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De 2005 à 2008, des camions chargés de sucre suivaient une route tortueuse depuis la Belgique jusqu’à la Croatie, après avoir fait un curieux détour par l’enclave russe de Kaliningrad. Ces milliers de kilomètres supplémentaires n’étaient pas si inutiles. En effet, en prétendant que la Russie était la destination finale de ces livraisons, les industries du sucre empochaient les coquettes subventions versées par les fonds agricoles européens au titre des « restitutions à l’exportation ». Cette juteuse combine aurait ainsi rapporté quelque 3 Md€ à la société belge Beneo-Orafti, jusqu’à ce que le pot aux roses ne soit découvert, en 2008, selon l’International Herald Tribune. Un autre grand classique est d’ajouter du sucre de canne sud-américain et bon marché au sucre de betterave européen, pour en réduire le coût. De même, les enquêteurs de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) ont récemment constaté que les fraudeurs mélangaient du thé au sucre, pour pouvoir prétendre à l’appellation de produit transformé qui fera baisser les droits de douane. En raison de la restructuration massive qui touche ce secteur, l’industrie sucrière est l’une des principales bénéficiaires des 55 MdR€ de subventions agricoles européennes. (Le Figaro, 28/10/2009)
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Lu dans la presse européenne
28/10/2009