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Vendredi 14 Octobre 2011

L'Allemagne victime de l'euro



Pendant que l'Union européenne prépare la grande bascule destinée à rendre l'euro irréversible, il peut être intéressant de revenir sur le poids de l'euro pour l'Allemagne.


L'Allemagne victime de l'euro
L'Allemagne est censée ouvrir la voie du salut européen : la compétitivité allemande doit servir de modèle au reste de l'Union.

Un billet du FT Deutschland, traduit en français sur le blog Rénovez Maintenant , montre l'envers du décor : l'Allemagne ne s'en sort que grâce à son commerce avec les pays de la zone euro, vis-à-vis du reste du monde elle souffre de la surévaluation de l'euro tout autant que ses voisins de galère.

Pour les dernières données de la Bundesbank, portant sur le deuxième semestre 2010, l'excédent commercial allemand progresse de 19% par rapport à la zone euro, mais baisse de 8% par rapport au reste du monde.

L'Allemagne n'est compétitive que par rapport à ses partenaires de l'euro.
Elle bénéficie de son aversion pour l'inflation.

J'ai vu cet été le film allemand "la vague" (pas mal d'ailleurs). On y voit une classe de lycéens répondre au professeur qui leur demande la cause du totalitarisme : "l'inflation" !
Les autres pays européens n'ont pas cette horreur pour la chose, voire ont besoin d'une inflation supérieure pour rattraper leur retard de développement économique (effet Samuelson-Balassa ).

Que les allemands aient une phobie de l'inflation est un fait. Que toute la zone euro doive faire pénitence pour cela en est un autre, fort discutable.
Surtout que la situation réelle de l'Allemagne n'est pas forcément reluisante. On lira ce billet qui date certes déjà de mars 2010, sur le blog "les dessous de l'Allemagne ", qui notait "Ce qui est célébré est en fait une restructuration du marché du travail : une baisse des contrats de travail à temps plein et une augmentation des contrats à temps partiel ou très partiel. Moins de chômeurs dans le sens des statistiques officielles, plus de travailleurs pauvres et précaires." (lire aussi les "compléments d'information" dans le premier commentaire).

Chez nous aussi, Médecins du Monde s'alarme de la dégradation des conditions sociales et maintenant sanitaires. 
Si la zone euro avait un sens, un but, elle se préoccuperait de relance à l'intérieur et de juste parité entre euro, dollar et yuan à l'extérieur.

Elle n'a aucun sens car les préférences en matière économiques restent nationales, pour des raisons à la fois psychologiques (exécration allemande de l'inflation) et réelles (besoin d'inflation pour les pays en "rattrapage" ou pour les pays aux modes de négociation salariale moins consensuels).

*
 Il n'y a pas de raisons de défendre l'euro, aucune. La monnaie unique est nuisible, y compris pour l'Allemagne (qui ne tardera pas à s'en apercevoir quand elle devra en plus garantir la dette de la totalité de la zone, via le FESF et le MES ). Il n'y a que des souverainistes européens pervers qui peuvent souhaiter prolonger ce carcan, ou des naïfs.

Edgar
http://www.lalettrevolee.net/
Vendredi 14 Octobre 2011

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1.Posté par Mark Hitti le 20/10/2011 20:19 | Alerter
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L'Allemagne profite donc du marché intérieur et de la stabilité monétaire apportée par l'Union Economique et Monétaire pour accroître ses exportations.
Les avantages de l'UEM sont multiples:
- Disparition du risque de change entre les partenaires européens
- L'appartenance à l'UEM a permis à des pays européens de s'endetter à de meilleurs taux sur les marchés internationaux et donc d'acheter des produits allemands

En conclusion de votre article, jeter la pierre sur l'euro semble facile. Puisque la plupart des pays émergents dans le monde ont une maîtrise de leur monnaie. C'est-à-dire que l'appréciation de leur monnaie est contrôlée afin de ne pas perdre de compétitivité face aux autres "pays concurrents".
De plus, ces pays émergents continuent de comprimer le salaire de leur travailleurs et employés pour résister à l'environnement concurrentiel (dumping social).

Il faut se demander si revenir à une monnaie nationale maîtrisée, ou même réussir à contrôler l'euro et donc la BCE, permettrait aux nations européennes de tirer leur épingle du jeu dans la compétition internationale...rien n'est moins sûr.

2.Posté par edgar le 29/10/2011 16:39 | Alerter
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Fascinant tous ces gens qui préfèrent la certitude de la faillite avec l'euro plutôt que le risque et l'espoir d'un retour à la croissance et au plein-emploi avec le Franc !

3.Posté par Thomas, le Cimbre le 13/11/2011 19:39 | Alerter
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Sur mon logiciel d'audience je découvre des visites sur mon site qui viennent d'ici
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Au lieu de continuer à se lamenter contre l'Allemagne, il faudrait réfléchir sur ce que veut dire la machine-outil allemande qui s'exporte bien.

Quelle est la force de l'industrie française? La fusée Ariane? L'avion de combat Mirage?

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Quant aux dizaines de milliers de travailleurs frontaliers alsaciens, ils gagnent le double en Allemagne.

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