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Jeudi 13 Janvier 2005

M. Fabius reste sur le 'non' sans faire campagne (Le Monde, 12 janvier 2005)


Le camp du "non" au sein du Parti socialiste n'a pas tout à fait désarmé. Certes, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, les responsables du Nouveau Parti socialiste (NPS), confirment leur intention d'observer une trêve "jusqu'en juin" et de laisser la majorité du PS mener campagne en faveur du "oui" à la Constitution. Mais Laurent Fabius entend, comme le résume son ami, le député socialiste Claude Bartolone, "se faire entendre par un silence bruyant".


M.  Fabius reste sur le 'non' sans faire campagne (Le Monde, 12 janvier 2005)

Le 29 janvier, il évoquera l'Europe devant les cadres de son courant.

Pour le numéro deux du PS, la période qui s'ouvre s'annonce en effet délicate mais aussi déterminante. Comment plaider pour le rejet du traité européen sans paraître fouler aux pieds le "oui" de 58 % des militants socialistes, consultés lors d'un référendum interne, le 1er décembre 2004 ?

D'abord, en s'assurant de ses forces. Depuis quelques jours, M. Fabius passe en revue ses soutiens. Le 5 janvier, au premier étage du café parisien qui lui sert de QG, dans le 1er arrondissement de Paris, il a commencé par la "commission des experts" qui regroupe, notamment, plusieurs de ses anciens collaborateurs dans les ministères et qui est pilotée par l'ex-secrétaire d'Etat au budget, Florence Parly, militante du "non", et Stéphane Israël, un haut fonctionnaire fidèle à M. Fabius. "Je suis là", leur a-t-il dit. Une façon d'éloigner les rumeurs sur sa prétendue disparition aux îles Maldives - où il a séjourné juste avant le tsunami - et surtout de contrer ceux qui veulent politiquement l'enterrer.

Mais c'est le 29 janvier qu'il donnera le ton. A la veille d'une assemblée générale de tous les secrétaires de section du PS, ce sont de 300 à 500 responsables du courant fabiusien qui se trouveront réunis dans un gymnase de Pantin pour réfléchir aux problèmes de logement, aux services publics ou à l'emploi. En conclusion de ces travaux, M. Fabius s'est réservé un morceau de choix : l'Europe.

A cette occasion, l'ancien premier ministre, qui prévoit de s'abstenir lors du vote parlementaire sur la révision constitutionnelle nécessaire à la ratification par la France du traité européen, fera part, une nouvelle fois, de sa conviction en faveur du "non".

ENTRETENIR SES RÉSEAUX

L'essentiel, pour l'ancien premier ministre, qui brigue toujours l'investiture du PS pour l'élection présidentielle de 2007, est de conserver tout son crédit dans ses propres réseaux malgré la défaite du "non". "Il y a eu très peu de défections, moins de 10 %, et elles ont été compensées par des arrivées", affirme M. Israël.

Mais ces réseaux doivent s'entretenir. M. Fabius doit donc rassembler les membres de son club Fraternité (désormais présidé par Lionel Zinsou, un normalien associé gérant chez Rothschild, à la place de Denis Olivennes, patron de la Fnac, qui a quitté l'association), ainsi que les adhérents d'Ensemble, un groupe géré par la députée européenne Pervenche Bérès. La deuxième étape consistera ensuite à diffuser ses idées sans se mettre en porte-à-faux avec le parti. Parmi les projets de M. Fabius, figurent le lancement d'une newsletter et l'ouverture de son site Internet. Cela fait, il se tiendra en "réserve" pendant la campagne du référendum, mais "si on lui pose la question, indique M. Bartolone, il n'est pas hypocrite, il donnera sa position".

De son côté, à l'initiative de son cofondateur Henri Emmanuelli, député des Landes, le courant Nouveau Monde se réunira également le 29 janvier pour fixer sa stratégie. "Faut-il organiser un "non" socialiste ? Je ne sais pas encore", déclare prudemment M. Emmanuelli. Mais, s'agace-t-il, "les politiques française et européenne sont devenues indissociables, c'est une malversation intellectuelle de faire croire qu'on peut dissocier les deux". Il dénonce l'attitude de Jacques Chirac qui, dit-il, "a flairé comme prévu la possibilité de se rétablir et qui, quoi qu'il en dise, est en train de se transformer en champion du "oui" en nous utilisant". Pour toutes ces raisons, M. Emmanuelli n'a pas abandonné son projet d'organiser une réunion à Bruxelles, et s'interroge sur la manière de défendre le "non"... sans faire campagne ouvertement en ce sens. Jean-Luc Mélenchon, autre cofondateur du courant, bien décidé à tester la direction du PS, a annoncé qu'il prendrait moins de précautions.
Jeudi 13 Janvier 2005

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