.(…) A côté du politicien de métier, existent ceux qui conçoivent la politique comme une lutte dont le but est de créer un pouvoir différent, tout en sachant que, une fois créé, ce pouvoir sera, presque à coup sûr, pris par d'autres"(..) "La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs"(…)"L'Europe s'est formée en pleine légitimité institutionnelle. Mais elle ne procède pas d'un mouvement démocratique"(…)"Entre les deux pôles du consensus populaire et du leadership de quelques gouvernants, l'Europe s'est faite en suivant une méthode que l 'on pourrait définir du terme de despotisme éclairé." Pour ceux qui douteraient encore de la nature du régime dans lequel l'Europe est entrée et qu'entérinerait la partie I de la Constitution sauvée des limbes par M. Sarkozy ou Mme Royal, les voilà avec une réponse des plus autorisées.

Un règlement qui va encore faire bêler  10/10/2006

Le 14 avril 2005 sur TF1, M. Chirac mettait la France en garde : "Vous aurez en réalité vingt-quatre pays qui voteront probablement "oui" et puis le mouton noir qui aura tout bloqué". Et les militants du "non" de gauche comme de droite de faire leurs choux gras de ce "mouton noir" devenue leur mascotte, symbole de la résistance à ce processus européen qu'on nous présente comme incontournable, incriticable et irrémédiable. Faute d'avoir dompté - pour l'instant - le "mouton noir", la Commission a décidé de réguler ce qu'il reste du troupeau, par un Règlement (CE) No 1462/2006 du 2 octobre 2006 relatif au classement de certaines marchandises dans la nomenclature combinée (source : JOCE 2/10/2006, L.272/13). La marchandise, qu'il est question de classer, on cite : "dans la nomenclature combinée dans les codes NC correspondants indiqués dans la colonne 2", n'est rien d'autre qu'un pauvre petit mouton, blanc celui-là, de 10 cm, en céramique et recouvert d'étoffe, dont la photo (reproduite ci-contre) figure en annexe dudit règlement de la Commission. Cette nouvelle norme, qui vient s'ajouter aux 90.000 pages de règlementation communautaire, témoigne une fois encore, vous l'aurez compris, de l'importance de l'intégration européenne pour la paix et pour la prospérité du continent. Après s'être penché sur les problèmes de courbure de la banane et de stress des asticots, voilà donc l'exécutif européen tenant une nouvelle proie. La motivation de ce règlement communautaire encore tout chaud, laisse songeur : "Il s'agit d'un article en céramique d'un type destiné essentiellement à la décoration intérieure des habitations. Il n'a aucune valeur utilitaire et est voué uniquement à un usage ornemental; n'étant pas conçu essentiellement comme un objet de divertissement, il ne possède pas le caractère de jouets des articles du chapitre 95. Voir les notes explicatives du SH relatives à la position 6913, premier paragraphe et deuxième paragraphe, point A, ainsi que les notes explicatives du SH relatives à la position 9503, premier paragraphe." Devant l'inutile mouton kidnappé par un groupe d'eurocrates armés de stylos, on se demande s'il n'est pas symbolique de ce que sont devenus les gouvernements et parlements nationaux : des objets "destinés essentiellement à la décoration intérieure", sans "aucune valeur utilitaire", à "usage ornemental" et, c'est le moins que l'on puisse dire, "pas conçus essentiellement comme un objet de divertissement".

L'Europe cède trente-quatre de vos données personnelles à Washington  10/10/2006

Un accord sur le transfert des données personnelles des passagers aériens a été trouvé avec les Etats-Unis, mais qu'y ont gagné les Européens ? Ces informations, que les autorités américaines réclament aux compagnies aériennes dont les vols sont à destination des Etats-Unis, seront désormais utilisables non seulement par les douanes américaines mais aussi par des agences telles que le FBI ou la CIA. 34 données au total sont exigées, dont le nom et l'adresse du passager, ses numéros de carte de crédit, de téléphone, etc... Ces informations ne pourraient pas être - en principe - transmises automatiquement aux autres agences. L'accord en question est sensé combler "un vide juridique". Franco Frattini, commissaire européen à la Justice, la liberté et la sécurité : "Il y avait un risque que cela soit soumis à plusieurs accords bilatéraux, ce qui aurait constitué un fort risque pour l'Europe, pour la sécurité et pour la vie privée des citoyens européens car cela aurait diminué le niveau de protection de la vie privée." Un accord avait déjà été trouvé en 2004 mais il avait été invalidé par la Cour de justice européenne... Les Etats-Unis ont depuis augmenté leurs exigences et c'est un forcée que l'Union a du signer cet accord, un consensus valable jusqu'en juillet 2007, le temps pour Washington et Bruxelles de négocier un nouvel accord, définitif cette fois. (source : EuroNews)

Chypre occupée : Borrell déroule le tapis rouge à la Turquie  09/10/2006


Non, ils ne veulent pas de la Turquie dans l'Union européenne. Ils vous le jurent et vous le crachent. Mais à Bruxelles, à Strasbourg, ils font l'inverse, comme on l'a vu encore avec le vote au Parlement européen du rapport Eurlings. Tout en faisant de "l'absorption de la Turquie par l'Union européenne" (sic!) un objectif, le rapport n'avait pas de mots assez durs pour enjoindre la Turquie d'évacuer le nord de Chypre. Comment expliquer alors, que les dirigeants de la partie Turque de l'île, dont l'occupation est illégale et n'a été légitimée ni par l'ONU ni par aucun Etat excepté l'occupant lui-même, soient reçus officiellement par M.Borrell, Président du Parlement européen ? Au nom d'une sorte de diplomatie parallèle pour laquelle il n'a reçu aucun mandat, et pour cause, la politique étrangère relève encore un peu de la souveraineté des Etats, M. Borrell et le dirigeant "chypriote turc" Mehmet Ali Talat doivent se rencontrer le 10 octobre à 10h00. Y-aura-t-il une voix française pour s'en indigner ? 

De la stratégie de Lisbonne au projet de Constitution : l’échec européen  30/09/2006

"L’Europe qui sombre" aide à placer à nouveau la question européenne au cœur du débat à partir de la stratégie de Lisbonne, dont les auteurs ont fait le centre de leur étude. On se souvient que Bruxelles ambitionnait par cette politique de stimuler la croissance au sein de l’UE et la porter en dix ans au niveau des États-Unis. Six années après son lancement, les analyses des spécialistes Alain Bournazel et Jean-Christophe Lévêque, démontrent que cette stratégie n’a pas atteint ses buts affichés mais plus encore a mobilisé sans résultats tangibles, force budgets et énergies qui auraient pu être utiles hors de ce cadre. À cette heure des premiers bilans, chacun se renvoie la responsabilité de l’échec annoncé et l’observateur peut lire chaque jour ou presque, les nombreux plaidoyers pro domo de la Commission voulant faire accroire que son origine est à chercher dans les carences des États, et non dans les vices mêmes du système d’intégration et de son chaos réglementaire. Au fil de leur étude très documentée, les auteurs ne nous épargnent aucun détail sur les outils de coordination, le suivi de la stratégie et ses grandes orientations économiques mais également sur le constat de désenchantement qui en découle, lequel étant naturellement fondé sur l’atonie de la croissance, le fort taux de chômage dans la zone euro, les retards des investissements dans la recherche, l’éducation et la formation, etc. L’administration européenne continue par ailleurs à provoquer l’étonnement, notamment dans son incapacité à se remettre en cause après l’évaluation à mi-parcours qui révèle l’échec. Malgré des ambitions revues à la baisse, la « nouvelle » gouvernance proposée peine à apparaître comme une relance du programme. Au regard des évènements considérables et historiques pour l’Europe au cours de la même période (élargissement, disparition de Jean-Paul II, rejet du traité constitutionnel par les référendums Français et néerlandais, terrorisme islamiste à Madrid et Londres), les auteurs alternant analyses géopolitiques et constats socio-économques, resituent l’action de l’UE au plus près de la définition de l’utopie mais plus destructrice du génie des nations qu’évocatrice du « printemps des peuples ». (Commander; L’Europe qui sombre, par Alain Bournazel, Jean-Christophe Lévêque. Arnaud Franel éd., 2006. 298 p. 15 €)



L'âne démocrate de Ségolène...  20/09/2006

Sé-go-lène, aussi....L'Atlantisme de Sarkozy n'a d'égal que celui de Royal. C'est ce que veut rappeler François Asselineau, à la lecture des commentaires dans la presse et sur internet, sur le voyage de Nicolas Sarkozy à Washington. Pour l'ancien conseiller de Charles Pasqua, c'en est trop : "Oser dédouaner Ségolène Royal de tout atlantisme et appeler de fait à voter pour elle est une manipulation spécialement peu ragoûtante. Faut-il rappeler ici que Ségolène Royal a été, au PS, l'une des plus ardentes partisanes du Oui à la Constitution européenne ? Faut-il rappeler ici que cette Constitution européenne est réclamée par les Etats-Unis d'Amérique - quel que soit le gouvernement - depuis 1951, et qu'elle obéit à un plan, savamment ourdi depuis un demi-siècle, qui consiste à vassaliser la France dans un glacis atlantiste en la ligotant de façon absurde dans un attelage baroque d'un nombre grandissant d'Etats aux intérêts contradictoires ? Faut-il souligner que Ségolène Royal est même plus atlantiste que Sarkozy puisque, contrairement à ce dernier, elle réclame l'entrée de la Turquie dans l'Union, objectif stratégique majeur de la diplomatie états-unienne qui vise a faire coïncider le périmètre de l'UE et celui de l'OTAN ? Faut-il noter que l'entrée de la Turquie dans l'UE a été réclamée publiquement à Ankara par le président Bill Clinton le 15 novembre 1999  (Conférence de presse à Ankara  à l'issue de son entretien avec le Président Süleyman Demirel - dépêche AFP 15/11/1999 - 15h35) ? Faut-il signaler qu'au moment de la récente offensive israélienne au Liban, Ségolène Royal a dénoncé la diplomatie française (qui a pourtant agi le mieux qu'elle le pouvait compte tenu de la servitude volontaire à laquelle elle a consenti depuis Maastricht)- et que Mme Royal a proposé comme solution d'avoir recours à... Bill Clinton (tiens donc !) comme médiateur ? Faut-il préciser que Mme Royal a été lancée dans la presse selon une organisation marketing hautement élaborée et gérée très finement par l'agence américaine de publicité Ogilvy ? Faut-il relever qu'Ogilvy est l'une des sociétés du groupe américain WPP, l'un des 400 groupes mondiaux les plus puissants, très proches de la CIA et qui possède notamment les deux grandes sociétés de désinformation mondiales que sont Hill&Knowlton et Burson-Marsteller ? Faut-il souligner que le Président de WPP est un ancien du cabinet de.. Bill Clinton (tiens donc !) à la Maison Blanche et que d'un seul coup les idées de Mme Royal s'éclairent d'un nouveau jour ?  Conclusion : sous couvert de dénoncer l'atlantisme de Sarkozy, [on] vise subtilement à entériner l'idée que les Français n'ont de choix qu'entre Srarkozy et Ségolène Royal. Soyons clairs : [on] vise à nous mettre dans le crâne que les Français n'auraient le choix qu'entre le candidat poussé par le Parti Républicain américain et le candidat poussé par le Parti Démocrate américain. Comme d'habitude, les Américains et leurs puissants relais politiques, médiatiques, industriels et financiers, ne comprennent rien aux dynamiques historiques. Aveuglés qu'ils sont par leur "hyper impuissance", ils ne comprennent pas que les Français vont envoyer ballader ce pseudo-choix entre "Bannière étoilée" et "Etoilée bannière" conclut Asselineau.

...et Sarcow-boy fessé par Chirac  20/09/2006

"Lamentables", "irresponsables", "faute". Selon le journal Libération, c'est en ces termes que Jacques Chirac, visiblement très en colère a qualifié les propos du Ministre de l'Intérieur parti il est vrai à Washington pour critiquer la France et notamment la position française contre la guerre d'Irak en 2003. Dans un discours prononcé devant la Fondation franco-américaine, Nicolas Sarkozy s'était dit convaincu que les relations entre la France et les Etats-Unis souffraient de "trop d'incompréhensions" et "parfois de mauvaise foi". Se référant à la crise traversée par les relations entre Paris et Washington en 2003, le Ministre de l'Intérieur en campagne électorale aux Etats-Unis (!), sortant totalement de son champ de compétences ministérielles, critiquait ici le fait que la France ait brandi la menace d'opposer son véto à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui aurait légitimé l'intervention américaine en Irak. Il a notamment fait allusion au discours enflammé prononcé au Conseil de sécurité par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères et aujourd'hui Premier ministre, qui avait valu à la France, image inédite dans l'histoire des Nations Unies, une "standing-ovation" des ambassadeurs du monde entier, à l'exception des Etats-Unis et d'Israël. Venu se faire adouber à Washington juste après Bruxelles, M. Sarkozy en a profité pour balancer depuis les Etats-Unis au Premier Ministre français un aimable coup de pied :"J'ai toujours préféré l'efficacité dans la modestie plutôt qu'une grandiloquence stérile" faisant encore allusion à Dominique de Villepin. Au fait, on a une petite question d'ordre pratique au sujet de notre efficace et modeste Ministre de l'Intérieur : est-ce l'UMP ou l'Etat qui finance les voyages du candidat Sarkozy ? Si c'est l'UMP, est-il déjà investi par son parti ? Si c'est l'Etat, n'y-a-t-il pas financement illicite d'une campagne électorale ? (photo ci-contre : Reuters)

Royal : la grande muette  18/09/2006

Le Ministre de l'intérieur avait un deuxième objectif en lançant le débat européen au début de la campagne présidentielle : diviser la gauche. Ségolène Royal a voulu éviter la chausse-trappe en annulant au dernier moment la conférence de presse qu'elle devait tenir au Parlement européen une semaine après la visite de Nicolas Sarkozy. La presse bruxelloise comptait lui demander de réagir aux propositions de ce dernier, ce qu'elle aurait été bien incapable de faire sans encourir les foudres d'une partie des militants socialistes. D'autant que ses "amis" du Parlement européen avaient convenablement préparé, avec la presse de gauche, les questions les plus embarrassantes pour la candidate à la candidature socialiste.


La mini-constitution de Sarkozy ouvrirait la porte à la Turquie  18/09/2006

L'onction européenne semble désormais nécessaire à tout candidat à la fonction de Président de la République française. Le Candidat/Ministre de l'Intérieur/Président de l'UMP a choisi d'exposer sa vision européenne à Bruxelles le 8 septembre dernier, et pour ne pas faire les choses à moitié, Nicolas Sarkozy a décidé de s'exprimer durant une heure devant les deux groupes de pression les plus fédéralistes, donc les plus subventionnées de la capitale de l'Europe : "Les Amis de l'Europe" et la "Fondation Schuman". Nicolas Sarkozy a entamé son discours, crispant quelque peu un auditoire trié sur le volet, en affirmant qu'il ne saurait être question de soumettre une nouvelle fois la Constitution européenne au vote des français.  Il a su ensuite rapidement les rassurer en expliquant qu'il proposerait l'adoption d'un ensemble de dispositions dans un mini-traité reprenant en réalité l'ensemble de la première partie du texte giscardien. C'est à dire la partie constitutionnelle. Mieux, avec son idée de suppression de l'unanimité au profit d'une "majorité super-qualifiée", Nicolas Sarkozy supprime du coup toute possibilité de veto sur l'entrée de la Turquie, une très large majorité des gouvernements y étant favorables. Prudent, M.Sarkozy prévoit la ratification de son mini-traité par... le Parlement. Ouf, ils sont sauvés ! 


Passeport Mac'Européen  18/09/2006

Les analystes politiques estiment que l'Europe souffre d'une absence de symbole, d'un déficit d'image. On peut imaginer que la Commission a voulu répondre à cette critique et afficher clairement son projet de société avec sa première action concrète  dans le cadre de "l'année de la mobilité". Le Commissaire Spidla a présenté début septembre un "Mac Passeport", document qui permettra à tous les employés de la firme américaine de travailler dans ses 6300 restaurants de l'Union européenne. De quoi éclairer la lanterne de ceux qui pensent que la Construction européenne a pour vertu de bâtir une alternative politique et culturelle à l'Empire américain. Et peu importe si la marque au M majuscule, deuxième drapeau américain, véhicule une image sociale douteuse, et si Bruxelles prétend faire la guerre à la malbouffe et à l'obésité.

Barrozozos  18/09/2006

Invité d'honneur de Mme Parisot à l'Université d'été du MEDEF, le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a développé un nouvel argument pour défendre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne : le coût de sa non-entrée. Après les deux référendums négatifs, la Commission semble bien en peine de développer le moindre argument positif pour défendre ses projets. Il se dit à Bruxelles, que la Commission préparerait un rapport sur le coût de la non-constitution.  Espérons qu'elle devra bientôt préparer un rapport sur le coût de la non-Commission.


Santé mentale  18/09/2006

Le Parlement européen n'est pas réputé pour l'humour qui y règne. Pourtant, parfois un député, volontairement ou non, dépose une perle sur les bureaux de ses collègues. Lors du vote d'un rapport intitulé "Améliorer la santé mentale de la population - Vers une stratégie sur la santé mentale pour l'Union européenne" le groupe des Verts a proposé l'amendement suivant "critique l'approche choisie dans le livre vert, dans la mesure où la santé mentale y est avant tout considérée comme un moyen d'atteindre les objectifs stratégiques de l'Union européenne, et non comme une valeur en soi ". Peut être ce rapport est il la réponse de la Commission aux deux référendums négatifs, tant il est vrai que dans la plupart des régimes totalitaires, le refus d'accepter le système est assimilé à une maladie mentale. (rapport Bowis A6-0249/2006 - am. 5 du groupe des Verts).


Zérosceptiques  18/09/2006

Les rares europhiles que compte encore l'éducation nationale sont très doctrinaires, mais certainement pas très diplomates. Début septembre, les professeurs d'un collège de Normandie ont eu l'idée de faire écrire à leurs élèves une demande de subvention pour visiter à Strasbourg le Parlement et le Conseil de l'Europe. Cette légitime démarche serait sommes toutes très classique, si la plume de ces chers adolescents - tenue par des enseignants militants - n'avait ainsi dérapé : "Comme Monsieur Barroso l'a dit lui-même, nous souhaitons devenir des européens convaincus, et non des euro-sceptiques". Oui, vous avez bien lu, l'européisme, c'est à dire le processus supranational et sa finalité fédérale ne relèvent même plus du débat public. Ce n'est pas une opinion politique, c'est une donnée civique. Ce n'est pas une idée que l'on discute, c'est un fait. Pour les européistes on le sait, l'absorption de la construction européenne dans le fédéralisme est totale, pour ne pas dire totalitaire, puisqu'elle impose une lecture unique et idéologique de l'histoire et du sens actuel de ce processus européen. Non, il n'y a aucune alternative politique envisageable pour les nations d'Europe, aucun autre modèle institutionnel mis ou à mettre en oeuvre (l'Europe des coopérations par exemple), aucune dialectique possible. Voilà nos jeunes citoyens sommés d'adhérer à l'intégrationisme sans moufeter, sous peine d'être affligés du détestable qualificatif d' "euro-sceptiques", "comme Monsieur Barroso l'a dit lui-même". Les pauvres gamins sont d'ailleurs si mal instruits, qu'ils ont adressé leur charmante lettre à....Philippe de Villiers, Patrick Louis et Paul-Marie Coûteaux, députés du Mouvement pour la France.

Prodi veut une Constitution européenne 'simplifiée'  13/09/2006

Du "mini-traité" de M. Sarkozy au "projet constitutionnel simplifié" de M. Prodi, tout indique que nous allons voir revenir l'affaire de la constitutionnalisation de l'Union européenne, dissociée de sa partie III, quelques virgules déplacées et dans un emballage flambant neuf. Le débat sur une constitution doit être "relancé à l'occasion du cinquantenaire du traité de Rome, traité fondateur de la communauté économique européenne, le 25 mars 2007", déclare l'ancien président de la Commission européenne dans une interview publiée mercredi par Le Monde. "A mon avis, il est possible de repartir du projet constitutionnel (rejeté en 2005) mais très simplifié", explique-t-il. "La troisième partie ne peut être approuvée en l'état. J'irai personnellement vers une Constitution limitée aux grands principes. Il faut cependant revoir aussi certains "aspects opérationnels" pour éviter le blocage du processus de décision de l'Union à 25, estime Romano Prodi. "L'Union européenne est de gauche" poursuit-il, dans le but d'encourager sans doute les nombreux "nonistes" de la gauche française à mettre leur poing dans la poche à la veille de l'élection présidentielle. Voilà qui du même coup pourrait semer de sérieux doutes dans les rangs très européens de l'UMP. A l'UDF en revanche, on est plus à ça près. Rappelons que l'UDF de François Bayrou est la principale cheville ouvrière du Parti démocrate européen, créé en 2004, dont le Président d'honneur n'est autre que...le socialiste Romano Prodi.

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LE LIVRE DU MOIS - L’Union européenne est devenue la première source du droit dans chacun des États membres. Etudiants, juristes, citoyens : vous ne pouvez plus l'ignorer.